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ils se rencontrent il n'y a rien qui ne se fasse dans les formes. Gestes, paroles, obéissent aux règles compliquées de la plus ponctuelle bienséance poussée jusqu'à l'humilité. Approche-t-on quelqu'un pour lui parler, on lui donne la bienvenue. On ne se quitte pas sans prendre congé. « À Dieu je vous recommande », dit-on. « Allez à la garde de Dieu », est la réponse. Les bienvenues et les congés ne se comptent pas dans Mélusine.
Il en est de même des révérences. On en fait assaut de part et d'autre. Geoffroy arrive à Limassol. Hermine, la reine de Chypre, l'attend, tenant par la main son fils Hervé. Elle s'incline jusqu'à terre devant son beau-frère. Geoffroy en fait autant, la relève en l'embrassant bien doucement et lui dit : « Madame ma sœur, Dieu vous donne toute la joie que votre cœur désire »".
Il y a des cas où la révérence ne suffit pas. Le messager apportant à Raimondin la nouvelle de l'incendie de Maillezais, le vieux chevalier annonçant à Mélusine que le dîner est prêt, Raimondin requérant du comte Bertrand la charte de la donation que le comte lui a faite d'une parcelle de la forêt de Colombiers, Alain remerciant son cousin de lui avoir donné la baronnie de Léon, les fils de Mélusine, lorsqu'ils reudent grâce à leur mère de l'aide qu'elle leur accorde pour leurs guerres, Hermine ellemême témoignant sa reconnaissance aux frères de Lusinan, tous parlent à genoux”. Le petit Hervé, aux côtés de sa mère, met un genou en terre devant Geoffroy. Son oncle le lève entre ses bras. « Beau neveu », lui dit-il, « Dieu vous accroisse et vous octroie bon amendement! » Et l'enfant lui répond : « Grand merci, bel oncle » *.
Aucune circonstance ne dispense de ces marques de courtoisie. Urian et Hermine, deux amants, s'entrefont beaucoup d'honneurs'. Aiglentine, épousée du matin,
2. Fol. 14, r°, 1 col. ; 15, r°, 27 col. ; 33, v°, 1e col. : 43, ve, 1° col. ; 61, re,9* col. ; 8:, v°, à col. ; 136, r°, 1r° col.