ESSAI SUR QUELQUES ZODIAQULS
murg en ruine des temples de V Egypte , et dans les bas-reliefs étonnans de Paien^ué en Amérique; et ces assertions, nous ne Les posons pas sans quelque certilude , puisque , depnis quinze ans et plus , nouis étudions à la fois tous ces nionumens si anciens , et à l'aide de livres, gui ieur sont contemporains , livresque, iusqu'àxe jour, l'Europe connaissait à peine de nom.
On comprend que nous voulons parler ici des livres conservés eu Chine, et dont la Société asiatique de Londres doit une si riche collection à l'illustre et savant traducteur du Code des MantchouX , Tun de ses honorables vices-présidens ^ il a bien voulu récemment augmenter de plusieurs ouvrages très-précieux le nombre de ceux que nous possédions dt'jà, et nous devons ici lui en adresser publiquement nos sincères rcmercimens Nous devons encore indiquer ici le savant secrétaire de la iSociété asiatique de Londres qui, avec une rare complaisance, * nous prêtant les ouvrages précieux qui lui appartiennent sur la GhiiâC, nous a mis à même d'établir les résultats que nous allons développer dans cet article. Nous discuterons en même tems les curieu;c zodiaques réuHis dans les Indes et à Ceylan par le préaident Jones et sir Alexandre Johnston^ et nous les comparerons à ceux de la Chaidée et de VÉgypte.
Yoici les importantes questions qui vont faire la matière de jios recherches:
Y a-t-il eu un seul zodiaque primitif, et par conséquent utt'seul centre de civilisation pour les hoinmes avant le déluge, ceotre conservé encore après cette grande catastrophe ? Quelles étaient les étoiles qui formaient principalement ce zodiaque antique ? Le zodiaque primitif a-t-il été lunaire ou solaire, c'est-à-dire divisé en *i8 ou en la constellations ? Les planètes , qui devinrent bientôt l'objet d'un culte , ont-elles oc- CBpé) dans le système astrologique qui en dériva, un seul domicile, c'est-à-dire tel ou tel signe du zodiaque une fois fixé, ou ont- elles varié de domicile, selon les différens peuples et les époques diverses ? Quelle origine plausible et naturelle peut* on assigner aux symboles actuels que nous employons pour indiquer, soit les planètes, soit tes 1 2 signes du zodiaque solaire ?
? Sir Georges Staunton^ baronnet, membre du parlement britanniqiifi et ancien résident suprême de Ea Ck>mpagnie des Indes à Canton,
APPOBTÉS DES IlfOES. ^
Ces signes u'ont-ils pas été leK mêmes chez tous les peuples et dans tous les tems, de même que de nos jours chez tous les peuples cou uus qui comptent par semaines, on voit les mêmes, planètes , et dans ie même ordre que chez nous 9 donner leurs nomsau:;^ mêmes jours delà semaine , de telle sorte que, par des calculs d^éclipses , établis à la fois pour les Indes et pour Paris , le célèbre géomètre Al. de Lapiace, a trouvé que le^'eu^t (dies Jovù), par exemple, élait^hez les Indiens et chez ies.phinois. eux-mêmes (dans leurs Éphémérides ) le jour de Juprter aussi bien que chez nous ; que le jour de la planète Vénus ou le vendrtdi lui succédait, etc. , etc. ? Quelle source encore peut-'On assigner au cycle usité dans toute la Haute- Asie, soit des 12 ann maux marquant les années solaires , soit des 28 animaux répon-* dant aux stations de la lune? Quels rapports enûn ont ces 1^diaques, ces j^8 stations de la lune avec le fabuleux Bouddha et ses a8 patriarches antiques supposés tous nés , comme loi, dan» rinde?
Telles sont les questions principales que nous nous proposons de, soulever dans ceniétnoirej et qui feront peut-être accorder quelque intérêt à cet écrit, bien que rédigé fort rapidement et au milieu de beaucoup d'autres travaux.
On sent, indépendamment des recherches qui se font actuellement sur le bouddhisme , quelles conséquences importantes on peut tirer de ces diverses questions astronomiques; car elles peuvent servir à résoudre les discussions qui ont lieu en ce moment sur Torigine unique ou multiple des premiers hommessur la terre.
Ainsi, dans un ouvrage dont il est surprenant quo i\I. le baron Cuvicr ait accepté la dédicace, et où nous avons Thou' neur d'être attaqué, le naturaliste M. Bori/ de Saint-Fincent, «litre autres idées fort singulières sur Thomme qu'il met audessous des plus vils animaux, prétend qu'il a existé primitivement au moins quinze races d'hommes diverses qu'il fait croître simultanément à peu près comme des champignons sur les principales chaînes de montagnes du globe ; et dans des ouvrages d'un autre ordre, M. le baron de Humùoldt semble établir que les divers centres de civilisation quMl place à Mé^ roé, à Bahyione^ en Bàctriane efdanglcs Indes ^ sont arrivés
6 ESSAI .««rR QVFLQl'ES ZODIAQUES
(chacun de ces centres de sciences suivant une marche distincte) à des résultats fort distincts et foft difTérens. < II n'en est cependant rien, et ces difTérences apparentes que prisentent par exemple les zodiaques des divers peuples , disparaissent pour peu que Ton approfondisse Torigine et la nature d^s signes divers de ces zodiaques.
Ce fut un exemple de ce genre que nous avons mis autrefois sous les yeux du docte M. Delamùre^ secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences j qui Tébranla singulièrement sur ces idées de civilisations diverses qu'il avait aussi partagées •: et comme les zodiaques rapportés des Indes par MM. Jones , Alex» Jolinstonel M. Raffles^ sont venus encore confirmer la force de nos premiers raisonnemens sur cet exemple cité à M. De^ ùimifre , nous prions Thonorablc Société royale asiatique de Londres de nous permettre de développer ici , avec quelques détails , cet exemple spéci aV,
De l'identité des idées ou des symboles attaches aux mêmes signes du
2^oilia(|ue chez tous les peuples.
Comme il serait trop long de traiter ici de tous les signes du zodiaque, nous allons en choisir un sur lequel porteront toutes nos recherches : ce signe est celui de la constellation des gé-^ meaux.
On sait que toute l'antiquité y a vu le symbole de Tamour et de Tamitié; on n'ignore pas que les Grecs y plaçaient les deux frères si tendrement unis, Castor el Pidlux : mais dans les zodiaques égyptiens, on voit dans ce signe, wnhomme^ et une femme X femme qui par fois, commc^à Danderah^ a une tête de singe ou de chat; et qui donne la main à cet homme t^n signe d'alliance et d'union : personnages déifiés ensuite, et où ftf. Champollîon crqt reconnaître le dieu Soou ou Hercule, et la déesse Tafnéj sa sœur et son épouse. Or il est remarquable que dans l'ancien zodiaque indien publié par le président Jo^ nés (Mémoires de Calcutta ), aussi bien que dans trois de ceux rapportés de Ceytan par sir Alexandre Johnston, ce soit éga-
* Cet article avait été composé pour être soumis à la Société Asiatique de Londres en i83i, et lui sera en effet adressé. •
▲PP0BTÉ3 DBS INDES: 7
lemeui un homme et une femme 9 assis ou debout, et se tenant par Je bras, qui répondent à -ce même signe des gémeaux y ce qui semblerait leur assigner une origine égyptienne |>lutôt que grecque. Dans les îles Caroline^ au contraire , beaucoup plus loin à. Test, Tidée grecque se retrouve, puisque les étoiles des gémeaux y portent le nom d*astres des deux amis^ comme on Ta constaté dans le voyage autour du monde du capilaîi^e Freycinet, Les peuples de ces îles lointaines, très-habiles dans la navigation , ont une boussole divisée en douze rumbs de vent comme en Chine, et donnent aux étoiles qui règlent leur navigation périlleuse des noms qu*il serait fort important de recueillir en totalité. Sur un zodiaque tiré d'un manuscrit javanais de Chériion , et publié par sir Stamforù Raffles dans son bel ouvrage sur/at*a^^ entre le Cancer bien reconnaîssable et le Taureau à quatre cornes un peu défiguré, on voit au lieu d'un iiotnme et d'une femme , ou de deux frères réunis , deux papilioiu à grandes ailes , peints de profil, et se cachant en partie Tun Tautre. Enfin dans les pianisphèrçs chinois , à cette constellation des gén^eaux et aux quatre étoilea des genoux, paraiièics aux quatre étoiles des pieds dans la sphère grecque , répond un astérisme qri offre celte figure tracée fort exactement dans le ciel par ces
huit étoiles, | | celte figure porte le nom hiéroglyphique
Tsing , 'H- nom désignant deux poutres croisées par deux
autres poutres 9 et soutenant les bords d'un puit^^ dont cette constellation a le nom en effet.
Il semble absurde , au premier abord , d^ vouloir établir que
*Nous avons rapporté de Londres, et donné à la Société asiatique de.France^ qui en a fait à peine mention , un plâtre moulé avec soin sous nos jeux à Londres, d'une de ces coupes de Java, ornées extérieurement d'un zodiaque, et appartenant au riche cabinet de la Société royale asiaiique de la Grande-Bretagne et d'Irlande, cabinet ou nous avons reçu, nous le déclarons avec plaisir, toute espèce de facilité pour nos travaux, aussi Lien q«rau B9itUk Mmeum^ et au riche cabinet de la maison de la Société des inâes
6^ ESSAI SCB QCGLQUEB ZOPUkQOSS
le* deuœ frères du zodiaque grec; cet homme ci celle femme, ou «M atnam des zodiaques égyptiens et indiens ; ces papittonê
du zodiaque de Java; ces poutres cusemi/tées en croix, Xy
du planisphère chinois, exprimcat également, sous des Kjrmboles si divers, tous la mâine idée. Copeudaut rien u'est plus réel. D'abord Plutarque lui-même , dant 4ea premières lignes de son Traité de i' Amitié Fraternelle, nous ap-prend qu'à Sparte, les Lacëdémouiens honoraient Cagtor et Pottux , leurs dieux lulélaires, sous la forme de deux pièces dt dois paraltèies \\ , jointes par deux autres pièces de bois en
travers =, et produisant ainsi soit le signe X-\- des Chinois, soit
le symbole 3E en abrégeant, symbole 3E ou H employé encore chaque iour, dans les Éphétnerides et les alm,anacka aeiuets de l'Europe, comme hiéroglyphe du signe des gémeaux.
De nos jours, comme primitivement, les Chinois, de même que les anciens Spartiates et que toute l'Europe moderne, employaient donc pour représenter la station du soleil, entre le taureau et te cancer, un seul et mâme symbole, le signe IC on H .VÉgypte elle-même, outre les figures de dieu et de déesse, données aux gémeaux célestes dans ses zodiaques , employait aussi ce symbole ai, dans le même sens ; car dans le grand zodiaque trouvé à Esné, oa du moins dans le plus complet, les gémeaux, hommes et femmes, ont sur leur tête cet astérisme peint , c'est-à-dire les 8 étoiles de. la constellation ,
Tsing itlfl de In Chine, telle que l'oiTrcut les planisphères
chloois du père Grimaidi, de M. Rééves, et les ouvrages les plus anciens d'astronomie chinoise. On remarque également dans ces ouvrages , que les 18 signes des stations de la lune n'y
t trent isolés, et détachés des autres consleUations nord et ., comme on peut le voir dans le San-Uay-lou, ou YEney-
opidie chinoise, existant à Paris et à Londres.
L'on sait, d'ailleurs, par les belles recherches de U. le doo-
ur Young, confirmées par son savant ami U. fVitkinsonf
▲PPOBTIS OB l'iJIDB. 5
dont on attend la retour prochain d'Egypte, et par M. Chafà" pùHion ie jeune , que dans tous les xnonumens égyptiens , le «yxD6ole yr 9 qui se prononce mai, ou mei^ et qui y est sans cesse employé, signifie toujours, aimé, chéri, aimant. On le trouve , par exemple , usité dans ce sens , dans le cartouche portant le nom pro(ire de Rhamsés ie grand , ( qu'on suppose être le Sé^ostris d'Hérodote), dans lequel au dessus du nom
Rhatnsés, ^ voit le titre ^<^r figure qui se traduit constam
ment par aimé ou chéri 3z (mei) d'Aman ou du Dieu »«^^*
Amxm ; de sorte qu'en Egypte comme à Sparte, comme chez nous, le signe Se, imitant exactement VaMéris^ne encore usiten Chine pour la constellation des gémeaux, ou des amis, de amans, était le symbole non seulement de cette constellation mais encore des idées d^amour- et à*unioii.
Mais si l'on nous accorde cette singulière coïncidence entre VEgypte, la Chine, là Grèce, et VEurope moderne elle-ménie, on voudra peut-être nous objecter ces papillons qui , à Java, avons-nous dit , sont i^image du signe des gémeaux , et semblent offrir une toute autre idée; rien cependant ne serait moins fondé.
£n effet, tous les peintres, tous les statuaires, encore de nos jourft^ nous représentent Psyché el V Amour , avec des papillons posés sur I3 front, ou avec des aiies de papillon; ils suivent en cela les anciennes idées égyptiennes. Ce feit est prouvé par le savant M. Reuvens qui, dans sa lettre, datée de Let/de, iS3o, et adressée à un littérateur de Paris, décrivant divers papyrus égyptiens, que possède en écriture bilingue le musée de Leyde, nous apprend, dans la traduction qu'il donne de Tun d*eux, que Vamour était invoqué et figuré en Egypte, sous la forme d'un enfant , avec un arc, des flèches , sept pommes de pin et un papillon; les Egyptiens représentaient donc famour sous la forme d'un papiUon ; il n'est donc pas étonnant que ce symbole remplace les deux amans dans le zodiaquCxde Java du manuscrit de Chérihon.
En agissant ainsi, les Javanais traduisaient l'antique hiéro-
iO ESSAI 8CB QUBIQVBS ZODIAQUES
glyphe usité jadis en Egypte et aux Indes 9 et encore de no**
jours en Chine et au Japon^ Thiéroglyphe $J'^( Sie^ nom di papUiofif en chinois ; formé de la clef >43 Tchong , celle des
insecteSf et du groupe ^ts^^ sie^ ou %ak m, qui signifie unir, ensemiie^ concordt^ et se compose du symbole /^/ /êu^ deux fois répété, du symbole "V yeou , des ma£n« jointes en signe </'a//îanoe, etde laclef des paroles m.
Toutes ces images, représentant, suivant les Chinois et les Japonais actuels, cette espèce de papiUons à ailes tachetées de feu, qui volUgeant toujours deux à deux 9 sans jamais se séparer^ ont été Temblème de deux amans unis par un anhour indissoiuMe-
De là, .dans les cérémonies du mariage, au Japon 9 ces paranympheSy ou ces amis et ces amies des deux époux ^ ornés d^aiies semblables à celles de ces papillons , nous dit M. Tittingh S dans ses travaux malheureusement incomplets encore , sur ce lointain pays, où se sont réfugiés tant de débris de r£gypte antique. De là à la Chine, ces coupes ornées de papillons de la même espèce, dans lesquelles, quand un mariage est célébré , un jeune homme appelé le papillon mâie, 'et une jeune fille , que Ton nomme le papillon femelle , versent aux nouveaux époux le zakhi j ou bière forte, vin de riz, qui forme la principale consécration des mariages chinois.
J[^es idées d'amour, ^union constante, de maria^e^ d^har^ monie se rattachent doue chez tous les peuples anciens et modernes et sur toute la terre, à cette constellation des gémeaux et au mois solaire qui y répond, et qui en français a conservé le nom copte lui-même Mai; nom déduit, nous le
' Voir Noces et ftméraiUes des Japonais, collection coloriée des peuples ^divers de M. NcV€U, libraire Passage 4es Panoramas.
ÀPPOâTÉSDBS INDES. il
savons 9 d'autres racines latines et plus modernes par certains auteurs^ mais qui d'après la généralité même de la démonstration ^ue Doiis venons d'établir, ne peut avoir été tiré que du nom égyptien, mai ou niei , amours aimer ; ce mois étant celui où toute la nature semble contracter un hymen universety et célébrer de nouvelles amours.
Il est même à remarquer que ce monosyllabe copte mei entre dans les principales langues , pour exprimer encore actuellement ces idées d'amour ou du^iion. Mihr , en ancien persan, suivant le docteur Hyde, signiHe amour; Mithra a le même sens en sanscrit; Amicus en latin et Ami en français, présentent la même idée. Cemonosyll(^bese retrouve même dans lechi-
nois moderne, langue où, mîeou, tW^ amis intimes , semble
primitif d'^mfcMJf, ayant pu se dire mikeou, miiceou tse. (Tse est une explétive ajoutée à une foule de noms et qui n'eu change pas le sens en chinois). Il entre même àans le nom que les t^tins ont donné au signe des gémeaux, qu'ils appellent Gemniet dans le nom indien Mithouna deçà même signe, qui signifie couple, Vamour supposant la dualité.
Formes, idées et sons , tout ici est donc identique; et quand certains zodiaques, comme un de ceux de Touvrage publié par M. Vpham' sur le houddhism,e^ offrent pour ce signe un hom,me jouant d'une sorte de guitare , ou dans les coupes zodiacales de Java, rapportées par M. Raffles et par sir Alex. Johnston^ une iijre à la place des gémeaux ; ces instrumens harmonieux peignent encore Yunion^ Vaccordy Vharm,onie de deux âmes , sous une autre forme.
Il n'est pas même jusqu^à Varc qui répond à ce signe dans le zodiaque lunaire des Indous^ publié par le président Jones, ou la flèche , qui est son symbole dans le zodiaque chaldéen , illustré par Hager y et qui se trouve sur la pierre ovoïde , rapportée des bords du Tigre et de la Chaldée par M. Michaux le naturaliste , pierre déposée au cabinet des médailles à Paris et dont la Société asiatique de Londres possède un plâtre fort curieux, qui ne rappelle ici Vamour sous un autre symbole univer&eliement connu. M. it^uvem, dans sa ^e/rre précédemment
in ESSAI SUR QCEE.QVE9 ZODUQVES
citée, nous assure que ce symbole était reçu en Egypte même.
Une coupe pouvait également être donnée comme symbol de Vamour ; elle se trouve en effet parmi les noms donnés à certaines des nombreuses étoil 3S des Gétneatix de la sphère des Chinois. Elle rappelle les coupes de vin présentées aux nouveattx époux dont nous avons parlé précédemment.
Les symboles pouvaient donc varier , puisque les dieux des gémeaux étaient ornés de tous ces attributs divers , mais tous ils exprimaient cette même idée d^amour / tous ils sortaient d'un même centre.de civilisation , et c'est là ce, que nous voulions principalement établir.
Nous pourrions faire la même chose pour plusieurs autres signes du zodiaque; et, dressant le tableau coniparatif des a8 consfeiliftions dhez tous les peuples qui ont eu un zodiaque lunaire et soîaire, montrer sur le scorpion par exemple, que les étoiles de son cœur et de sa queue chez tous les anciens peuples, furent appelées le cœur et la queue ; ce qui suppose ce signe du zodiaque sotaireprimitif, également usité chez tous les peuples de TAsie et puis ensuite coupé en deux ou trois parties , quand pos- 'térieuremeut on a établi le zodiaque îunaire divisé en 27 ou 2S stations, pour répondre à la révolution de la lune, qui a lieu en 37 ou iS jours. Nous pourrions faii*e voir que l^vasedu ver^ seau est aussi indiqué à la même place, et comme une coupe ou un vase^ chez tous les peuples, et montrer également dans tous les zodiaques connus, un poisson ou plusieurs poissons, pour les étoiles qui répondent à ce signe dans les zodiaques lunaires»
Nous pourrions enfin, si nous entrions dans la discussion approfondie des a8 constellations conservées dans la sphère si curieuse et si complète des Ckinois ,' montrer qu'avec un déplacement de 180**, les signes mêniesdu zodiaque des Grecs y sont encore figurés. En effet, Vépi de ta vierge^ qui estropposite à 180® environ de distance de la corne du télicry et se lève
quand il se couche^ et vice versa, est appelée ^^ hio ou la
eornef dans la sphère chinoise ; tandis que la tête du édiier des
Grecs y est nommée ^yf^léou , c'cst-à-dirc la femme ^C^
▲MPOikTBS I>B5 IHDBS. Il
qui porte sur la tête des gerbes ou des épis JA^" Nous établirions la même chose pour les signes du iton et du ver seau, opposés aussi de 1 80®. La eoupe ou le vase du verseau des Grecs
répoudent dans la sphère chinoise à la constellation Y^Sitsiéou
placée dans les étoiles $,'^^ et du^ùin^ c'est-à-dire à V étendard
% , de la coupe y ^ Isiéou, formée de vase rFtl et V''
eau; tandis que le iion ou le tigre du zodiaque grec 9 sere* trouva dans la sphère^ chinoise , placé iSo"" à Topposite, dans les étoiles a du petit cheval et ^ du verseau ; et y porte le nom
jitE ^® **^> ^^ ®^ ^®^* *® symbole J*^ hou y du tigre ou
du /{(m.
Mais ces discussions nous mèneraient beaucoup trop loin ; nous devons seulement remarquer que le déplacement de six signes ou de 180^ est très antique, puisque la constellation hiû^ par exemple , est indiquée dans le chou-king parmi les 'solstices et équinoxes établis par l'empereur YaOy sous lequel les Chinois mettent leur déluge ; solstices et équinoxes qui ont été calculés par le savant^strouome le père Gaiibil, pour Tan.aSoo environ avant notre ère. Cette constellation semble aussi citée dans les Fédas^ sous le nom de sravishtha ou de dhanishtha» pour une époque de 1845 ans avant Jésus-Christ, comme nous rétablirons ci-après.
Nous devons ajouter en outre que ce déplacement bien constaté réduit tout naturellement de i ^jçfio ans , cette antiquité exagérée de i5,ooo ans, que M. le baron Fourier^ d'après MM. Dupuiê et ^a^ne^ , voulait donner au zodiaque, et que soutiennent aussi MM. Jomard, Francœur et quelques autres.
Ces savans^ n'avaient pas voulu remarquer que, comptant par mois lunaires, les Indiens par exemple, de même que les Coptes, nomment tchitra, ou Vépi {('épi de ta vierge) , le mois oh le soleil est dans le bélier ou asouinij o'est-à-dire à six signes plus loin^ et qu*ils appellent criiica ou les pieyades, le
14 BSSAI SVB QUELQUES ZODIAQUES
mois où le soleil est dans le scorpion également à i8o« à Topposite.
C'est cett& erreur qui , leur faisant admettre une précession de sept signes dans le zodiaque , les obligeait à donner i5, lat) ans d'antiquité de plus aux monumens égyptiens.
Plutarque vient à Tappui de nos observations ^ lorsque, dans son traité d'hvt et d'Osiris, il nous apprend que les anciens Égyptiens honoraient alhyr ou le taureau pendant le xnoTs d'automne, tems oli le soleil était cependant dans le scorpion, signe qui lui est opposite. On voit donc comment cette transposition de signes , opérée dans l'antique sphère babylonienne et retrouvéechez les Chinois, a donné naissance à cette chronologie fausse que veulent établir pour rii.gypte «Élite ÉMMi iam km tgjpe ipr quelques savans, et comment une étude plus exacte en donne l'origine, et fait disparaître cette précession et cette antiquité de i5,ooo ans, imaginées par MM. Dupuis et Yolney; Leurs raîsonnemens s'évanouissent devant les faits que nous venons de constater.
Ainsi, outre les identités que nous avons établies ci-dessus entre les constellations des anciens Égyptiens et celles des Chinois^ nous trouvons encore ici que ces derniers peuples ont également connaissance de celles qui étaient usitées chez les Chaldéens et chez les Grecs , et nous en concluons encore qu'il n'a existé qu'un seul et même centre de connaissances et de civilisation pour tous ces peuples.
Mais nous devons signaler encore, en Egypte comme chez les
Mongols , un fait très-remarquable. Le planisphère de Dendera, atituellement placé dans une des salles de la bibliothèque du roi, à Patis % présente d'une manière très-évidente, les 1 a signes du zodiaque des Grecs ou. des Chaldéens^ tels que nous les employons encore actuellement ; tandis que les constellations extra-zodiacaies peuvent à peine se reconnaître, et n'ont pu être interprétées que par la comparaison approfondie que nous en avons faite avec la sphère de la Chine ^ en 1830 et i8ai.
* Voir la lithographie qui représente ce zodiaque dans notre, cahier de juillet dernier, numéro 37, page 80.
ÀPPO&TÉS ]>BS IIVDBS. 16
Ainsi, la constellation de Syrius, si remarquable, y est remplacée, dans la partie inférieure , par une femme gui tire de i'arc^eîpar un oiseau sur une 6ase^ figures que Ton ne voit nuK iement dans la sphère grecque , maifi que nous avons retrouvées exactement à la même place dans la sphère des Chinois^ qui d'ailleurs a conservé à la belle étoile de la tète à\x grand
ehietif dite syrius^ le nom de l'étoile y pi^ iang , ou du loup
doréf le chacai orientai.
Il semble, d'après cela, que les Égyptiens avaient reçu leurs constellations zodiacales et cellesdu nord et du sud situées autour du zodiaque, en des tems différens et de peuples divers; or la même chose se représente aussi dans la sphère actuelle des Mon-gots, telle qu'on peut la voir traduite dans les Mifies de i' Orient, par M. Abel Rémusat.
. Toutes les constellations extra-zodiacaies y portent en Mongol des noms qui sont la traduction exacte et complète des noms des mêmes constellations dans la sphère chinoise ; mais les 28 constellations luna|res, c^est-à-dire celies du zodiaque, déifiées, sans doute dès-lors par les Af(?n^o/«^ y gardent les noms qu'elles portent dans les Indes, et répondent d'ailleurs aux mêmes étoiles que le^ constellations des planisphères antiques des Chinois.
Nous avions signalé ce fait important dès 1821, au savant M. Déiambre j et nous nous en étions servi pour rectifier les assertions du président Jones, sur la date des colares indiqués dans les Pourana^ et dans les Védas , par le nom de certaines eonsteiiations indiennes.
Bien qu'il existe dans l'Inde des descriptions du ciel, énuinérant non seulemeut les astérismes du zodiaque, mais encore les constellations èxtra-zodiàcales nord et sud ; et bien que le président Jones lui-même, ait remis à M. Davis , (comme il le dit en plusieurs endroits de ses œuvres), une uranographic indienne de cette nature, jusqu'à ce jour, l'Europe savante ignore encore le nom de ces constellations indiennes extra-zodiacales et leur position précise , et np connaît guères que les noms des belles étoiles de canopus , et de syrius , ainsi que quelques autres du nord ; telles que la grande ourse ou chariot. ;
Cette ignorance laisse une lacune très-fàcheuse dans nos