‹ Essai sur lh́istoire de la formation et des progrès du Tiers État: suivi de deux fragments duChapitre 44 sur 64 · Ordonnance de 4629, art · texte numérisé non relu

Ordonnance de 4629, art

«puissent prendre la qualité dé nobles, et tenir rang a et séance en toutes les assemblées publiques et partia culières inunédiateibent après nos lieutenants géuea raux y conseillers des sièges présidiaux y et nos proa cuseurs généraux esdits sièges, et autres jugesroyaux a qui Seront sur les lieux*.

a Exhortons nos sujets qui en ont le moyen et Tin* adastrie de se lier et unir ensemble pour former de abonnes et fortes compagnies et sociétëz dé trafic, a navigation et marchandise, en la manière qu'ils vera ront bon estre. Promettons les protéger et désfendre, a les accroître de privilèges et faveurs sjpéciales , et d les maintenir en toutes les manières qu'ils désireront <t pour la bonne conduite et succès de leur commerce ^. d • ' Tout ce qui était possible en fait d'améliorations sociales au temps de Richelieu fot exécuté par cet homme doiii rintèlligence comprenait tout , dont le génie pratique n'omettait rien, qui allait de l'ensemble aux détails , de l'idée à l'action avec une merveilleuse habileté. Maniant une foule d'affaires grandes et petites en même temps et avec la même ardeur, partout présent de sa personne ou de sa pensée, il eut à un degré unique l'universalité et la liberté d'esprit. Prince de réglise romaine, il voulut que le clergé fût national; vainqueur des calvinistes, il ne frappa oue la rébellion,

i, Ordonn. de 1629, art. 453.

t. Ibid;, lurU 439^

et respecta les droits de la conscience* ^ enfiint de la noblesse et imbu de son orgueil, il agit comme s'il eût reçu mission de préparer le règne du tiers état. La fin dernière de sa politique intérieure fut ûe qui faisait grandii? et tendait à déclasser la bourgeoisie $ ce fût le progrès du Commerce et le progrès des lettrés y le tra-« yail, soit de Tesprit^ soit de la main« Richelieu ne reconnaissait au-dessous du trôiïe qu'une dignité égalé à la sienne^ celle de Técrivain et du penseur; il voulait qu'un homme du nom de Chapelain ou de Gombauld lui parlât couvert. Mais, tandis que par de grandes mesures commerciales et une grande institution litté^ raire^j il multipliait pour la roture, en dehors des Qiïices, les places d'honneur dans FËtat, il comprimait sous le niveau d'un pouvoir sans bornes les vieillei^ libertés des villes et des provinces. États particuliers , constitutions municipales, tout ce qu'avaient stipulé comme droits les pays agrégés à la couronne, tout ce qu'avait créé la bourgeoise dans son âge héroïque, Ait refoulé par lui plus bas que jamais. Il y eut là des

4. Aui termeB da traité â^Alaie, ss Juin 1629 , Hdlt de Nantes fut confirmé et juré solennellement parle roi.

2. Voy. les lettres patentes de janvier 4635 pour rétablissement de l'Académie française; les lettres de création de la charge de surintendant de la marine et de la navigation i octobre. f6S6{ les lettres fie juillet et novembre 4634 » et Tédit de mars 4649» pour la formation et le soutien d'une compagnie des Indes occidentales, ffec. deê anc, loi* franc., t. ZVI, p* 448t 494» 409, 445 et 540.

souffrances plébéiennes^ souffrances malheureusement nécessaires , mais que cette nécessité ne rendait pas moins vives ^ et qui accompagnèrent de crise en crise l'enfantement de la centralisation moderne.

Quant à la politique extérieure du grand ministre, cette partie de son œuvre, non moins admirable que l'autre, a de plus le singulier mérite de n'avoir rien perdu par le cours du temps et les révolutions de TEurope, d'être pour nous, après deux siècles, aussi vivante , aussi nationale qu'au premier jour. C'est la politique même qui, depuis la chute de l'empire et la résurrection de la France constitutionnelle , n'a cessé de former, pour ainsi dh*e, une part de la conscience du pays. Le maintien des nationalités indépendantes, l'affranchissement des nationalités opprimées, le respect des liens naturels que forme la communauté de race et de langue, la paix et l'amitié pour les faibles, la guerre contre les oppresseurs de la liberté et de la civilisation générales , tous ces devoirs que s'impose notre libéralisme démocratique furent implicitement compris dans le plan de conduite au dehors dicté à un roi par un homme d'État dont l'idéal au dedans était le pouvoir absolu*.

1. Il est curieux de voir dans quels termes de déTOuement à la cause de rémancipation européenne lui-mfime parle de son intervention dans les affaires dcritalie, de l'Allemagne et des Pays-Bas. A chaque événement militaire ou diplomatique, il s'agit d'affrancliir un prince

Sur la question des droits de la France à un agrandissement qui lui donne ses frontières définitives^ question souvent posée depuis trois siècles et aujourd'hui encore pendante, Henri IV disait : «Je veux bien a que la langue espagnole demeure à l'Espagnol, Tala lemande à TAllemand, mais toute la française doit a être à moi ^ » Un contemporain de Richelieu, peutêtre Tun de ses confidents, lui fait dire : a Le but de a mon ministère a été celui-ci : rétablir les limites a naturelles de la Gaule , identifier la Gaule avec la a France, et partout où fut l'ancienne Gaule constituer a la nouvelle^.» De ces deux principes, combinés

ou un peuple de Voppression des Espagnols^ de la tyrannie de la maison d* Autriche , de la terreur causée par Vavidité insatiable de celte maison ennemie du repos de la chréiienié, d'arrêter ses usurpations, de lui faire rendre ce qu'elle a usurpé en Suisse ou en Italie, de garantir toute Vltalie de son injuste oppression, de veiller au salut de toute l'Italie , de sauver et d'assurer contre l'Autriche les droits des princes de l'Empire. (.Testament politique du cardinal de Richelieu. if parUe, chap. I«r, p. 9, 10, 44, 15, 18, 34, 25 et 96.) 1. Histoire dn règne de Henri le Grand, par Mathieu, t. II, p. 444, 9. Hic minislerii mei scopus, rcstituere Gallis limites, quos natura prsflxit... confundere Galliam cum Francia, et ubicumque fultantiqua Gallia , ibi restaurare novam. {Testamentum poliiicum, ap. Pétri Labbe Elogia sacra, etc., éd. 1706, p. 253 et suiv.) — La pièce qui renferme ces mots remarquables, et qui parut moins d'up an après la mort du cardinal , est une amplification incrustée, selon toute apparence, de paroles textuellement recueillies de sa bouche. Richelieu aimait à s'épancher avec ses amis; il dictait beaucoup à ceux qui l'entouruient, et, comme on Ta vu pour Napoléon, des personnes cu> rieuses prenaient note de ses entretiens.

ensemble et se modérant Tim l'autre, sortira ^ quand les temps seront venus, la fixation dernière du sol irançais, possédé par nous, à titre légitime et perpétuel^ au nom du double droit de la nature et de Fhistoire.

La conception d'un nouveau système politique de l'Europe fondé sur l'équilibre des forces rivales , et où la France exerçât, non à son profit mais pour le maintien de rindépendancé commune, l'ascendant ravi à l'Espagne, cette conception de Henri le Grand, évanouie à sa mort comme un rêve , fut exécutée par Richelieu à force de négociations et de victoires. Quand le ministre de Louis XIII mourut épuisé de veilles patriotiques *, Fouvrage était presque à sa fin; une habile persévérance, jointe à d'éclatants faits d'armes^, amena, en moins de cinq ans, l'acte fondamental de la réorganisation européenne, le glorieux traité de Westphalie*. Cette partie de l'œuvre du grand homme d'État, sa politique extérieure, voilà ce qui de son temps fut le mieux compris, ce qui parut aux esprits élevés beau sans mélange*; pour le re$te, il y eut

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