‹ Essai sur Mélusine, roman du XIVe siècleChapitre 20 sur 130 · Fol. 3, r°, 2 col · texte numérisé non relu

Fol. 3, r°, 2 col

débris, est témoin du meurtre du comte de Poitiers, de la rencontre de Mélusine et de Raimondin, de leurs fiançailles et de leur mariage. Deux forêts de Bretagne paraissent ensuite, celle de Guérande où le trattre châtelain de Derval guette Raimondin pour l'assassiner et le parc royal de Sucinio qui, s'étendant au midi jusqu'à la mer, au nord jusqu à Saint-Armel sur le Morbihan, à l’ouest jusqu'au Tour du Parc sur la rivière de Pernef, couvrait toute la partie orientale de la presqu'île de Rhuis '.

Le chemin de Poitiers, ancienne voie romaine, traverse la forêt de Colombiers en passant par-dessus la montagne. Sur la route, entre Poitiers et la montagne, au-dessous de celle-ci, est un hameau appelé la Villette de Colombiers. Du grand chemin on descend dans la prairie où naissent la Fontaine de Soif, de nos jours la Font de Cé, au bas de la ville de Lusignan, et l'autre fontaine sortie de terre à l'ordre de Mélusine, « dont plusieurs moulins ont moulu et meulent encore aujourd’hui » dit Jean d'Arras :.

En pleine forêt de Colombiers, parmi les rochers et les ravins, Mélusine bâtit le château, puis la ville ou le bourg de Lusignan. « Elle en assied les murs sur la roche vive. Le château n'est pas seulement un, mais il y en a deux avant qu'on puisse aller au donjon, et les trois places sont entourées de fortes tours à mâchicoulis, les voûtes des tours tournées en ogives, les murs hauts et bien crénelés, et il y a trois paires de braies ou avant-murs, élevées, solides, garnies de plusieurs tours. Les poternes sont très fortes. Et à côté, vers la haute forêt, au-dessus de la prairie, la roche est si haute et si droite que nulle créature n'y pourrait habiter. Et toutefois on y fit de bonnes braies entaillées à même la roche. C'est donc vérité que la place est forte à merveille ».

Dans la cour du château, comme dans celle du château

1. Rosenzw810, Dictionnaire topographique du département du Morbihan

(Paris. 1850), p. 263.

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