‹ Essai sur lh́istoire de la formation et des progrès du Tiers État: suivi de deux fragments duChapitre 5 sur 64 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

grès des différentes classes de la roture en liberté, en bien-être, en lumières, en importance sociale, correspond, dans la série des règnes, au nom d'un grand roi ou d'un grand ministre. Le xviir siècle seul fait exception à cette loi de notre développement national ; il a mis la défiance et préparé un divorce funeste entre le Tiers État et la royauté. Au point où un dernier progrès, garantie et couronnement de tous les autres, devait, par rétablissement d'une constitution nouvelle, compléter la liberté civile et fonder la liberté politique, l'accord nécessaire manqua sur les conditions d'un régime à la fois libre et monarchique. L'œuvre mal assise des constituants de 1791 croula presque aussitôt, et la monarchie fut détruite.

Vingt-deux ans se passèrent durant lesquels, à d'immenses misères, succéda une admirable réparation, et l'on put croire alors tout Uen brisé entre la France nouvelle et la royauté de l'ancienne France. Mais le régime constitutionnel de 1814 et celui de 1830 sont venus renouer la chaîne des temps et des idées, reprendre sous de nouvelles formes la tentative de 1789, l'ai-

liance dp la jtradjtioq nat^en^ ^ âe^ prpnoîpes fie liberté, C'est à ce point ^ vqp qui ip'éltait (Joimé pflir le pows n*^me des choses q^e je ipe plaçai dans mon ouvrage, m*attaçbanjt ^ pp qui semblait être la voie tracée yers l'avenir, et croyant avoir squs mes yeux la fwi prpvicjjentiejle ^ travail djes sièples éconlés depuis ]^ xn%

Toi^j; entier h m^ tâche Jjentement pnnrs^iyie ^lop 1^ mesure ^e mes forcies, j'abpr4ais avec cjgilme l'époque 4 cjoptrovjersée du xym* sièçje, qnai^d vint éclater sur »ous la çatastropl^p 4e février 1848. J'en ai ressenti le contre-coup de deux manières^ comme citoyen d'abord, et aussi conime historien. Par cette nouvelle riévolution, pleine da même esprit et des myên^es menaces que les plus mauvais temps de Ja première, l'histoire de France paraissait bouleversée autant que l'était la France elle-même. J'a^ ;§uspendji mon travail dans un découragement fa,cile à comprendre, et l'histoire que j'avais conduite jusqu'à la fip du règne de Louis XIV est restée ^ ce point. J'avais devant moi l'alternative d'attendre , pour une publication , que mon ouvrage fût arrivé à son terme , ou d'en publier présen-

tfijfli^t ç^ette ppriion, de be/s^coup la pius grande, ^ }i9f[uelle j'ai dQimé pifui aqs de (.ravail ' ; la brjèyi^ dç JjBL vji?, se^s cIj^iMJps plps incertaines pour pQ^ que povr topt a^t^e, et d'honorables inyita^oz);? m'^ojt fait prjçndriç ce cjeroier piar|i. Aji) rg^te, pp ti&mps d'^r^ét trouve 9il}e^r/$ son excuse; }\ répond à m ppipt fie part^gi? biep mariq^é ^ns i^trp histoire sociale* iQ'isst )à que ^ ^^Tjc^ne la grande périp(}e histprîque di^r^i^t l^jtjijellp PB ypit pjarcher d'apcord, se djévelopper (Çj3^fl)b|eetse fortifier mutijplleïwnt le fiers Élajt |Bjt la royai^. Une secondç périx)de va s'o^vfir jpù .QBJt accord de si^ cents an§ disparaît, x^ )e Tiers $tot et la roy^ij^fé se diyisept, enfapen/: ep ^fiance )'jw de Tautre et ^arc^t d^n^ de$ voies oppflsées, la royauté couvrant de son appuj ce qui reste des privilèges nobiliaires, la bourr geoi^e devenant , contre ses traditions , hostile au pouvoir royal. De ces deux séries de faits, si inégales quant à la durée et d']un caract^èrje si

1. Une première édition destinée à nn pnWic restreint a paru en 1850 jointe an premier volume du RfcuHl des îfionumenU inédits de l'histoire du Tiers État ; Védition présente diffère de celle-là par des corrections et additions.

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