Fol. Si, r°, 2° col
leur harnais. En ce faisant il examinait attentivement leur contenance et il retenait en son cœur ceux qui lui semblaient les plus habiles en leur partie !.
L'armée d'Antoine et de Renaud traverse la Bavicre. Le duc de Bavière envoie un vieil écuyer reconnaitre ces gens qui cheminent dans son pays. L'écuyer aperçoit le camp au fond d'une vallée. Il voit chevaux et coursiers courir et fouiller par la prairie. [l les entend hennir. Il voit les gentilshommes par troupeaux. Les uns sautent, les autres futtent. Il yÿ en a qui jettent la pierre, la barre de fer, la lance ou la darde. D'autres éprouvent leurs épées ou les pièces de leurs harnais ou leurs bassinets contre les traits ou les coups d’épées et font d'autres forts exercices. « Voici bonne contenance de gens d'armes », dit l'écuyer, « ce sont gens adroits et de conquête »*.
Surprendre son ennemi, ne pas se laisser surprendre par lui est l'un des premiers rudiments de l'art de la guerre. « N'ayez en mépris nul de vos enneinis », dit Mélusine, « tant soit-il petit, mais à toute heure veillez à ne pas être surpris »*.
Urian paraît subitement derriére le soudan acharné à l'assaut de Famagouste. On vient dire au soudan : « Sire, tous tes logis sont pris, la garde du camp est morte, les plus mauvaises gens que lou vit jamais te viennent courir sus. » Le soudan se retourne et voit les bannières et Les pennons de Lusignan, mais avant qu'il ait rassemblé la moitié de ses gens, Urian est sur lui”.
Geoffroy, sous les murs de Damas, pénètre au milieu des payens endormis, jusque dans la tente du roi Galafrin de Damiette. « Il est temps d'éveiller cette mâtinaille », ditil à ses gens, «elle a trop dormi. » De son épée pesunte, et tranchante comme un rasoir, il lui fend la tête jusqu'à la