VI PRÉFACE
une seule et même assemblée , quand eesse le schisme qui séparait du Tiers État la majorité de la noblesse et la minorité du clergé , quand l'illustre et malheureux Bailly, présidant ce premier congrès de la souveraineté nationale, put dire : « La famille est complète, » mot touchant qui semblait de bon augure pour nos nouvelles destinées, mais qui fut trop tôt démenti ».
Tel est le cadre que je me suis proposé de remplir dans la composition de cet ouvrage.
Une chose m*a frappé tout d'abord, c*est que, durant l'espace de six siècles, du xir au xviir, l'histoire du Tiers État et celle de la royauté sont indissolublement liées ensemble, de sorte qu'aux yeux de celui qui les comprend bien, l'une est pour ainsi dire le revers de l'autre. De l'avènement de Louis le Gros à la mort de Louis XIV, chaque époque décisive dans le pro-
1. 27 juin 1789. Bailly avait dit à la séance du 25 juin : « Nous disions, en recevant messieurs du clergé, qu'il nous restait des vœux à former, qu'il manquait des frères à cette auguste famille; oui. Messieurs, ce qui nous manque nous sera rendu, tous nos frères viendront ici. » A celle du 27, il dit : « Nous possédions « Tordre du clergé, nous possédons aujourd'hui l'ordre entier de « la noblesse; ce jour sera célébré dans nos fastes, il rend la « famille complète. » {Moniteur universel.)