Voy. ci-après chapitres m et vi
Nous sommes parvenus au point oii notre histoire sociale , dégagée de ses origines et complète dans ses éléments, se déroule simple et régulière comme un fleuve qui y né de plusieurs sources , forme en avan* çant une seule masse d'eau contenue entre les mêmes rives. A ce point , les forces dont l'action , simultanée ou divergente, a constitué jusqu'à nos jours le drame des changements politiques, se montrent avec leur caractère définitif. On y trouve la royauté engagée sans retour dans la voie des traditions de Rome impériale, secondant l'esprit de civilisation et contraire à Vesprit de liberté, novatrice avec lenteur et avec la jalousie de pourvoir à tout par eUe-méme ; la noblesse gardant et cultivant Théritage des mœurs germaines adoucies par le christianisme, opposant au dogme de la monarchie absolue celui de la souveraineté seigneuriale, nourrie d'orgueil et d'honneur, s'imposant le devob du courage et croyant qu'à elle seule appartiennent les droits politiques, égoïste dans son indépendance et hautaine dans ses dévouements 3 à la fois tur* bulente et inoccupée, méprisant le travail, peu curieuse de la science, mais contribuant au progrès commun par son goût de plus en plus vif pour les recherches du luxe, l'élégance et les plaisirs des arts* j enfin, la bonis
1. Les principes du droit germaDique ea matière civile persistèrent longtemps avec les mœurs germaniques dans les familles nobles; le baronnage était imbu des traditions de la conquête. Yoy. les necher-
geoisie, classe moyenne de la nation ^ haute classe du tiers état, sans i^esse augmentée par Taccession dès classes inférieures et sans cesse rapprochée de la noblesse par Texercice des fonctions publiques et la richesse immobilière , attachée à la royauté comme à la source des réformes et des mutations sociales , prompte à saisir tous les moyens dé s'élever, toutes les positions, les avantages de toute sorte collectifs ou individuels, appliquée à la culture de Tintelligence dans les dbections fortes et sérieuses, habituellement résignée à une longue attente du mieux ^ mais capable par intervalles, d'un désir d'action immédiate et d'un élan révolutionnaire.
Voilà pour la société; quant aux institutions, la royauté , dans sa prérogative sans limites , les recouvre et les embrasse toutes , hors une seule , les états généraux, dont le pouvoir mal défini, ombre de la
ches de M. Edouard Laboulaye sur la condition civile et politique des femmes depuis les Romains jusqu'à nous.— Anno igitur m ccc i^vi fastus et dissolutio in multis personis nobillbus et mllitaribus quampiurimum inolevit. Hjiam cum habitua antea decurtatos, ut supra dixi, et brèves nimis accepissent, boc anno tamen adhuc magis se incœperunt sumptuose deformure, perlas et margaritas in cupucils et zonfs deauratis et argentcis deportare, gemmis diversis et lapidibus pn cicsis se per totum curiosius adornare; et in tantum se curlose omnes, a magno usque ad parvum, de talibus lasciviis cooperiebant, quod perlœ et lapides magno prelio vendebantur et vix Parisius pole-
rant reperiri Incœperunt etiam tune gestare plumas avium in
pi lois adaptatas. (Chron. de Gulll. de Nangis, » continuât., t. Il, p. 237.)
souveraineté nationale, apparaît dans les temps de crise pour condamner le mal présent et firayer la route du bien à venir. De 1355 à 1789^ les états, quoique rarement assemblés, quoique sans action régulière sur le gouvernement, ont joué un rôle considérable comme oi^ane de Topinion publique. Les cabiers des trois ordres furent la source d'où, à différentes reprises, découlèrent les grandes ordonnances et les grandes mesures d'administration^ et, dans ce rôle général des états, il y eut une part spéciale pour le troisième. La roture eut ses principes qu'elle ne cessa de proclamer avec une constance infatigable, principes nés du bon sens populaire , conformes à Tesprit de TÉvangile et à l'esprit du droit romain. Le renouvellement des lois et des mœurs par l'infusion de la liberté et de régalité civiles, l'abaissement de toutes les barrières élevées par le privilège, l'extension du droit commun à toutes les classes de personnes, tel fut le plaidoyer perpétuel et, pour ainsi dire, la voix du tiers état. On peut suivre cette voix grandissant d'âge en âge à mesure que le temps marche et que le progrès s'accomplit. C'est elle qui , durant cinq siècles, a remué les grands courants de l'opinion. L'initiative du tiers état en idées et en projets de réforme est le fait le plus intime du mouvement social dont nous avons vu, sinon le dernier terme, du moins une phase glorieuse et décisive, mou-
vendent continu sous d'apparentes vicissitudes^ et dont la marche ressemble à celle de la marée montante que Tœil voit avancer et reculer sans cesse^ mais qui gagne et s'élève toujours..
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