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Essai sur Taine, son oeuvre et son influence

La premiére édition de ce livre a paru il y aura bien- ‘tétun an. Elle avait honneur de faire partie des Coltectanea Friburgensia. Elle était presque entiérement imprimée quand, de son propre mouvement, avec cette ‘ingénieuse bonté dont,- plus d’une fois déja, j’avais ‘éprouvé Vexquise et noble délicatesse, M™° Taine a bien voulu mettre 4 ma disposition les papiers inédits du grand écrivain qu’elle a recucillis dans cette hospitaliére maison de Menthon-Saint-Bernard qui a vu ‘naitre et grandir les Origines. La, parmi tous des chers souvenirs qu’a rassemblés la picté des siens, dans cette demeure familiale ol tout parle encore de lui, ‘aux bords enchanteurs de ce lac d’Annecy ou il aimait a reposer son regard, j’ai passé dans l’intimité du maitre quelques jours dont je garderai longtemps Ja, mémoire émue et reconnaissante. J’ai feuilleté ses carnets, jai eu entre les mains les notes qu’il accumulait sur tous sujets dans ses fécondes années d’Ecole normale, les’ programmes détaillés du cours de psychologie et de logique qu’il professait 4 Nevers, ses premiéres

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men de ces précieux papiers confirmait bien plus qu’il — ne démentait les conclusions de ma premiere enquéte,

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théses, ses manuscrits philosophiques, fee plans, les ey réflexions saisissantes qu’il jetait sur le papier, et qui sont comme le premier jet, bouillonnant et hardi, des Origines de la France contemporaine. Surtout, j'ai pu — ; lire presque en entier son admirable correspondance

avec sa famille et avec ses ‘amis. I] m’a paru que l’exa-

et, par exemple, il y a dans les chapitres que j’ai con-

~'sacrés au Logicien et au Podte telles ou telles vues,

- tels ou tels pressentiments que je me sentirais aujourbe a’ hui beaucoup plus autorisé 4 maintenir et a défendre.

- Néanmoins, il y avait, comme bien Von-pense, plus - d'une modification A apporter & mes premiers jugements, plus d’un point a.préciser, plus d’une nuance

4 ajouter pour rendre plus complete, plus exacte, ét,

sije puis dire, plus intérieure, la ressemblance du por-— trait que j’avais essayé de tracer. Ges retouches indis- :

pensables, je me suis appliqué, dans cette seconde édition, 4 les faire avec tout le soin, toute la conscience dont je me suis senti capable. J’ai été gracieusement

autorisé 4 exploiter et & citer largement les documents —

qui m/’avaient été communiqués; on m’a méme permis

de publier en appendice & mon travail quelques-unes © ~ des plus remarquables et des plus curieuses notes rela-

tives aux Origines dont je parlais tout 4 heure. J’ai— | fait beaucoup d’emprunts 4 ces inédits; j’aurais pu en.

faire davantage encore. Mais la confiance appelle la discrétion. Et il faut laisser 4 quide droit, je ne devais pas Voublier, le soin d’utiliser plus complétement, dans une vaste biographie intellectuelle et morale, tous

me aura vu 1 3 jour, on rocseenites mieux adie mn profonde, et lespéce de vénération tendre ques faisait eens tous ceux qui : ont bien connu.:

un alate: le ae ainable le plus noble: et Ie aay e dre des hommes, et, pour tout dire, un homme que . 4 me repens nullement d'avoir ny Aplas d'une reprise, 2 a proché de Pascal.

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Fribourg, aout 19601, : . rly a

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x Pe. -S. — Depuis que ces pages ont été écrites, la seule publica- ¢ tion vraiment essentielle dont se soit enrichie la « bibliographie » Fa a le Taine est celle de sa Correspondance (1902-1907). La lecture d ces quatre volumes et des études qu’ils ont provoquées m’a * bid i amené a préciser, 4 nuancer davantage quelques-unes des vues 19, que j’avais précédemment émises, et, sur un point fort impor- — Sis lant, a modifier mes premiéres conclusions, J’ai exposé cette ie jani¢re un peu nouvelle de concevoir le sujet que traite le pré- ba

t ouvrage dans un récent article de la Revue des Deux Mondes, — eG Personne et 'OEuvre de Taine, d’aprés sa Correspondance. Il +

‘a paru que Ja meilleure — et la plus loyale — fagon de retou- }

dans cette quatriéme édition, le portrait que j’avais esquissé, oila sept ou huit ans, était, tout simplement, de reproduire cet ‘ticle en appendice i a mon livre: le public verra mes contradic- ‘mes «repentirs », il les jugera ; et il me saura aré, jo Te, de ne pas les lui avoir trop habilement déguisés. oe

Novembre 1908. , eV iGy

1891, me trouvant alors 4l’Ecole normale, j’avais \ettre 4 exécution un projet vieux déja de plusieurs a ges, et, longuement, amoureusement, 7 ’avais étudié | s ceuvres de Taine. Un travail assez développé était rti dela, qu’un maitre extrémement distingué et qui " {toujours pour moi la bienveillance méme, M. Georges : Ae you; n’avait pas jugé trop indigne d’étre communi-

4 Taine lui-méme. On sait la proverbiale et accueil- — y hn de Taine pour les Jeunes gens en qui il ait trouver un peu de ce souci passionné de la vérité é qui restera, je crois, le plus beau trait de son

e i plus d’un titre, et que voici. Je n’en ai re- t ay. V .

shé qu'une phrase trop indulgente.

23, rue Cassette, g décembre 1891.

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Jai lu avec beaucoup d’intérét et de plaisic V’étude ma- i ee scrite que vous avez bien voulu m’envoyer. Le portrait ; flatté : ce n’est pas 4 moi de m’en plaindre. Je serais

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