‹ Essai sur lh́istoire de la formation et des progrès du Tiers État: suivi de deux fragments du (volume 2)Chapitre 59 sur 124 · Ce moroetu est la Préface du second volame du RecueU · texte numérisé non relu

Ce moroetu est la Préface du second volame du RecueU

Wàê TJ^fHKAD PP L'ANCÏBNNE

dans un événement classé jusque-là parmi les réformes administratives de la royauté française. La question complexe de la renaissance des municipalités libres au xii» siècle a d'abord été traitée d'une façon partielle, sinon partiale. Il y a eu des solutions diverses et en apparence contradictoires, selon le point de vue où chaque auteur s'était placé par préférence ou par hasard, Tun considérant surtout la durée non interrompue du régÎAie municipal, Taulre, son rajeunissement soudain par un nouvel esprit et de nouvelles constitutions; celui-ci, l'acte de concession ou de transaction émané du pouvoir royal ou seigneurial; celui-là, l'initiative de la bourgeoisie et l'impulsion révolutionnaire ^ , Puis, à mesure que le problème a fait son c)iemin dans la discussion scientifique, ces vues divergentes se sont rapprochées; il s'est formé au-dessus d'elles une thèse plus lai^e qui les comprend toqtes, qui, tenant compte de tous les principes du grand mouvement municipal du i^u* siècle, admet à la fois, pour l'expliquer dans ses causes et dans ses suites, l'élément traditionnel et l'inspiratioQ rénovatrice, un esprit de sagesse libérale de la part des gouvernants, et l'action, irrésistible quand elle est juste, 'des volontés populaires.

Au point où elle est maintenant parvenue, U sciei^ce considère deux choses dans la révolution communale, d'une part le fond de cette révolution ou son esprit, de l'autre les nouvelles formes de municipalité qu'elle a créées. Le fond est le même d'un bout à l'autre de la France actuelle; c'est, pour toutes les villes où se fait sentir, dans le cours des xii® et xin*" siècles, le besoin de progrès et de garantie pour la liberté civile, un désir plus ou moins violent de substituer aux pouvoirs féodaux une magistrature élective^ quant à la forme, elle varie selon les zones du territoire. Comme on l'a vu dans l'Essai sur l'histoire du tiers

I. Voyex les Lettres $ur VMstoire de France^ 18S7; VBiHoire critique du pouvoir municipal, par M. Lebert, 18S8; VBistoire du régime municipal en France, par M. Raynouard, 1839, eiVHUioire de la civilisation en France, par M. Quiiot, I. Y, 189^

état', au midi s'est propagée de ville en ville une constitution municipale venue d'Italie où les magistrats ont le titre de Consuls; au nord s'est répandue de Ja même manière une constitution d'origine différente, la Commune proprement dite, ou la municipalité organisée par association et par assurance mutuelle des citoyens «ous la garantie du serment '. Ces deux courants de propagande eonstltutîonnelle, marchant, Tun du sud au nord Tautre du ncHrd au sud, et s' arrêtant à de certaines distances, ont laissé neutre une Eone inter* médiaire où l'administration urbaine a conservé ses anciennes formes, soit intactes, soit diversement et Aiiblement modifiées. Tel est le ta- ' bleau de la France municipale au moyen Age. Trois grandes divisions s'y marquent, par des lignes tracées de l'est à Touest : la zone du régime consulaire, la zone du régime communal et la zone des municipes non réformés et des villes de simple bourgeoisie. Je demande pardon au lecteur de ces formules obscures. Je nVxposepas, je rappelle ici, avec le moins de mots possible, ce que j'ai dit et développé ailleurs *.

Sous la division du territoire français en trois zones, on peut en tracer une secondaire qui le partage en cinq régions , composées chacune de plusieurs provinces et offrant des différences essentielles quant aux origines et à l'organisation du régime municipal. Ce sont, suivant les noms que je leur donne et Tordre dans lequel je me pro» pose de les caractériser successivement ,1a région du nord, celle du midi, celle du centre j celle de l'ouest, et celle de Test et du sudest.

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