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tout quand on la contemple des environs d’Ivrée. MM. Studer ‘ et Guyot” sont les premiers qui l’aient considérée comme une moraine. D’Andrate elle s'étend dans la direction du sud-est; près de Zimone elle se bifurque : une branche se dévie vers Salluzzola, où elle se termine à l’Elvo; l’autre, plus courte, s’arrête à Notre-Dame d’Ansasco, où elle se confond avec la moraine frontale qui entoure le lac de Viverone. Sa plus grande hauteur à Andrate, où elle s’adosse aux Alpes, est de 650 mètres environ au-dessus du niveau de la Doire ; dans ce point, la crête de la Serra est aiguë et tranchante, surtout à sa Jonction avec la Colma (Fig. 2), qui forme le dernier contrefort des Alpes. Ses pentes sont roides, surtout en dedans, comme dans toutes les moraines. Une coupe dirigée du nord-est au sud-ouest, et passant par les mamelons dioritiques des environs de Chiaverano, Andrate et la crête de la moraine (Fig. 4), met sous les yeux du lecteur la forme caractéristique que nous venons de signaler. La Serra ne conserve pas cette forme dans toute sa longueur; à quelques centaines de mètres au-dessous d’Andrate, sa crète se bifurque ; elle se compose alors de deux collines courant parallèlement l’une à l’autre, et séparées par une vallée rectiligne très-longue et très-étroite. La figure 5 de la planche présente une coupe transversale du point dont nous venons de parler. À mesure qu’on s'éloigne d’Andrate, le nombre des collines parallèles augmente, et entre Bolengo et Zubiena on en compte cinq à six rangées (voyez fig. 3); au-delà se trouve la région appelée la Bessa, qui appartient au diluvium alpin, recouvert de terrain glaciaire éparpillé. Ce même diluvium forme, pour ainsi dire, le piédestal sur lequel s’élève la Serra. Le versant méridional de cette singulière colline est planté de vignes et d’arbres fruitiers; l’arête et les pentes opposées sont couvertes de châtaigniers : de vastes bruyères déguisent seules la nudité des parties complètement stériles.
Une éminence peu élevée mais fort régulière et rectiligne joint Chiaverano, Burolo et Bolengo (voyez la carte et les fig. 2 et 3); on l’appelle dans le pays la petite Serra. Cette colline paraît correspondre à celles des environs de Romano; elle indique un point d’arrêt dans la période de retrait du glacier.
En amont de Borgo-Franco, on observe une accumulation de blocs anguleux, épaisse de 20 à 30 mètres, qui s'élève, jusqu’à la hauteur de 200 à 300 mètres, le long des flancs de la montagne, entre Nomaglio et Andrate. Ces blocs sont formés d’un micaschiste à grandes lames de mica, et mêlés de sable, d'argile durcie (boue de glacier), et de fragments de toute srandeur. Le châtaignier, cet arbre caractéristique des anciennes moraines sur le revers méridional des Alpes, enfonce ses racines dans leurs interstices. Mais les habitants de Borgo-Franco ont encore utilisé ces accumulations d’une autre manière. L'air emprisonné entre ces blocs étant
‘ Lehrbuch der physikalischen Geographie, t. 1, (Bulletin de la Société des sciences naturelles de Neup. 237. — 1844. châtel, — Janvier 1847).
» Note sur la topographie des Alpes pennines.
(17) en été à une température plus basse que l’air extérieur, un vent froid s’échappe sans cesse de la base de ces amas. Aux endroits où ce courant d’air est le plus sensible, les propriétaires du pays ont construit des caves appelées Balmettes, dans lesquelles ils conservent leurs vins‘. Un de nous s’est assuré, le 12 juillet 1849, que la température de l’air libre étant de 28° centigrades, celle de la cave ne dépassait pas 7°,5.
Quoique le massif contre lequel ces blocs sont adossés soit un micaschiste de même apparence, il serait difficile de voir un éboulement dans cet entassement prodigieux de blocs entremêlés de lehm, et l’on ne sauraït conjecturer quelles sont les montagnes qui auraient pu fournir les matériaux d’un pareil éboulement. Il nous paraît plus naturel de considérer ce groupe comme fasant partie de la mo-
raine latérale gauche du glacier, d'autant plus que les blocs erratiques de la Serra
sont composés en grande partie du même micaschiste.
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