‹ Essai sur Mélusine, roman du XIVe siècleChapitre 83 sur 130 · Fo. 72, v', 2° col · texte numérisé non relu

Fo. 72, v', 2° col

Ces fêtes sont « grandes et nobles ». Elles sont « bien Jjoûtées et bien dansées »'. On y fait grande chère. La délicatesse des mets, la finesse des vins étrangers et autres, les épices, dragées, oublies et confitures que l’on offre encore aux convives après que les tables ont été dépouillées de leurs nappes, abattues et ôtées, les mains lavées et les grâces dites, les mélodies des ménétriers qui accueillent les invités et se font entendre pendant les festins, tout y témoigne d'une générosité qui ne se montrait pas seulement dans les contes de fées au temps de Jean d'Arras*.

La pensée de Dieu domine toute l’histoire de Mélusine. Êlle inspire les enseignements qu'elle donne à ses fils. « Les jugements de Dieu sont comme des abimes sans fond et sans rives. L'entendement humain est trop grossier pour les comprendre. Mais on doit se recueillir pour dévotement glorifier Celui qui ordonne de telles choses »*?.

Toutes les infortunes de Mélusine et de ses descendants, les stigmates de ses enfants, son douloureux départ, les deux meurtres commis par Geoffroy, la forteresse de Lusignan passant on mains étrangères, ce sont des châtiments mérités, Deux commandements de Dieu ont été violés. « Tu ne prendras pas le nom du Seigneur ton Dicu en vain. Tu honoreras ton père et La mère. »

« Premièrement », dit Mélusine à ses fils, « aimez, craignez et servez Dieu votre Créateur continuellement. En tous lieu x où vous serez, tous les jours, entendez le service divin avant que vous fassiez autre chose »'. Jamais les enfants de Mélusine ne manquent d'assister à la messe, quelles que soient les circonstances, montre d'armes,

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