‹ Essai sur terrains superficiels Vallée du PoChapitre 12 sur 14 · ER · texte numérisé non relu

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poule, et leur nature minéralogique est complètement différente de celle des cailloux du diluvium alpin. En effet, ce sont des cailloux de quartz jaunâtre carié, et quelquefois des porphyres. C’est dans cette assise que les travaux du chemin de fer de Turin à Gênes ont fait découvrir l’année dernière un squelette presque entier d'Eléphant (Mastodon angustidens), enfoui dañs une masse de sable et d'argile ‘. Plusieurs années auparavant on avait déterré, près de Ferrare, des molaires et des défenses appartenant à cinq ou six individus du même genre, avec des mâchoires de Rhinocéros, des dents d'Hippopotame et de Tapir mêlées avec des Hélices, des Paludines et des Clausilies.

Tous ces restes nous autorisent à considérer ce terrain comme une formation lacustre ou fluviatile. La dépression qu’embrassent les collines de Turin, du Montferrat et des Langhe, rappelle la forme d’un lac ou d’un golfe qui aurait baigné le pied de ces collines : des os de Pachydermes se seraient déposés et deS coquilles d’eau douce auraient vécu dans ses eaux. À mesure qu’on s'approche de la partie supérieure, les éléments géologiques de ce terrain diminuent de volume, et passent à une argile ocreuse contenant des rognons d’un calcaire grossier blanchâtre et friable, dans laquelle on n’a pas trouvé jusqu'ici de restes d'animaux tropicaux. Le tout recouvert de lehm qui s'étend au nord-est de la rive droite du Pô jusqu’au pied du versant méridional de la colline de Turin, et, à l’est, jusqu’à la ligne de partage des eaux du Pô et du Tanaro, constitue l’une des contrées du Piémont les plus productives en céréales. Ge lehm se continue avec celui dont les lambeaux couvrent la colline de Turin. | |

Jusqu'ici les alluvions du pliocène n’ont été découvertes que sur la rive droite du Pô; or, jusqu’à une certaine distance même en amont de Moncalieri, le diluvium alpin s'arrête sur la rive gauche de ce fleuve. Nous n’avons donc pu constater nulle part la superposition du diluvium alpin à l’alluvion pliocène ; mais ayant montré, d’un côté, que cette alluvion repose sur les couches pliocènes marines, et remarquant qu’elle est recouverte par le lehm; de l’autre, que le diluvium alpin est également supérieur aux couches pliocènes marines à Strambinello, Biella, etc., nous en inférons que cette alluvion à ossements est chronologiquement antérieure au diluvium alpin. En effet, si l’alluvion pliocène était supérieure au diluvium

ou s’affaisser sur elle-même, toutes les fois qu'on fait

1 Voyez sur ce sujet une Lettre de M. A. Sismonda, une coupe, ou qu'on ouvre une tranchée dans son épais-

dans Proceedings of the geologicai Society of London,

t. vi, p. 252; et Bulletin de la Société géologique de France, 2° série, t. vx, p. 49. — 1850.

Les alluvions du Pliocène, composées, comme nous venons de voir, de cailloux, de gravier, et d'argile mêlée à du sable, constituent dans leur ensemble une masse très- perméable : cette masse superposée aux marnes pliocènes, terrain compacte, calcarifère et impénétrable à Veau, doit naturellement glisser sur le plan de contact

seur. Telle est la cause des grands et dispendieux travaux que nécessita le tracé du chemin de fer dans ces terrains, le long du vallon de la Traversola. En voyant un parcours si étendu dans un terrain si peu solide par sa nature etpar son gisement, on se demande si les ingénieurs chargés des études préliminaires, ont bien examiné le sol qu'ils allaient traverser, avant d’entreprendre des travaux si coûteux et si peu apparents.

(38) alpin, elle serait visible dans la plame du P6, entre les dernières moraines et la colline de Turin, où le diluvium alpin est partout à découvert. On en aurait trouvé quelques lambeaux entre Caluso et Chivasso, Cavaglia et Crescentino, Rivoli et Turin. Jamais on n’a rien signalé de semblable.

L’alluvion pliocène serait-elle synchronique du diluvium alpin? Elle ne saurait l'être ; car, quoique très-rapprochée des Alpes, elle diffère complètement du diluvium par sa nature minéralogique, et elle contient un grand nombre de fossiles terrestres et fluviatiles, tandis que le diluvium alpin en est totalement dépourvu. Ajoutons que celui-ci s'élève vers les Alpes sous forme de lit de déjection, tandis que l’alluvion du pliocène occupe un niveau bien inférieur à celui de la plaine.

En Lombardie, M. F. de Filippi ‘ a trouvé des ossements de Mastodonte, de Bœuf et de Cerf gigantesque dans une couche de sable fin argileux inférieur à un lit de sable aurifère ; il considère ce lit comme la continuation de celui de la plaine du Pô, qui appartient au diluvium alpin. En Lombardie, l’alluvion à ossements est donc décidément au-dessous du diluvium alpin sans fossiles, et cette vue sera confirmée par le parallèle que nous allons établir entre lesterrains superficiels des deux côtés de la chaîne des Alpes.

Nous ne cherchons pas à prouver le synchronisme de l’alluvion pliocène du Pô avec celle de contrées plus éloignées. Nous ferons seulement remarquer l’analogie qu’elle présente par sa position relative dans la série des terrains, et par les ossements mammifères qu’elle renferme avec l’alluvion ancienne de la vallée de la Seine, où l’on a trouvé les débris des mêmes Pachydermes entremêlés tantôt de coquilles lacustres, tantôt de coquilles marines ?.

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