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Balmettes de —.
Le docteur Ruffino, médecin à Borgo-Franco, qui a bien voulu être notre guide dans ce pays, nous a fait observer que de l’autre côté de la Doire, près de Quassolo, on trouve une traînée de blocs correspondante à celle de Borgo-Franco. Il est bon de remarquer que ces deux moraines correspondent à un rétrécissement de la vallée, circonstance qui, sur les glaciers actuels, favorise toujours ce genre d’accumulations.
Moraine terminale latérale droite ou colline de Brosso. — Ce village est situé en face et à la même hauteur que celui d’Andrate. Comme lui, il est placé sur la moraine, près du point où elle s'appuie contre le dernier contrefort des .Alpes (voyez fig. 6). C’est le pendant de la Serra, dont cette colline reproduit la forme. Son bord supérieur est une longue ligne oblique qui descend en s’abaissant uniformément jusqu’à Strambinello. Le torrent de la Chiusella la sépare de la
"Voyez sur ce sujet un mémoire de M. F. Keller, natürlichen Eisqrotten in den Schweizer Alpen. — intitulé : Pemerkungen über die Wetterloecher und 1839. à
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moraine frontale. Cette séparation devait exister originairement, car ce point est le seul où un cours d’eau pénètre dans l'enceinte des collines morainiques qui entourent Ivrée. En effet, la, vallée de la Chiusella était occupée par un petit glacier qui s’engageait comme un coin dans celui d'Aoste, et a ainsi préparé la voie au torrent qui lui a succédé. La Viona, au contraire, sortant d'un ravin, arrive perpendiculairement sur la Serra, dont elle affouille constamment la base sans avoir pu jusqu'ici la couper. Nous ne dirons rien de plus de la colline de Brosso, car elle n’est à peu de chose près que la répétition de la Serra.
Moraine frontale. — Elle forme un arc tres-cenvexe, dont la Chiusella et le lac de Viverone sont les extrémités (voyez la carte). C’est un système de mamelons et de collines allongées à pente plus forte en dehors qu’en dedans, contrairement à ce que nous avons remarqué dans les moraines latérales. Les points culminants sont : la Madonna d’Aglié, 330 mètres au-dessus de la Doire; le chäteau de Montalenghe, celui de Orio, la tour de Candia, et Mazzé (159 mètres)".
Comme dans la moraine de Rivoli, ces barrages ont amené la formation de lacs et d’étangs, parmi lesquels on distingue ceux de Viverone, de Candia, de Berti-
gnano, de Moncrivello, et les tourbières de San-Giovanni et d'Alice, qui ne sont que des étangs desséchés, dans lesquels on trouve des troncs d’arbres souvent parfaitement conservés. Il existe même une ancienne tradition consignée dans le: Annales du XIV" siècle, suivant laquelle toute la contrée circonscrite par les moraines du glacier de la vallée d’Aoste aurait formé un vaste lac. Comme les moraines de Réoli: celles-ci reposent sur le diluvium alpin, superposé lui-même aux
sables RÉ marins de la vallée du P6.
Nous avons déjà fait connaître l’origine et les affluents du grand glacier de la
vallée d'Aoste. Evidemment ceux de la rive
gauche, provenant du Grand-Saint-
Bernard, du Mont-Cervin et du Mont-Rose, étaient beaucoup plus puissants et chargés d’un plus grand nombre de débris que ceux de la rive droite. Ainsi, en débouchant de la vallée d'Aoste, la moitié du glacier qui correspondait aux affluents du Mont-Rose devait porter de nombreuses moraines. La réunion de ces moraines constitue la Serra, et tout le système de collines qui environne le lac de Viverone. Quelques-unes d’entre elles occupaient le milieu de la surface du gla-
‘ Nous devons la communication de ces mesures et de plusieurs autres à l'obligeance du général Muletti, chef de l'état-major de l’armée sarde.
2: Voici la citation que Jacopo Durando fait de ces Annales dans son histoire de Verceil : « Azarius, dans son livre De bello Canepiciano, écrit en 1363 (Rer. ltal. script., tom. xvi), dit : Âuif autem uno tempore ab Hipporegià (Ivrée) civitate inferius, tota vallis 1lla in montibus interclusa, lacu magno universam 1llam planitiem comprehendente, occupata. Quæ Duria, lacu
mixta, exibat subtus Mazadium (Mazzé) et procedens BRondizonum ubi die hodiernâ vadum arenosum habet et non supra, durante C'anepicio..…. et ist die hodiernä manifesta apparent, quum in comitatu Maxini sint parietes ipsius porti lacäs, constituti lapidibus et calce et annuli ferrei in ipsé pariete muri, firmati sint. Et etiam similes parietes sunt supra ripam locorum Viveronti et Piveroni districts Vercellarum a parte meridiei et cum annulis ferreis in quibus naves dicti lacüs, homines et alia transeuntes ligabant.
(19) ” cier : tel est le groupe compris entre Azeglio et Albiano, ainsi que celui qui s’étend de Tina à Borgo-Masino. Le glacier de la vallée d'Aoste avait donc des moraires médianes, comme le prouve, du reste, la continuité de sa moraine frontale ; mais la puissance de la moraine latérale gauche l’emportait sur celle de la latérale droite, car la colline de Brosso n’a ni la largeur, ni la longueur, ni la hauteur de la Serra. C’est ainsi que la moitié droite de la mer de glace de Ghamonix est chargée des débris qui lui sont amenés successivement par les glaciers du Géant, du Tacul, de Lechaud et de Talèfre, tandis que la rive gauche n’en présente qu’une seule qui longe les rochers encaissants.
Terrain glaciaire éparpillé, ou moraine profonde et superficielle réunies.
Ce terrain forme une zône étroite tout autour de la moraine terminale, et s’étend en particulier sur toute la région connue sous le nom de la Bessa, où le glacier a déposé de nombreux blocs erratiques; mais comme cette région a été remaniée par les travaux entrepris Jadis pour la recherche de Por, les blocs les plus volumineux sont les seuls qui n’aient pas complétement disparu sous les remblais de cailloux extraits des galeries d'exploitation. On voit au ravin du torrent de Boriana, qui descend de la tourbière de San-Giovanni, que le terrain glaciaire éparpillé supporte la moraine superficielle, et se confond lui-même avec le diluvium alpin qui repose inférieurement sur le pliocène marin. Cette zône est cependant moins étendue qu’autour des moraines du glacier de la vallée de Suse.
Nous avons déjà parlé du massif dioritique sur lequel est bâtie la ville d’Ivrée. Les mamelons qui le composent sont séparés par de petits lacs et de petites flaques d’eau pluviale souvent desséchées pendant l'été. Une coupe traversant un de ces petits bassins, sur le trajet de la route d’Ivrée à Aoste, a permis de reconnaître que leur lit se compose d’un sable argileux durci, ordinairement en masse, ou irréoulièrement divisé par des couches horizontales ou inclinées. Ce sable est entremêlé de fragments de roches différentes de celles qui entourent le petit bassin, et la puissance de ce terrain meuble est trop grande pour qu'on puisse admettre qu’il a été entraîné par des eaux pluviales. C’est évidemment de la boue et du sable de glacier mêlés de cailloux erratiques, et accumulés dans ces dépressions par les ruisseaux qui coulaient sous la glace. Les glaciers actuels présentent ce phénomène en petit aux géologues assez curieux pour pénétrer dans leurs profondeurs. ; e
Blocs erratiques. — On les trouve.semés en nombre immense sur les moraines et dans les dépressions intermédiaires qui les séparent ; mais leur volume est moins considérable que celui des blocs de la moraine de Rivoli. Ceux-ci, formés de roches serpentineuses et amphiboliques, se sont détachés en. masses plus considérables que les micaschistes de la vallée d'Aoste. Les plus volumineux se trouvent
sur la Serra et la colline de Brosso. Ils sont souvent placés dans des positions d’équilibre instable, suspendus sur des pentes roides, élevés sur des piédestaux naturels, et placés dans des positions telles qu’elles excluent toute idée d’un transport violent par les eaux, qui les eussent précipités dans le fond de la vallée. Un grand nombre d’entre eux ont été exploités, car la civilisation est fort ancienne dans ce pays ; les Romains y formèrent des établissements considérables, et lvrée (Hipporegia) était à cette époque une ville importante : l'on a même trouvé des antiquités romaines à Aglié, et jusque sur la côte de la Serra.
Caillou rayé serpentineux de la moraine d’Ivrée, trouvé pres de Candia.
Cailloux rayés. -— Assez rares sur les moraires latérales, surtout à leur sommet, ils sont communs sur la moraine frontale : les hauteurs de Cuceglio, Montalenghe, Orio, Barone, Candia, en sont littéralement couvertes. Nous en avons mis plusieurs sous les yeux de la Société géologique : ce sont des cailloux serpentineux descendus des parties supérieures de la vallée d'Aoste. On en rencontre qui méritent même le nom de blocs striés : tel est celui qui se trouve près du moulin de Boriana, aux environs de la tourbière de San-Giovanni , il présente plusieurs mètres carrés de surface polie et rayée. Le bois ci-dessus représente un de ces cailloux qui nous a paru remarquable par ses raies entrecroisées, ses angles, les uns aigus, les autres arrondis par le frottement; et ses surfaces dont l’une est lisse et l’autre raboteuse.
Parallele entre l'ancien glacier de la vallée d'Aoste et l’ancien glacier du Rhône.
Le glacier de la vallée d'Aoste était le plus grand de tous ceux qui débouchaient dans la plaine du P6 ; il forme le pendant du glacier du Rhône, le plus puissant de ceux qui s’étendaient entre les Alpes et le Jura. Tous deux procèdent à la fois du Mont-Blanc et du Mont-Rose; mais le premier, celui de la vallée d’Aoste, provient du Mont-Blanc et recoit les affluents du Mont-Rose, du Mont-Cervin et des môntagnes de Cogne; le second descend du Mont-Rose, et reçoit les affluents du Saint-Gothard, du Mont-Cervin, du Mont-Blanc et des Alpes bernoises. Un simple coup-d’œil jeté sur une carte montre que le glacier du Rhône, issu des quatre massifs les plus élevés des Alpes, le Mont-Rose, le Saint-Gothard, les Alpes bernoïses et le Mont-Blanc, devait être plus étendu et plus puissant que celui de la vallée d'Aoste. L'observation vérifie cette induction. Dans la plaine
(21) suisse, à l’époque de sa plus grande extension, le glacier du Rhône couvrait tout l'intervalle compris entre les Alpes et le Jura, depuis le fort l’Ecluse jusqu'à Zofingen*, sur une longueur de 20 myriamètres, tandis que, dans la plaine du P6, la plus grande largeur du glacier de la vallée d'Aoste, entre Strambinello et Saluzzola, n’excède pas 27 kilomètres.
Une autre différence distingue les anciens glaciers du revers septentrional de ceux du revers méridional des Alpes. Les premiers rencontraient à l’issue des vallées d’autres glaciers considérables qui gênaient leur expansion. Au mont de Sion, entre Genève et Annecy, le glacier du Rhône venait, pour ainsi dire, se heurter contre celui de l’Isère et de l’Arve?; à son autre extrémité il recevait ceux de l’Aar et de la Reuss. Tous ces glaciers monstrueux pressés entre les Alpes et le Jura se comprimaient, se déformaient mutuellement, et ne rappelaient plus la forme des glaciers actuels qui descendent dans les vallées habitées. Le bassm suisse était comparable, à cette époque, aux grands réservoirs de glaciers, tels que la partie supérieure de la mer de glace de Chamonix vue du Couvercle, ou des glaciers du Mont-Rose que l’œil embrasse des sommets du Riffel. — En Piémont rien de semblable. Les glaciers, et en particulier celui de la vallée d'Aoste, s’étendaient librement dans la plaine sans se gêner mutuellement : aussi leurs moraines terminales ont-elles la forme circulaire de celles des glaciers actuels, tels que celui du Rhône, des Bossons, des Bois, de la Brenva, etc. Il résulte de toutes ces circonstances que l’étude du terrain glaciaire est infiniment plus facile dans la plaine du Pô que dans le bassin suisse. Les géologues ont commencé par la région la plus compliquée, et il a fallu toute la sagacité et la persévérance de MM. de Charpeutier et Guyot pour distinguer ces mers de glace, au moyen des roches erratiques de nature diverse qu’elles avaient laissées sur le sol. En Piémont, un semblable travail offrait beaucoup moins de difficultés, puisque les moraines terminales de chaque glacier sont séparées comme celles des glacieïs qui descendent dans la vallée de Chamonix, et que ces moraines ont conservé cette forme si caractéristique de digues concentriques semi-circulaires qui les distingue de toutes les autres accumulations des terrains de transport. Par la grandeur de ses proportions et la symétrie de son relief, la moraime de l’ancien glacier du val d’Aoste est à la fois la plus imposante par’son aspect et la plus évidente par sa structure de toutes celles qui environnent les Alpes.
Nous ne pousserons pas plus loin ce parallèle; il nous suffit d’avoir montré que le glacier du val d'Aoste est réellement le pendant de celui de la vallée du Rhône.
: Voyez A. Guyot, Note sur la distribution des es- M. Guyot, et l’article intitulé : De l’ancienne extension pèces de roches dans le bassin erratique du Rhône. des glaciers de Chamonix, depuis les Alpes jusqu'au (Bulletin de la Société des sciences naturelles de Neu- Jura, publié par l’un de nous dans la Æevue des Deuxchâtel, 1845). Mondes, mars 1847, et dans Charpentier, Æssat sur
2 Voyez, à ce sujet, le Mémoire déjà cité de les glaciers, la carte du glacier du Rhône.
Remarques sur l'origine aqueuse ou glaciaire du terrain de transport superficiel des environs d'Ivrée.
Après les détails que nous avons donnés, peu de géologues (nous l’espérons du moins), conserveront des doutes sur l’origine des dépôts et des collines des environs d’Ivrée. Cependant si l’hypothèse de grands courants diluviens, par lesquels on cherchait à expliquer jadis ces formations, avait encore quelques partisans, nous les prions de vouloir bien arrêter quelques instants leur attention sur les difficultés que nous allons leur soumettre.
Qu'ils se transportent en imagination ou en souvenir à Ivrée. Un cercle de collines les entoure; ces collines ont la disposition et la forme des moraines actuelles ; elles se composent, comme elles, de sable, de boue, de fragments de toute sorte mêlés confusément; elles supportent de gigantesques blocs erratiques à angles aisus et à arétes tranchantes, et sont couvertes de cailloux rayés. Les roches encaissantes présentent des surfaces moutonnées polies et striées jusqu’à 600 metres de hauteur. En remontant la vallée vers le glacier de la Brenva, au pied du Mont-Blanc, le géologue retrouve autour de ce glacier les moraines circulaires, les cailloux rayés, les roches polies et striées, ainsi que les blocs erratiques, en un mot, l’ensemble des phénomènes qu’il a observés au débouché de la vallée. Tout est identique, sauf la dimension des moraines.
Au lieu de conclure qu'un ancien glacier disparu a laissé autour d’Ivrée les traces que nous retrouvons autour de tous les glaciers actuels, quelques auteurs expliquent encore ces phénomènes par l’action d’un torrent houeux doué d'une srande vitesse.
Il est facile de montrer que ce torrent idéal aurait eu le pouvoir de faire ce que ne font jamais les torrents boueux actuels, et de ne rien faire de ce qu'ils font journellement. En effet :
1° Un torrent ne s’arrête pas au milieu d’une plaine où rien ne s'oppose à sa marche, pour se construire à lui-même une digue circulaire de 300 à 600 metres de haut. |
3 Un torrent, loin de rayer les cailloux qu’il roule avec lui, efface les raies de ceux qui en ont.
3° Un torrent ne burine jamais de stries rectilignes parallèles entre elles, horizontales quand la vallée est large, ascendantes lorsqu'elle se rétrécit.
& Enfin, un torrent, quelque boueux qu’on le suppose, ne transportera pas à la distance de 50 et même de 80 kilomètres des blocs de roches cristallines ayant parfois 15 mètres de long, sans émousser leurs angles ni arrondir leurs arêtes. Les plus élevés de ces blocs étant déposés quelquefois à 500 ou 600 mètres au-dessus du {ond de la vallée, il faut supposer que ces blocs ont ragé à la surface de ce torrent
pendant 50 à 80 kilomètres , hypothèse contraire aux lois physiques et mathématiques de la pesanteur spécifique des corps solides. D'ailleurs comment admettre que de pareils torrents boueux, coulant pendant le temps nécessaire pour charrier ces milliers de blocs, n’aient pas comblé les vallées qu’ils remplissaient.
Nous venons de voir ce qu’un torrent ne peut pas faire, examinons ce que font les torrents actuels les plus puissants, les plus impétueux; ce qu'ont fait les débâcles de la vallée de Bagnes, de l’Oetzthal, de la Dent du Midi, et même les
torrents diluviens que l’on invoque.
1° Ils s'étendent dans la plaine en éventail, et y déposent un lit de déjection
‘ayant la forme d’un delta incliné ou d’une surface conique dont le sommet est au
débouché de la vallée, et dont la base se confond avec la plaine.
3 Tous les matériaux qu’ils ont roulés sont arrondis, lisses, non rayés, et d’une orosseur qui ne dépasse pas quelques mètres de diamètre.
3° Les roches en place sur lesquelles le torrent a passé ne sont pas moutonnées, mais creusées de cavités conoïdes, lisses, Jamais striées.
& C’est au fond et non à la surface que les gros blocs sont charriés ; s’ils paraissent quelquefois nager à la surface, c’est qu’un bloc glissant sur les cailloux qui roulent au fond du torrent fait souvent saillie au-dessus de l’eau, et semble ainsi nager à sa surface. M. de Charpentier l’a constaté à la débäcle de la Dent du Midi.
5’ Enfin on demande d’où proviendraient les masses d’eau qui, pendant des centaines d'années, auraient dû alimenter sur tout le pourtour des Alpes des torrents de 400 à 700 mètres de profondeur ; car plusieurs siècles ne sont pas de trop pour le transport des millions de blocs qui couvrent la Suisse et le Piémont.
Pour expliquer l’ancienne extension des glaciers, un changement de température suffit : actuellement encore ils avancent chaque fois que l'été est froid ou l’hiver neigeux ; ils reculent quand l'hiver a été sec ou que l’été est chaud.
Voilà les motifs principaux qui ont décidé les nombreux partisans de l’ancienne extension des glaciers à rejeter l’hypothèse des courants. Entre un glacier qui produit sous leurs yeux tous les effets qu’il s’agit d'expliquer et un torrent qui n’en produit aucun, ils n’ont pas hésité ; ils ont choisi le glacier.
Nous n’entrerons point dans de plus grands détails sur le terrain glaciaire des environs de Turin. Qu'il nous suffise de dire que dans toutes les vallées du revers méridional des Alpes on trouve des traces de l’ancienne extension des glaciers. Quand la vallée n’est pas longue, ni dominée par des sommets élevés, l’ancien glacier ne débouchait pas dans la plaine, et s’arrêtait avant d’y parvenir; mais toutes les grandes vallées aboutissant à la chaîne centrale étaient occupées par des glaciers qui s’épanouissaient au pied des Alpes. L’un de nous a décrit * le glacier qui,
1 Bulletin de la Société géologique de France, 2° série, t. tn, p. 120. — 1845.
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descendant du Mont-Rose, comblait le val Anzasca, et a poussé ses dernières moraines à l'extrémité du lac Majeur, qui leur doit son origine. Les lacs d’Orta, de Varese, de Commabio, de Monate et de Garde, etc., sont également barrés par des moraines frontales.
Il nous serait très-facile de continuer ce parallèle entre les anciens glaciers des deux versants de la chaîne des Alpes, entre celui de la vallée de Suse et celui de la Maurienne; celui du val Anzasca et celui de la vallée de Saas, en Valais ; on verrait que des deux côtés des Alpes les phénomènes et leur cause sont identiques. Mais les anciens glaciers du versant septentrional ayant été déjà parfaitement étudiés par les géologues suisses, nous nous contenterons de renvoyer aux écrits de MM. Venetz, de Charpentier, Agassiz, Guyot, Studer, A. Escher de la Linth, Desor, Favre, Hogard et Blanchet, et à l’article que l’un de nous a publié, il y a quelques années, sur ce sujet‘. Passons à l'étude du terrain glaciaire de la colline de Turin.