Fol. 165, v°, 2° col
Et encore plus avant il
a un chevalier poitevin,
nommé messire Perceral de Couloigne, qui fu chambellan du bon roi de Chippre. Le roi lui raconte que la serpente de Lusignan lui est apparue. Dedens le tiers jour apres, la dure adventure que chascun scet lui advint, dont ce fu pitié, s'il eust plu a Nostre Seigneur, car il fu mort, si comme on dit tres faussement *.
Utilité des voyages pour la connaissance des pays et nations.
Si esta entendre pluseurs hommes var-quans par universes contrees, Par ceulx sont sceues les choses, et sont toutes les choses sceues*.
Ile PARTIE LES LÉGENDES
« Laissons à présent les auteurs », dit Jean d'Arras, « racontons ce que nous avons entendu et ce que ce jour nous entendons dire qu'on a vu au pays de Poitou et ailleurs, pour donner à notre histoire couleur de vérité. Ces preuves sont bien connues, sans parler de ce que les vraies chroniques et les livres des histoires nous disent. Une personne qui ne sera jamais sortie de son pays ne pourra croire certaines choses qui sont à moins de cent lieues d'elle. Pour elle ce sera une grande étrangeté. Elle dira que cela ne se peut faire. Puis elle hantera les diverses contrées, pays et nations et elle en reconnaîtra la vérité ! » |
Si Jean d'Arras n'a pas « hanté » beaucoup de contrées, il s'est informé de ce que l'on racontait de l’histoire de Presine et de ses filles. Jean de Berry lui a parlé des apparitions de la dame de Lusignan. Le roi d'Aragon et « plusieurs autres » de son royaume lui ont dit que Palestine se montrait dans [a montagne du Canigou
Les légendes de Mélusine et de ses enfants sont nombreuses. Elles abondent dans le Poitou. « Là trouverez », dit Rabelais, « témoins vieux, de renom et de bonne forge * ». Elles ont été portées au loin. « Notre histoire », dit Jean d'Arras, « est sue en plusieurs lieux ‘ ». Variées dans les détails, elles ont un fond commun *
Mélusine est une fée des eaux. Elle apparaît à Raimondin sur la Fontaine de Soif. Elle fait jaillir le ruisseau de la prairie de Lusignan à l'instant où les « livreurs »
. Foi. 1, v°, 2° col. ; 165, r°, æ col. ; 165, v°, 2° col.
Fol. 6, r°, 2 col.
. Pantagruel, v. plus haut.
. Fol. 165, v°, 2e col.
. Le fond de la plupart des légendes qui proviennent de l'Ouest de la France et que nous rapportons ici est emprunté au mémoire de M. Desaivre.