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vieillesse. » — « Monseigneur, vous parlez justement et votre raison est bonne », répondit le chevalier.
La nuit suivante, à peine commençait-on à dormir que les freres firent crier : « À l'arme », à grand fracas dans le camp. Il y eut vif émoi. On se mit en bataille sous les bannières, devant les tentes. Quantité de torches et de fallots faisaient aussi grande clarté que s'il fût jour. Les frères allaient de rangs en rangs et là où il y avait faute d'ordre, ils y amendaient. L'armée resta ainsi longtemps jusqu'à ce que les coureurs eurent été partout à la découverte et s'en furent revenus dire qu'ils n'avaient rien vu, rien entendu. Tous se demandèrent qui avait donné une telle alerte. Enfin on sut la vérité.
Les chevaliers dirent aux enfants : « Messeigneurs, c'est grande simplesse à vous de faire peiner ainsi vos gens pour rien. » — « Comment », dit Antoine, « quand vous faites faire un habit nouveau, ne l’essayez-vous pas pour savoir s'il n'y a pas quelque chose à corriger? » Et ils répondirent : &« Par ma foi, monseigneur, oui, c’est raison. » — « Donc », dit Antoine, « ai-je raison d'essayer mes compagnons pour savoir comment je les aurai prêts à mon besoin. Au moins, s’il y a quelque faute, nous y pourrons apporter remède avec moins de dommage que si nous attendions le temps de combattre. » — « Monseigneur », répondirent-ils, « il est bien vrai. » Etils estimèrent grandement le bon sens el le gouvernement des freres *.
Le lendemain d'une bataille, Urian ordonne à tous ses capitaines de se présenter à lui avec leurs gens armés de toutes pièces, afin qu'il les puisse passer en revue. On disait alors : faire montre d'armes. Il se met devant sa tente. L'un après l’autre défilent les capitaines, pennons au vent, suivis de leurs hommes. Ils se rangent dans la prairie, Urian passe dans les rangs. I regarde comment tous sont armés et s'il ne leur manque pas quelque pièce de