‹ Essai sur Mélusine, roman du XIVe siècleChapitre 96 sur 130 · EE RE · texte numérisé non relu

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Tout combat singulier, qu'il soit ou non judiciaire, est précédé d'un défi verbal. Raimondin, devant le roi des Bretons, appelle à la bataille Josselin et son fils Olivier et jette son gage'. « Je te défie de par Mahomet mon dieu », crie à Geoffroy le soudan de Damas. « Par mon chef », dit Geoffroy, « ni toi ni ton dieu, je ne vous prise une tête d'ail pourrie »*. Geoffroy défie même les géants qu'il a été chercher dans leurs coupe-gorges. : Méchante créature », dit-il au géant de Guérande, « je te tiens pour mort là où tu es, et dès maintenant je te défie de par Dieu, mon Créateur. » — « Défends-toi, je te défie », criet-il au géant de Northumberland. Il broche le cheval des éperons, abaisse la lance et frappe le géant si raide qu'il le fait voler par terre les jambes en l'air*.

Ces « àpres » guerriers, « tels des éperviers fondant sur des alouettes ou des loups affamés se jetant sur des brebis », connaissent les usages de la bonne société. Ils montrent de la déférence et de la délicatesse. D'un homme de leur caractère et de leur éducation, on disait alors : « Il sait beaucoup de bien et d'honneur. » Quelques siècles plus tard, on dira : « C’est un galant homme ».

Au mariage de Renaud et d'Aiglentine il y eut très belle joûte. Mais aucun chevalier ne pouvait tenir contre Antoine et Renaud. Quand les frères virent que la joûte s'affaiblissait à cause d'eux, ils sortirent et se vinrent désarmer, et ceci, le roi d'Alsace, Le duc de Bavière. et les autres barons le remarquèrent. Alors la joûte dura longtemps *.

On ne saurait imaginer des gens plus cérémonieux que les personnages de Mélusine. Dans toutes les occasions où

. Fol. 99, v, à col.

- Fol. 124, re,» col.

+ Fol. 132, ve, à col. : 142, r°, 2° col.

. Fol. 102, v-, 1° col,

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