‹ Essai sur Mélusine, roman du XIVe siècleChapitre 44 sur 130 · EN · texte numérisé non relu

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pour lui la grande remueuse de terres et de pierres. Elle volait à travers les airs, les matériaux dans son tablier de mousseline et l'eau dans sa bouche.

Un grand nombre de tumulus portent son nom. Le tablier se déchirait, les matériaux s'échappaient. Ainsi se formèrent le terrier de Puyzay près Lusignan et la butte de Montail appelée la Dornée de Mélusine. Elle laisse tomber les trois pierres de Vouillé. La plus grosse était dans son tablier, les deux autres sous ses bras. Elle lâche près de Poitiers, sur la hauteur du faubourg Saint- Saturnin, les pierres qui se rangèrent d’elles-mêmes de façon à former le dolmen de la Pierre Levée. C'est elle qui a planté la Pierre Levée de la plaine de Denans et les menhirs connus sous le nom de Roches Baritaud.

Mélusine avait relevé les ruines romaines de Saintes. Les voies romaines du Poitou étaient son ouvrage. Elle avait creusé sur le chemin de Niort à Parthenay le Fossé de la mère Lusine. Elle avait construit l'amphithéâtre de Poitiers plus vaste que celui de Nîmes, l'aqueduc qui ameuait dans la ville les raux de Fontenay-le-Comte et les murs de la cité. Il y a peu de temps encore, lorsque le pic des terrasiers poitevins tombait sur quelque reste d’une construction romaine, ils accusaient la mère Lusine de contrarier leur travail.

On a beaucoup bâti au moyen-âge depuis la fin du x1° siècle. C'est l’époque des chartes de défrichement, de peuplement, de la fondation des villes neuves, des bastides, des sauvetés. Dans le Forez, Hervé et la dame de la fontaine construisent plusieurs forts, villes et habitations. En peu de temps, le pays fut assez peuplé”. Mélusine, qui vient de bâtir en quelques jours le bourg de Lusignan, accomplira aisément et au-delà de toute espérance, le vœu qu'exprimait Raimondin à la vue des solitudes du Poitou. Jean d’Arras conte longuement les fondations de la fée.

Elle laisse en disparaissant une multitude d'abbayes, de

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