XII NOTICE
a nous touche. Que de recherches, que de fati- « gués épargnées aux érudits, qui disposeront, à ce Taide d'une œuvre unique, de toutes les res- « sources de la science épigraphique disséminées a maintenant dans plus de quatre mille volumes, <c privés pour la plupart d'index et de critiques; « mer sans limites où le port fuit devant vous, « où l'on est à chaque heure menacé du naufrage ! « N'ai-je pas dû consumer des années entières à <r composer pour mon usage des tables, des renfle vois , des signes de reconnaissance ? Voyez , a ajouta-t-il en me montrant d'épais manuscrits ; ce voici l'œuvre des faussaires : voici la collection <i des inscriptions apocryphes reçues sans dé- « fiance et admises dans les recueils les plus es- <c timés. Que de temps perdu à vouloir coorcc donner dans mes fastes consulaires ces inscripa tions récalcitrantes, qui troublaient longtemps (c mes veilles avant que je parvinsse à reconnaî- <c tre la fraude ! Mieux vaut encore, en fait d'écc rudition, corriger une erreur qu'apporter une ce vérité nouvelle ; et ce qui me paraît le plus déa sirable, dans l'accomplissement du recueil pro- « jeté par la France, c'est moins l'accroissement a des documents , tout important qu'il puisse
SUR BART. BORGHESI. xiii
« être, que la rectification des documents déjà a connus. »
M. Borghesi fit mieux que d'aider de ses vœux une publication dont il comprenait si bien toute l'utilité. Il s'empressa d'accorder à l'œuvre française sa coopération la plus complète, et j'avais été assez heureux pour obtenir de lui, dans un second voyage, la promesse que ses fastes consulaires seraient placés en tête du recueil, magnifique avenue conduisant à ce grand monument de l'antiquité romaine. Tant de bonne volonté devait être inutile. Des circonstances, sur lesquelles nous n'avons pas à revenir, entravèrent l'exécution de l'entreprise ; mais la pensée en avait été féconde. Elle a germé, et n'est pas perdue pour l'Europe. L'Académie de Berlin, qui avait déjà donné au monde savant le recueil des inscriptions grecques, fait préparer la collection des inscriptions latines sur un plan à peu près semblable à celui qui avait été adopté par la commission française. Puisse son œuvre, confiée aux hommes les plus capables de la bien diriger, s'accomplir sans obstacles (i)!
(1) M. Mommsen, connu par ses beaux travaux épigraphiques et par Timportante publication de toutes les inscriptions latines
MT NOTICE
J'avais dû' au projet qu'une décision ministérielle venait de créer en France, et qui ftit emporté plus tard par une décision contraire, l'avantage inappréciable pour moi d'avoir connu M. le comte Borghesi. Répondant, depuis lors, à
du royaume de Naples, M. Henzen^ secrétaire de Tlnstitut archéologique de Rome et digne émule de M. Mommsen dans la science des inscriptions, M. J.-B. De Rossi, conservateur des manuscrits à la Vaticane et savant collecteur de toutes les inscriptions de la Rome chrétienne^ sont chargés de la direction du Corpus inscriptionum latinarum universale, publié sous lesaus* pices de TAcadémie de Berlin. L'ordre géographique a été adopté. C'est celui en faveur duquel s'était décidée la commission française. Plus on a étudié les monuments épigraphiques dans le but d'arriver à la connaissance des institutions de la Home impériale, plus on s'est convaincu que la première condi* tion, pour déduire d'une inscription toutes les conséquences ap-^ plicables à son texte, est d'en avoir déterminé la provenance. Il est vrai que cette détermination présente quelquefois de grandes difficultés. L'un des obstacles sérieux est le transport des inscriptions dans des musées ou collections particulières souvent fort éloignées du lieu de la découverte, transport qui semble quelquefois n'avoir pas laissé de traces permettant d'assigner à ces monuments une origine certaine. L'étude des monuments épigraphiques, étude dont les travaux deM. De Rossi sur les anciens collecteurs ont agrandi la sphère, laisse désormais peu de chances à l'erreur. Provenance, authenticité, tels sont les deux termes qu'on peut atteindre par la confrontation des textes encore existants ou déjà publiés avec les nombreux manuscrits épigraphiques épars dans toutes les bibliothèques de l'Europe, à la condition, toutefois, d'avoir étudié avec le plus grand soin ces manuscrits souvent incomplets, tronqués, reliés avec d'au-