‹ Essai sur Mélusine, roman du XIVe siècleChapitre 82 sur 130 · GE D · texte numérisé non relu

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Les morts ont, eux aussi, leur luxe et même leur faste. Les obsèques du comte Aimery sont faites « très honorablement selon la coutume du temps » ‘. Aux funérailles du roi de Bohême, à celles de Raimondin, les chevaux sont offerts comme on devait le faire pour de si grands princes *. Horrible lui-même, le méchant monstre aux trois yeux que sa mère a condamné à mort, n’a pas perdu ses droits à de riches funérailles *.

Au milieu d'une chambre où il y a un si grand luminaire de lampes et de torches brûlant dans de grands candélabres que l'on y voit aussi clair que si l’on était en pleins champs, est le tomheau du roi Elinas. Par dessus se trouve la figure d'un chevalier qui a au chef une couronne merveilleusement travaillée. La tombe, les six colonnes qui la portent, la couronne, les chandeliers, tout est d’or fin. Les pierres précieuses y étincellent. Au pied de la tombe, sur une colonne, est la figure d’albâtre d'une reine debout, si grande que nature, portant une couronne, et si belle qu'il ne pouvait en être de plus belle. Elle tient un tableau d'or où est écrit : « Gi-gît Elinas, le noble roi d'Albaniec », et tout au long comment Elinas a été mis là*.

Tout heureux événement est célébré par des réjouissances. Il y a des fêtes pour les baptèmes, les relevailles, les réceptions dans la chevalerie, les prestations d'hommage, l'achèvement du château de Lusignan, le retour d'une guerre. Leur durée est de huit à quinze jours. On les annonce à cris, elles sont & criées ». Huit jours avant celles qu'Urian donne pour célébrer sa victoire sur les Sarrasins, le peuple commence d’affluer. Le roi en est très jayeux. Selon l'usage du x1v° siècle, il fait crier « sur peine de perdre corps et avoir », que nul n'enchérisse les vivres”.

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