Fol. 83, ve, 2° col
RER à Ce
Ensuite vient la comtesse, mère du comte, avec sa fille. Mélusine envoie au-devant d'elle le vieux chevalier et plusieurs dames et damoiselles de haut état, et les reçoit au son mélodieux de plusieurs instruments ".
Les deux entrées des Lusignan à Luxembourg, celle d'Antoine et de Renaud, le jour où ils ont défait le roi d'Alsace, et celle de Geoffroy, d'Eudes, de Thierry et Raimonnet allant combattre le duc d'Autriche, sont également de haute allure. | —-
Antoine chevauche sur un grand coursier liard, Il est vêtu d’un jaques de velours cramoisi, tout brodé de perles et de pierreries. Il a le chapeau de perles à la tête, l'épée au côté, le bâton au poing. Son frère, auprès de lui, est pareillement ajusté. Deux cents chevaliers les accompagnent.
A leur rencontre viennent cent gentilshommes et les barons du pays qui leur font la révérence. Les frères entrent dans la cité. Il y a devant eux hérauts, trompettes et ménétriers à foison. Les bourgeois ont fait encourtiner de riches draps toutes les rues jusqu'au château.
Au pied de l'escalier du château. Chrétienne la pucelle les attendait, entourée de dames, damoiselles, chevaliers et écuyers. Elle prit les frères par les mains et se mitentre eux. [ls montèrent ensemble les degrés de la grande salle qui était tendue de belles tapisseries selon l'usage d'alors, et de la salle entrèrent dans une chambre splendide.
Alors vint un des maitres d'hôtel qui s'agenouilla devant la pucelle et lui dit : « Ma damoiselle, il est prêt,
quand il vous plaira à laver. » — « Quand il plaira à monseigneur », répondit-elle. — « Damoiselle », dit
Antoine, « nous sommes tout prêts quand il vous plaira. » Les frères donnèrent la main à la damoiselle et l’on se mit à table”,