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tant grammaire que musique, physique, philosophie. géométrie, théologie, s'il n'était noble. El alors les sciences étaient plus prisées que maintenant et les hauts princes voyaient plus clair dans leurs affaires. [ls saisissaient plus promptement le vif des conseils qu'on lcur donnait parce qu'ils avaient appris les sciences au temps voulu et aussi je crois que l'homme de noble extraction qui a au cœur la science des nobles arts ne saurait faillir sitôt que celui qui les a appris par désir de s'enrichir ou pour complaire aux princes en dissimulant ou en cachant ce qui est la vérité et le droit, car une nature grossière ne se peut bonnement appliquer à ce qui est noble »'.
Le comte Aimery de Poitiers qui vivait dans cet âge d'or aimait tout ce qui était noble. Il était « plein de sciences et spécialement de la science d'astronomie dont il fut le plus savant depuis Aristote »'. Son fils Bertrand savait le grec. Il y découvrait l'origine du nom de Mélusine el de celui d'Albanie. Mélusine vient de construire le chàeau de Lusignan. Quel nom donnera-t-on à la nouvelle forteresse? Bertrand prié de le faire se récuse. « Monseigneur », dit Mélusine, « puisqu'il vous plait que je lui mette son nom, qu'elle s'appelle Lusignan! » — « Par ma foi », dit Le comte, « ce nom lui convient pour deux causes. Vous vous appelez Mélusine d'Albanie, En langage grégeois, Albanie veut dire chose qui ne manque, et Mélusine, merveille ou merveilleux. Et d'autre part, la fondation de celle place a été merveilleuse et je ne doute pas que, tant que la forteresse durera, on n'y trouve de merveilleuses choses »*.
Les deux savants comtes de Poitiers sont des modèles pour les nobles lecteurs de Jean d'Arras. Mélusine est un guide dans le monde à l'usage des jeunes gens de haute naissance. Les connaissances nécessaires pour former de grands seigneurs y sont réunies. Îls ÿ voient dépeinte la