THÉRAPEUTIQUE DE LA BLENNORRAGIE
Nous étant étendus assez longuement sur la syphilis, nous aurons peu de choses à dire du traitement populaire de la blennorragie.
La blennorragie est appelée « tosfia » par les citadins, et rcha el trab (vent de la terre, de la poussière) par les habitants de la campagne et les nomades. ma
Le premier nom qui dérive du mot safi, purifier, est l’analogue du pus louable des auteurs anciens.
I] dérive de la même conception qui faisait entretenir des ulcères, placer des sétons, mettre des cautères el qui persiste aujourd’hui sous une forme plus scientifique, l’abcès de fixation.
Le second, vent de la terre, de la poussière, n’a pas été sans nous étonner la première fois que nous l'avons entendu,et nous avons été très longtemps sans pouvoir nous rendre compte pourquoi les nomades attribuaient un tel pouvoir au vent que nous avens vu plusieurs fois dans le Sud Tunisien provoquer de véritables tempêtes d’un sable extrèmement fin qui pénètre partout. JL est naturel que les nomades dont Ja vie est réglée par le cours du soleil
dune
et des saisons, qui ne peuvent se soustraire aux vicissitudes des conditions atmosphériques, qui couchent sur le sol sous la protection de tentes en poil de chameau, donnent une grande importance à un élément aussi puissant que le vent et le froid qu'il entraîne souvent à sa suite. |
Dans cette population nomade les néphrites aiguës a frigore s'observent beaucoup plus fréquemment que dans le reste de la population, surtout chez les impaludés chroniques qui sont déjà de par ce fait en état de moindre résistance. Avant l'ère pastorienne on signalait le froid humide comme cause de la maladie, sans doute parce que les vicissitudes atmosphériques rendent plus aigus certains écoulements ou accentuent certains symptômes subjectifs, envies plus fréquentes d’uriner, ténesme, etc.
Le traitement est simple. Il consiste à faire couler en buvant beaucoup d’infusion de chiendent, de queues de cerises et d’eau de persil. |
Les vertus emménagogues et abortives de l’apiol, extrait du persil, ont fait totalement oublier ses propriétés diurétiques. Le Dictionnaire encyclopédique n’en parle pas. Mais Leclerc nous apprend qu'il exerce des effets diurétiques consacrés par une tradition très ancienne. Galien, Averrœs, Constantin l’Africain le préconisaient pour faire uriner copieusement dans les affections vésicales, dans les abcès des reins.
Nous retrouvons là aussi la persistance d’une médi-
calion très ancienne à tout le moins recommandable À, Chérouvrier 3
dti
par sa parfaite inocuité, et qui sans doute à dû de persister à son action diurétique et calmante.
A ce traitement le malade ajoute un régime alimentaire assez sobre (ce qui d’ailleurs ne change guère ses habitudes) se nourrit surtout de pain et d'huile, et évite l’usage des piments, des épices, du tabac, du vinaigre.
Avant de quitter ce chapitre signalons enfin d’autres procédés de thérapeutique antigonococcique qui seraient usilés par les populations primitives de l'intérieur de la Régence.
Pour les uns le coït avec une négresse ou une ânesse serait particulièrement efficace (Thèse Lad- Jimi, Lyon, 1920). LT
D'autres ontrecours à une décoction de scorpions dans l’huile d'olive.
Quelques gouttes au méat assureraient la guérisOn. |