ITINÉRAIRES DESCRIPTIONS ET SOUVENIRS
L'auteur de Mélusine est exact, minutieux même, dans ses descriptions ‘.
Il représente la France comme en partie couverte d'immenses forêts et inhabitée. Mélusine, chassée par sa mére, sen va parmi la grande forêt et le bocage ‘. Hervé, fuyant la Bretagne, « vient sur les hautes montagnes avoisinant les retraites du Rhône et de plusieurs autres gros fleuves », la Loire, l'Allier sans doute. Le pays était solitaire et plein de bocages, et pour cela Hervé et la dame de la fontaine qu'il y rencontra l'appelèrent Forez.
Hervé en fut le premier comte. La forteresse de Marcilly-
le-Château, que l’on nommaiït alors Jalensi, dominant de la ctme d'une roche imposante la voie romaine d’Auvergne, fut le manoir seigueurial des maîtres de ce nouveau domaine conquis sur le désert.
Raimondin, revenant de Bretagne, entre dans la terre de Poitou. Il y trouve foison de hautes forêts, et en certains lieux abondance de sauvagine, cerfs, biches, daims, chevreuils, porcs et autres bêtes, et ailleurs, de belles plaines, prairies et rivières, et sur la mer, plusieurs belles places, et il lui parut qu'elles seraient bien profitables si elles étaient habitées. « C’est grand dommage », dit-il, « que ce pays ne soit peuplé. car bien grasse est la contrée » ?.
C'est au milieu de ces antiques futaies que se passent les premières scènes du roman. La forêt de Colombiers, dont le bois actuel de Coulombiers n'est plus qu'un
1. V. Mélusine, la table des noms de personnes et de lieux. 2. Fol. 6, r°, > col.