‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 152 sur 446 · II-vi LA NATURE · texte numérisé non relu

II-vi LA NATURE

Sotheby et Wilkinson. Cette pièce sans égale devint la propriété de Ruskin 1%,

La science enseigna à Gray la nature organisée; les voyages déployèrent devant lui la nature pittoresque.

Cet âge bourgeois, industriel et citadin vit se développer rapidement le voyage national 1f1, On avait commencé par les villes d eaux, Epsom, Tunbridge, Bath, Bristol, cohues mondaines. On S aventure maintenant vers le Nord, à Harrogate, à Scarborough. La saison estivale ramène le fortuné en sa résidence champêtre — manoir ancestral, villa ou « ferme ornée ». On afflue à la mer. Après Scarborough, transition, avec ses sources et sa plage tce fut Brighthelmstone et Brighton; puis Margate, Ramsgate et la côte du Kent; Southampton, Exmouth, Weymouth et leurs voi- Sines. Les « villages à la mode », Hove, Worthing, Eastbourne, se multiplient. On se risqua plus tardivement vers les montagnes; mais bien avant la fin du siècle on disait le lac de Windermere «aussi fréquenté que les bords de la Tamise » 162.

Cependant de plus graves voyageurs parcouraient le pays, inquisiteurs et descriptifs, chacun à sa manière 16%. Au premier rang, les naturalistes émules de Ray et de Willughby : un Alexandre Pennicuik, un Thomas Pennant. Les antiquaires, les archéologues du type de William Stukeley les accompagnent. Certains mènent de front les deux études : Sir John Cullum, Richard Gough, Israel Lyons 154 Derrière eux marchent les agronomes : tels John Brand, et plus tard Arthur Voung 1%. Defoe avait popularisé un genre déjà ancien en écrivant un Tour qui s’inspirait du guide topographique, de l'inventaire économique et de l’étude de mœurs 156. Il fut suivi par l’amateur de « villes, d'usines et de mines » 1°; par le voyageur moralisant, qui observait les hommes; par Johnson lui-même, se traînant sur sa canne à travers les Hébrides 168, Plus isolés, plus ignorés, les peintres et les graveurs en

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