Le 6 septembre
9. Monthyon, PariicularUé^ sur les tMnUtrei des finances, p. 79, note.
3. Ibid. « OEuTres de Racine , t. VI, p. 334. — Lettres de madame de Mainlenon , 10 sept. 4683, t. Il, p. 403.
4. OBuvres de Racine, t VI, p. 334. ^ Llifttet Golbert était situé dans la rue Neuve* dcs-Petits-Champs.
Ce quMI y eut de fatalement triste dans cette noble destinée ne s'arrêta point à la mort. Chose étrange ! le ministre qui anticipait dans ses plans toute une révolution à venir, le règne de l'industrie et du commerce , celui qui voulait l'abolition des privilèges en matièred*impôt ^ une juste proportion dans les chaînes publiques , la diffusion des capitaux par l'abaissement de Tintérét, plus de richesse et d'honneur pour le travail et une large assistance pour la pauvreté *,' celui-là fut impopulaire jusqu'à la haine. Son convoi devant passer près des halles ne sortit qu'à la nuit et sous escorte ^ de peur de quelque insulte du peuple. Le peuple, et surtout celui de Paris, baissait Golbert à cause des taxes onéreuses établies depuis la guerre de Hollande; on lui imputait la nécessité contre laquelle il s'était débattu en vain, et l'on oubliait d'immenses services pour le rendre responsable de mesures qu'il déplorait lui-même et qu'il avait prises malgré lui. Le roi fut ingrat, le peuple fut ingrat; la postérité seule a été juste.
La mort de Golbert et la révocation de Tédit de Nantes, une perte irréparable et un coup d'État funeste, marquent, dans le règne de Louis XrV, le point de partage des années de grandeur et des années de décadence. De ces deux événements séparés par un court intervalle, on peut dire que le second ne fut pas sans liaison avec le premier. Il faut ajouter aux mérites du grand ministre celui d'avoir été le défenseur des protestants^ d'avoir combattu sans relâche les atteintes portées par l'esprit d'unité religieuse à la charte de liberté de Henri IV*. C'était encore la politique de Richelieu qu'il suivait
4. Voyez, dans les histoires de l'administration deColbert, ses efforts constants pour réduire l'impôt de la taille, et ses tentatives pour substituer la taille réelle à la taille personnelle, établir le cadastre et fonder le régime hypothécaire. Voyes aussi le règlement général sur les tailles, donné le 4S février 1663, l'ordonnance d'avril 1667 sur les biens communaux, l'édit de décembre 4665, portant réduction de l'intérêt légal au denier vingt, l'édit de mars 4678, pour la publicité des hypothèques, et l'édit de Juin t66f , portant qu'il sera établi dans chaque ville et bourg du royaume un hôpital pour les pauvres, les malades et les orphelins. Rec. des aneienna loit prançaisu, t XVIII, p. 48, 99, 69 et 187, et t. XIX, p. 78.
t. Voy. plus haut, chap. ti, p. 4S5et IM.
en maintenant les droits inoifensib garantis deux fois aux informés ' . Moins par philosophie que par instinct patriotique, il protégeait en eux toute une population d'hoounes tels qu'il les Toulait pour ses plans, d'hommes actifs, probes, instruits, versés dans Tiodustrie et le commerce, et attachés à ces professions par la malveillance même qui les écartait graduellement des fonctions publiques. Tant que dura rinfluence de Colbert dans les conseils de Louis XIV, la raison du roi Ait tenue en garde contre les suggestions du clergé catholique et contre ses propres désirs ^; mais , sur ce point comme sur bien d'autres, le vertige du pouvoir absolu commença dès que la faveur se fut détournée de rhonune de génie. C'est ainsi qu'à la captation exercée pour ramener les dissidents succéda remploi de la contrainte, et qu'après les peines portées contre le repentir des nouveaux convertis vint l'entière abolition de la liberté de culte et de conscience. L'inunortel édit de Henri IV, confirmé et juré par Louis Xni en 1629, fut révoqué par Louis XIV le 17 octobre 1685',
1. D'al>ord par Tédit de Nantes , 13 avril 4598, et eniuite par Tédit donné à Rtmes, en Juillet 10S9.
a. Quant k ce grand nombre de mes auûeta de la religion prétendue réformée, qui éloit un mal que Je regarde avec douleur... il me sembla, mon fils, que ceux qui touloient employer des remèdes Tiolens ne connoiieolent pas la nature de ce mal» caoté CD parUe par la chaleur des esprits qu'U faut laisser passer et s'éteindre insensiblement, au lieu de Texciter de nouveau par des contradictions aussi fortes... Je crus que le meilleur moyen pour réduire peu à peu les huguenots de mon royaume étoit en premier lieu de ne les point presser du tout par aucune rigueur nouTelie contre eux, de faire observer ce qu'ils avoient obtenu de mes prédécesseurs, mais de ne leur rien accorder au delà, et d'eoTen fermer même l'exécution dans les plus étroites bornes que la Justice et la bienséance le pouvoient permettre. Quant aux grâces qui dépendoient de moi seul... (Mémoires de Louis XIV, écrits vers l'année 1870, Œuvres^ 1 1**, p.atetsuiv.)
8. Savoir faisons que nous,... avons, par ce présent édit perpétuel et irrévocable, supprimé et révoqué, supprimons et révoquons Tédit du roi notre dit aleuI, donné à Nantes au mois d'avril 1898, en toute son étendue, ensemble les articles particuliers arrClés le S mai ensuivant, et les lettres patentes expédiées en icenx, etl'édit donnée Ntmes au mois de Juillet I8S9, les déclarons nuls et comme non avenus, ensemble toutes les concessions faites, tant par iceux que par d'autres édits, dédaraiions et arrêts, aux gens de ladite religion i>rétendue réformée, de quelque nature qu'elles poissent être. (Édit portant révocation de l'édlt de Nantes, Rec. des anciennes lois françakêeë, t. XIX, p. 530.)
date qui reste au nombre des plus tristes souvenirs de notre histoire. On sait quel effroyable coup cet acte violent et ses suites portèrent à la civilisation et à la fortune de la France, par quelle émigration d'ouvriers , d'inventeurs , de négociants , de marins, de capitalistes, l'avantage que nous avaient donné sur nos rivaux d'industrie les établissements de Golbert fut presque entièrement perdu*.
En 1685, il y avait déjà près d'un siècle que la France, devançant à cet égard les autres peuples chrétiens , était entrée dans les voies de la société nouvelle qui sépare TÉglise de rÉtat, le devoir social des choses de la conscience, et le croyant du citoyen. Sous le régime de redit de Nantes, le principe légal en matière de religion, ce n'était pas la simple tolérance, mais l'égalité de droits civils entre catholiques et réformés; mais la reconnaissance, et, sauf quelques réserves, la pleine liberté des deux cultes. Nous étions en cela supé* rieurs à l'Europe soit catholique soit protestante, supériorité acquise au prix de quarante ans de malheurs, ef peutr-ôtre à l'aide d'un sens plus prompt de la justice et du droit ^. C'est de la hauteur de ce principe déposé dans la loi et qui subsistait en dépit d'infractions plus ou moins directes, plus ou moins graves, que l'édit de révocation fit tomber le pays sous un régime de violences et de contradictions qui, pour devenir simple, aboutit à la mort civile des protestants'. Tel est le point vue d'où l'historien doit juger l'acte d'autorité qui fut pour Louis XIV , sinon un crime, du moins la plus ^ande des fautes.
I. Toy. roQTrtge de Rulhlères, Intitulé : ÉclalreUêêmtnu hMoti^ueê sur U» causée de la répoeetion de VédU de Nantes ;\e tome II de VHisioire de madame de Maintenon, par M. le due de Noaille», et les tome» XV et XYl de VBittoire de France ûe M. Henri Martin.
9. La Jurisprudence française fut la première àeondamner le principe de l'esclavage^ en déelamnt libre tout esclave qui mettait le pied dans le royaume. Voy. le Clouaire du droit français^ par Laurière, au mot Esclave,
3. Voyfzce que dit aulhières de la déclaration du U mai 1734 et derafTk-euse jurifpru* dence qui en résulta. ÊclaircUsements sur la révocaîion de l'édit de Nantes, éd. Auguls, p. 96», an, 463 et 481.
A ce pqint de vue, ni les idées ni les pratiques des autres États de l'Europe en fait de tolérance civile ne peuvent servir d'excuse à la conduite du roi de France; la France, depuis un siècle, avait élevé son droit public au-dessus des idées du temps.
Quant à la réaction du catholicisme à Tintérieur, on ne peut pas en faire davantage un moyen d'apologie, car elle n'était pas nouvelle , et deux grands ministres avaient su y résister durant trente ans; quoique hommes d'Église tous les deux, ils s'étaient tenus dans les limites tracées par la bonne foi publique et par la raison d'État *. Louis XIV fut pleinement libre de sentir et d'agir comme eux; sous lui , les protestants n-inspirèrent pas plus de crainte, et la pression de l'intolérance catholique ne devint pas plus embarrassante. U n'a tenu qu'à lui de laisser les choses dans l'état où il les avait prises ^ de n'être pas dupe des fausses conversions qu'on provoquait pour lui plaire, de ne pas devenir, sans Favoir voulu, persécuteur atroce; enfin, de ne pas léguer en mourant à la France du xyiii*" siècle tout un code de proscriptions plus odieuses que celles du seizième'.
1. Richelieu mainUnttcrupuIeuaemeDtla liberté pour les caUioiiques de changer de religion, et pour les protestants convertis de retourner à leur ancien culte. Mazarin, sollicité par le clergé de prendre des mesures contre ceux que l'Église qualifiait d'apostats et de relaps, ne céda point à ces Instances. Il disait en parlant des calvinistes : t Je n'ai point à m'inquiétcr du petit troupeau ; s'il broute de mauvaises herbes, du « moins il ne s'écarte pas. • Voy. Rulhtères, Êelairciuementt hlttoriquêt twr la révo^ cation de Védit de Nantei, p. 49 et suiv., et Vaistoire de France de II. H. Martin, t. XV, p. 580 et suiv.
S. Le préambule de l'édit de juillet 4879, qui supprime les tribunaux mi-parUe de catholiques et de protestants, offre ce passage curieux : « Considérant qu'il y a cin- « quante années qu'il n'est point survenu de nouveau trouble causé par ladite religion, t et que parce long temps les animosités quipouvoient être entre nos sii^ets de Tune
• et de l'autre religion sont éteintes, nous avons cru pouvoir ne rien faire de mieux t que de supprimer lesdites chambres, et les réunir auxdits parlements, tant pour I effacer entièrement la mémoire des guerres passées, que pour faciliter l'administra*
• Uon de la Juslicei en ôtant le prétexte à nos sujets catholiques de se servir du nom et t des privilèges desdits de la religion prétendue réformée pour perpétuer les procès
• dans les familles par des évocations on par des règlements déjuges. » (Rec. des ancknnee lois françaises, t. XIX, p. 905.)
8. Confères les Éclaircissements de Bulbières sur la révocation de l'édit de Nantes avec le tome II de Yaistoire de madame de Malntenon par M. le duc de Roailles.— L'une
Le grand fait, le fait imprévu alors , qui domine tout le règne de Louis XIV, c'est que dans ce règne, dernier terme du mou- Tement de la France vers Tunité monarchique, on vit le pouvoir absolu, exercé personnellement par le roi, tomber, pour la satisfaction des vrais intérêts nationaux, au-dessous de ce qu'avait été précédemment le même pouvoir délégué à un premier ministre. Richelieu, et après lui Mazarin, gouvernant comme s'ils eussent été dictateurs d'une république, avaient, pour ainsi dire, éteint leur personnalité dans l'idée et le service de l'État. Ne possédant que l'autorité de fait, ils s'étaient conduits tous les deux en mandataires responsables envers le souverain et devant la conscience du pays, tandis que Louis XIV, réunissant le fait et le droit , se crut exempt de toute règle extérieure à lui-même, et n'admit pour ses actes de responsabilité que devant sa propre conscience. Ce fut cette conviction de sa toute-puissance, conviction naïve et sincère , excluant les scrupules et les remords, qui lui fit renverser coup sur coup le double système fondé par Henri IV, au dedans pour la liberté de religion *,
des premières pensées du régent fut de reUrer tous les édlls de Louis XIV contre les protestants; mais la violence même des fails accomplis parut opposer à cetle mesure un obstacle insurmontable. « Le régent me parla à ce propos de toutes les conlradic- « lions et de toutes les difflcullâs dont les édits et déclaraUons du feu roi sur les hugue- « nots étoient remplis, sur lesquels on ne pouvoit statuer par impossibilité de les con - « ciller, et, d'autre part, de les eiécuter à regard de leurs mariages, testaments , etc.. c De la plainte de ces embarras, le régent vint à celle de la cruauté avec laquelle le « feu roi avoit traité les huguenots, à la faute mCme de la révocation de Tédit de Nan> V tes, au préjudice immense que l'État en avoit souffert et en souOTroit encore dans sa «dépopulation, dans son commerce, dans la haine que ce traitement avoit allumée chez
« tous les protestants de l'Europe Le régent se mit sur les réflexions de l'état ruiné
c où le roi avoit réduit et laissé la France, et de là sur celles du gain de peuple, d'arts, « d'argent et de commerce qu'elle ferolt en un moment par le rappel si désiré des huit guenots dans leur patrie, et finalement me le proposa. • (Mémoires de Saint-Simon, i.XIV,p. laaetsuiv.)
I* Spécieuse raison d'État : en vain vous opposfttes à Louis les vues timides de la sagesse humaine: les temples profanes sont détruits; les chaires de séduction sont abattues; le mur de séparaUon est ôté; le temps, la grftce, l'instruction, achèvent peu à peu un changement dont la force n'obtient que les apparences. (Oraison funèbre de Louis XIV, Massillon, OBuvres, t VIII, p. 939.) — il n'entendoit que des éloges, tandis que les bons et vrais catholiques et les saints évèques gémissoient de tout leur coeur do
au dehors pour la prépondérance nationale assise sur une tutelle généreuse de l'indépendance des États et de la civilisation européenne.
A ravénement personnel de Louis XTV, il y avait plus de cinquante ans que la politique française suivait son œuvre en Europe, impartiale devant les diverses communions chrétiennes, les différentes formes de gouvernement et les révolutions intérieures des États. Quoique la France fût catholique et monarchique, ses alliances étaient, en premier lieu, les États protestants d'Allemagne et la Hollande républicaine; elle avait même fait amitié avec TAngteterre régicide*. Aucun intérêt autre que celui du développement bien compris de la puissance nationale ne pesait dans les conseils et ne dirigeait Faction extérieure du gouvernement. Mais avec Louis XIV tout changea, et des intérêts spéciaux, nés de la personnalité royale, du principe de la monarchie héréditaire ou de celui de la religion de rËtat, entrèrent en balance pour prendre bientôt le dessus.
De là vint le bouleversement du système d'équilibre européen, qu'on eût pu nommer le système français , et son abandon pour des rêves de monarchie universelle renouvelés de Charles-Quint et de Philippe H. De là une suite d'entreprises formées au rebours de la politique du pays, telles que la guerre de Hollande, les brigues faites en vue de la couronne impériale, Fappui donné à
▼oir deiorUiodozes imiter, contre leserreurs et les hérétiques^ce que iee tyrans hérétiques et psYens avoient fait contre la Térité, contre les confesseurs et contre les martyrs. Us ne se pouvoient surtout consoler de cette immensité de paijures et de sacrilèges. Ils pleuroient amèrement l'odieux, durable et irrémédiable que de détestables moyens répandoient sur la Téritable reUgion, tandis que nos Toisins exultoient de nous voir ainsi nous alTciblir et nous détruire nous-mêmes, profltoient de notre folie, et b&Ussoient des desseins sur la haine que nous nous attirions de toutes les puissances protestantes. (Mémoires de Saint-Simon, t. XllI, p. 447.)
4. Voyez, dans le Corpi diplomatiqitêûe Dumont, t YI, » partie, p. IS4, le traité de paix et de commerce entre l'Angleterre et la France, signé le S novembre 4655. Un article secret de ce traité stipulait, d'une part, rinterdiction aux Stuartset à leurs principaux adhérente de séjourner en France; de Tautre, le renvoi des agents de Condé, alors ennemi de son pays, hors du territoire britannique.
Jacques II et à la contre-révolution anglaise, racceptation du tr6ne d'Espagne pour un fils de France gardant ses droits à la couronne ^ Ces causes des malheurs sous lesquels faillit succomber le royaume sortirent toutes de révénement, applaudi par la nation, conforme à Tesprit de ses tendances , qui , après que la royauté eut atteint, sous deux ministres, son plus haut degré de puissance, la remit absolue au mains d*un prince doué de qualités à la fois brillantes et solides, objet d'afiTection enthousiaste et de légitime admiration.
Lorsque le règne qui venait sous de tels auspices couronner la marche ascendante de la monarchie française eut démenti Fimmense espoir que ses conunencements avaient fait naître, lorsqu'on eut vu, au milieu de victoires stériles et de revers toujours croissants, le progrès dans toutes les branches de Féconomie publique changé en détresse, la ruine des finances, de Tindustrie et de Fagriculture, répuisement de toutes les forces du pays, l'appauvrissement de toutes les classes de la nation , la misère effroyable du peuple , un amer dégoût s'empara des ftmes, et y remplaça Fenthousiasme de la confiance et de Famour^. Qu*y avait-il sous ce grand et dou-
«. Par des leUret-patentea données en décembre «700, Louis XIV consenra au duc d'Anjou, devenu roi d*Eapagne bous le nom de Philippe V, son rang d'héritage entre les ducs de Bourgogne et de Berry. Voyez, sur cet acte et sur Tacoeptation du testament de Charles II, J'ouvrage de M. Mlgnet : Ifêgociations relattveê à la iueceaion tVBêpa" gne, Introduct, p. lixti et suIt.
S. Cependant vos peuples que vous deviez aimer comme vos enfants, et qui ont été Jusqu'ici si passionnés pour vous, meurent do faim. La culture des terres est presque abandonnée; les villes et la campagne se dépeuplent; tous les métiers languissent et ne nourrissent pins les ouvriers. Tout commerce est anéanti. Par conséquent, vous avez détruit la moiUé des forces réelles du dedans de votre État, pour faire et pour défendre de vaines conquêtes au dehors. (Lettres de Fénelon à Louis XIV, i«8t ou 93, <Eiivre« choiêieêf t. II, p. 447.) — Par toutes les recherches que J'ai pu faire, depuis plusieurs années que je m'y applique , j'ai fort bien remarqué que, dans ces derniers temps, près de la dixième partie du peuple est reauite à la mendicité, et mendie effectivement; que des neuf autres parties, il y en a cinq qui ne sont pas en état de faire l'aumône à celle-là, parce qu'eux-mêmes sont réduits, à très-peu de chose près, à cette malheureuse condition ; que, des quatre autres parties qui restent, les trois sont fort malaisées et embarrassées de dettes et de procès; et que , dans la dixième, où je meU tous les gens d'épée, de robe, ecclésiastiques et laïques, toute la noblesse haute,
loureux mécompte dont l'empreinte se montre si vive dans les documents contemporains? Ce n'était pas simplement Tespérance humaine trompée par un homme, c'était Tépreuve décisive d'une forme d'État préparée de loin par le travail des siècles, au profit de laquelle toute garantie de liberté politique avait été détruite ou abandonnée, et dont la masse nationale avait favorisé le progrès comme étant le sien propre.
Que la société française eût conscience de la nature et des profondeurs de la crise dont son affaissement actuel n'était qu'un prélude, qu'elle sentit des choses que les générations postérieures n'ont comprises que par la suite des faits et par l'enseignement de l'histoire , c'est ce que je ne veux point dire ici. Quelque signification qu'il eût alors pour ceux qui en souffraient , l'étrange contraste entre les premières et les dernières années de Louis XIV répondait à l'un de ces moments solennels dans la vie des nations où un grand mouvement social , épuisé dans ses résultats , s'arrête , et où commence un autre mouvement qui , plus ou moins secret , plus ou moins rapide, saisira Tesprit public, pour le transformer, et entraîner tout vers un avenir inconnu.
la noblesse distinguée et les gens en charge militaire et civile, les bons marchands, les bourgeois rentes et les plus accommodés , on ne peut pas compter sur cent mille familles. (Vaul>an, Mme royale, Collect. des principaux Économistes, t. I, p 34.) — Le peuple même (il faut tout dire) qui vous a tant aimé, qui a eu tant de conflance en vous, commence à perdre l'amitié, la confiance, et même le respect Vos victoires et vos conquêtes ne le réjouissent plus : il est plein d'aigreur et de désespoir. La sédition s'allume peu à peu de toutes parts. Us croient que vous n'avez aucune pitié de leurs maux, que vous n'aimes que votre autorité et votre gloire. (Lettre de Féndon à Louis XIV, p. 418.)