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profondeurs du fleuve, lui reproche ses rapports avec la race abominable des esprits des eaux. Ondine éclate en sanglots, d'une voix faible dit adieu à son mari. Invisible à l'avenir. elle l'aime toujours, lui pardonne, même quand il a épousé Bertalda, mais la justice de Dieu veut qu'elle tue son bien aimé par les larmes qu'elle verse sur lui. Les époux ne seront pas longtemps séparés. Ils ont des âmes immortelles.
La petite sirène sauve la vie au fils du roi. Il prend une autre femme pour elle. Il l'épouse. La petite sirène épargne le bonheur de celui qu'elle aime, elle ne le détrompe pas. Elle sacrifie à son amour l'espoir d’avoir une âme, car le jour même du mariage elle doit se changer en écume de la mer. Mais son dévouement la préserve. Accueillie par les filles de l'air, elle sent qu'elle a un corps semblable aux leurs, qui se dégage peu à peu de l'écume. Elle n'a pas encore une âme immortelle, mais ses bonnes actions la lui donneront un jour.
L'histoire de Mélusine semble dater du livre de Jean d'Arras. On ne connait aucun récit antérieur'. Le nom même de Mélusine ne se trouve nulle part. Cependant on y reconnait les traces de croyances très anciennes. Les Gaulois tenaient pour sacrés les arbres, les forêts, les rochers, les sources, C'étaient des objets religieux ou des
1. On a recucilli sur la couverture en parchemin d'un registre du xvu: siècle de la commune de Moustoir-Remungol (Morbihan, arrondissement de Pontivy, canton de Locminé) des fragments d'une histoire de Mélusine, et l'on a cru qu'ils auraient été écrits antérieurement à 1387, date à laquelle, selon l'édition de 1458, Jean d'Arras aurait commencé sa Mélusine (Rosenzweig, Fragments manuscrits d'un roman de chevalerie dans le Bullelin de la Sociélé polymathique de Morbihan, 1851, pp. 53, 85). Cpr. Romania, t. 1°" (873), p. 505. Ces fragments ont trait à l'expédition des frères de Lusignau, Urian, Guion et Geoffroy eu Syrie contre les Sarresins. Le premier texte se rapporte au départ d'Urian pour la guerre et à l'arrivée de Geoffroy à Limassol trois jours apres le départ d'Urian. Le second donne le récit de la victoire des frères de Lusignan et de leur retour en Chypre. Les deux fragments ne different pas du texte du manuscrit de l’Arsenal (F° 115, r°, 1% col. — v*, 2° col.; 129, ve, 2 col. — 198, re, à col.). Lis proviennent donc d'un exemplaire du roman de Jean d'Arras. — V. aussi l'édition de 1438 (P. 295, 2° alinéa, 4° ligne — p. 299. 2 ulinéa, 11° ligne: p. 326, 2° alinéa, 3° ligne — p. 325, fin du 1°" alinéa).
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