‹ Essai sur Mélusine, roman du XIVe siècleChapitre 10 sur 130 · L | LE · texte numérisé non relu

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sanctuaires. Chacun d'eux appartenait à une divinité. Des femmes que les Romains appelaient matres, mairae, nymphae, fata, desservaient ces cultes champêtres'. A cette religion correspond la féerie du Moyen Age. Les prétresses devinrent des fées. Fée vient de fata. Jean d'Arras, parmi les fées, nomme les mères et les nymphes *. Presine, Mélusine, la fée anonyme qui défricba le Forez sont des esprits des eaux”. Elles s’ébattent sur les fontaines, elles y chantent à voix de sirène des paroles fées. Ce sont aussi des choses fées, on aurait dit du temps des Romains des choses de droit divin, la Fontaine de Soif qui s'appelle également la Fontaine fée, la forêt de Colombiers, et l'Île d'Avalon ou l'Ile perdue « que nul ne saurait retrouver sinon par aventure » *.

Chez les anciens il y avait trois Parques. On les représentait couronnées de fleurs, une baguette à la main. On les confondait avec les fata. De même que les Parques, les fées ordonneront les aventures des mortels. Elles auront les attributs des Parques. Trois fées apparaissent dans les récits populaires et les romans du moyen âge. Telles sont les filles de Presine. Trois dames, Mélusine « la plus grande dame des autres », arrêtent la fuite de Raimondin au bord de la Fontaine de Soif.

Jean d'Arras a joint à la légende quantité d'imaginations nouvelles étrangères à l’histoire de Mélusine. I] l’a changée en un roman. Mais le sujet du livre en fait une

1. Sur leur culte à l'époque gallo romaine et dans le haut moyen äge, v. Maury, Les Fées du Moyen dge (Paris. 1843), pp. 8, 13, ss. et Houosr, Altceltischer Sprachschatz (Leipzig. 1896), aux mots Mairae, Matrae, Matronae, Nymphae.

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