‹ Essai sur Mélusine, roman du XIVe siècleChapitre 98 sur 130 · Fol. 6€, v°, 1° col · texte numérisé non relu

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shumilie devant son mari et le remercie d'avoir daigné prendre pour femme si chétive pucelle qu'elle est". Antoine a vaincu le roi d'Alsace. Tout à l'heure il l'assommait d'un coup d'épée sur le bassinet. La mort, la vie de son prisonnier sont encore entre ses mains. Îln'en a pas décidé. Mais on n’est plus à la bataille. On va se mettre à table dans le château de Luxembourg. Le roi captif est toujours un roi. Antoine le fait appeler, l'invite à s'asseoir le premier et puis la damoiselle de Luxembourg, Renaud ensuite et, après, quatre hauts barons du pays, et enfin par la salle chacun prend place selon son rang. Ainsi, Jean le Bon, prisonnier à Londres, recevait journellement les honneurs royaux :.

Ce sont là les observances ordinaires de la politesse. Dans les grandes circonstances le rérémonial devient majestueux.

Le comte de Poitiers approche du lieu où doivent se faire les noces de Mélusine. Un vieux chevalier, portant une ceinture ornée de pierres précieuses et de perles, monté sur un haut palefroi gris pommelé, suivi de douze hommes d'honneur noblement parés, s'avance joyeusesement vers Jui. Il lui fait très sagement la révérence : « Beau sire », dit le comte, « sovez Le très bien trouvé. Or dites ce que vous cherchez. » — « Sire », répond le chevalier, « madamoiselle Mélusine d'Albanie se recommande à vous tant qu'elle peut et vous remercie du haut honneur que vous fuiles à votre cousin Raimondin et à elle, en venant à leurs épousailles. » — « Sire chevalier », dit le comte. « vous pouvez dire à votre damoiselle qu'il nya nul besoin de remerciement, je suis tenu de faire honneur à mon cousin. » — « Sire », dit le chevalier, € vous parlez courtoisement, mais madamoiselle est assez sage pour savoir ce qu'on doit faire, et sire, elle m'a commis moi et mes compagnons pour cela. »

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