Fol. 68, r°, 1°° col.,ss
Lusignan massacrent les Sarrasins sur le rivage. Le maître, avec ses galères, est aux aguets pour leur couper la retraite. Tous leurs navires sont pris et les païens « rués en la mer ‘ ». |
La campagne est terminée. Le maître, en compagnie des barons de Poitou et de Chypre, assiste aux noces de Guion et de l'héritière du royaume d'Arménie. Puis il emmène les barons à Rhodes et leur fait grande chère”.
Après plusieurs années, les Sarrasins veulent avoir leur revanche. Le calife de Bagdad et le Grand Caraman courent l'Arménie *. Le calife, le roi Anthénor d’'Antioche, l'amiral des Curdes et le soudan de Barbarie font ensemble leur serment de ne jamais finir la guerre qu'ils n'aient détruit Rhodes, mis tout à mort en Arménie et en Chypre, crucifié Urian et brûlé sa femme et ses enfants‘.
Mais il yavait parmi eux un espion qui était en propre au grand maître. Il connaissait si bien le langage des Sarrasins qu'ils n'eussent jamais pensé qu'il ne fût pas des leurs. Il sut tout leur secret, vint à Beyrouth et se mit dans une barque qui partait pour la Turquie chercher des marchandises.
La barque relâcha dans le port de Rhodes. L'espion dit qu'il voulait aller un peu dans la ville. « Revenez vite », lui répondit-on, « on ne vous attendra guère ». — « Je reviendrai bientôt », dit-il. Mais le plus tôt qu'il put, il fut donner des nouvelles au maître *.
Urian, de suite prévenu, mande au maître et à Guion de s'embarquer avec toutes leurs forces et de l'attendre sur la côle de Jaffa. C'était dans ce port que les Sarrasins avaient assemblé leur flotte. Le maître prit avec lui quatre mille hommes d'armes, frères chevaliers, frères sergents d'armes et autres, étrangers qui allaient cherchant les aventures *.
Fol. 51, re, > col., ss.
. Fol. 94, r°, > col., ss.
. Fol. 113, ve, 1re col.
- Fol. 114, r°, + col.
. Fol. 114, w°, 1e col.
. Fol. 114, ve, > col.
“ Chemin faisant, ils se heurtèrent contre la flotte d'Anthénor et de l'amiral, partie en avant-garde. Ils étaient perdus si Dieu n'eût conduit Geoflroy au lieu de la bataille. Il avait appris, à Lusignan, le danger que couraient ses frères. Mélusine et Raimondin lui avaient équipé une flotte. «Ce chevalier tout forcené », dirent les Sarrasins, «contre qui nul ne pouvait tenir », sauva Guion et le maître’.
Les chrétiens prennent Jaffa et marchent sur Damas. Le maître fait l'avant-garde. La victoire de Damas est suivie de la conclusion d’une trêve de cent ans. Le maître y prend part. Îl accompagne les Lusignan au Saint Sépulcre. Ils y font ensemble leurs dévotions. Au retour, le maitre les retient dans son ile pour les festoyer *.
Ce que l'on remarque dans ces aventures romanesques, c'est l'harmonie constante qui règne entre les Lusignan et les chevaliers de Rhodes. L'histoire est moins belle. Les Hospitaliers n'eurent pas toujours à se louer des Lusignan.
Trois fois, on voit dans Mélusine des chefs sarrasins sortant furtivement de Ja bataille qui tourne pour eux à la déconfiture. Assailli par Guion et par le maître, l'amiral des Curdes s'enfuit dans une galiote si raidement que tous s’en émerveillent. Le calife, à la bataille du Cap Saint André, court à la mer. L'amiral le fait entrer dans la galiote où il s'est lui-même échappé, et lorsqu'ils voient le danger venir sur eux, ils fuient, les voiles hautes et les rames frappant vivement. En Syrie, le second soudan de Damas sort de la mêlée, tourne la targe derrière le dos, frappe des éperons et court vers le camp des païens“. Ces désertions rappelaient la dérobade du roi de Chypre Henri II de Lusignan au siège d'Acre, se faisant relever de la garde de nuit, promettant de
1. Fol. 113, v°, 1 col. ; 216, ve, 1'e col. : 118, r°, tre col. 2. Fol. 119, v°, 2° col., ss.