SUR
QUELQUES AUTOPLASTIES.
Indulgence
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Il est de ces difformités , qui, par leur position ou leur manière detre, ne peuvent être favorisées d’un regard, sans qu’on ne se sente péniblement impressionné. Ce sont celles surtout qui s’observent sur la figure, là d’où la beauté exerce son empire, là aussi où les passions se peignent avec tant d’énergie. Si une lèvre vermeille, si la paupière d’un gros œil noir étaient remplacées, la première par un ulcère cancéreux, la seconde par un renversement désagréable, le cœur éprouverait-il la même émotion P la sensation , de douce
qu’elle eût été , deviendrait certainement bien pénible. Pourrait-on, sur cette lèvre d’où découle un liquide fétide, chercher, avec Lavater, d’après sa disposition et sa structure , les principaux caractères de la figure? Aurait-on le courage d’étudier, sous une rougeâtre paupière , les differents modes de l’âme ? Certes , l’horreur vous ferait reculer.
L’absence du nez, ou seulement la destruction d’une partie, sont encore de tristes accidents; car la société ne fait guère grâce aux rhitnomètes : le dégoût est la seule faveur qu’ils obtiennent. Dès la plus haute antiquité même, cette difformité n’eut pas de place daus le giron de l’indulgence. j\ous en trouvons une forte preuve dans la loi qui punissait les criminels par la perte du nez. Sans* doute qu’ils regardaient ce châtiment comme le plus infamant. Les œuvres de Diodore de Sicile en font mention. Les Egyptiens, les Grecs, les Piomains, plus tard les Anglais imposaient cette peine à certains coupables. On dut donc chercher à y remédier : le génie trouva une nouvelle voie chirurgicale, et étendant ses expériences sur des accidents autres que ceux-là , il parvint à corriger bien d’autres difformités de la face, en procréant pour ainsi dire de nouvelles parties.
Comme l’absence du nez donna naissance à ce genre de prothèse, je traiterai d’abord ce sujet, pour passer à une autre partie de la face qui est
aussi bien importante ; je veux dire la cheiloplastie.