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IIT-i GRAY AU TRAVAIL 189
voit les classiques, des plus connus aux plus obscurs; du de Officis, donné par l’oncle William à l’écolier d'Eton, aux savantes éditions de Francfort, d'Amsterdam ou de Leyde. Voici les grammairiens, les rhéteurs, les sophistes; les lexiques de Suidas et d'Hésychius; les traités de Rhodomann; les recueils, les éloges, les corpus d’orateurs et de petits poètes. La Renaissance est représentée par les Ficins et les Scaligers, les Krasmes et les Gronovius. Commentateurs, érudits, antiquaires, numismates français, italiens, hollandais, allemands y disputent plus loin la place aux Anglais. Ce sont les livres d'histoire de toutes les nations, depuis les chroniqueurs du moyen âge, les Florentins et les annalistes arabes, jusqu’à Sepulveda, Mézeray et Thomas Carte; les livres de géographie ou de voyages, itinéraires, routiers, mémoires de diplomates en Italie, en Russie, en Perse, récits de missionnaires dans l’Inde, en Tartarie ou au Pérou; les ouvrages d’antiquités septentrionales, les livres sur l’art, l’archéologie, la généalogie; les livres sévères des jurisconsultes, Panciroli, Hotman, Puffendorf, Heineccius; les livres curieux, l'Ambassadeur de Wicquefort, l’Hisioire des Séverambes « par M. Vairas, d’Allais en Languedoc », ou l'Art de vivre longtemps de Louis Cornaro.
Il se renseigne avidement sur la production du jour. On le voit dans la boutique de Nourse ?4. Il se fait envoyer le Polymehs ou la Nouvelle Héloïse de Londres, par Walpole %. À peine le temps de remercier Chute du Louis XI de Duclos, qu’il en a déjà vu la moitié 25, Qu'il s'agisse des Epîtres de Pope ou des poésies de Frédéric II, de l’Estimate de Brown ou de l'Esprit des Lois, il lit ces œuvres dès qu’elles paraissent 27. En quelques jours, il « épuise » les deux premiers tomes de l'Encyclopédie et fait demander chez Dodsley quand viendront les deux suivants ?$. Il s’informe auprès de tous les libraires des Comptes rendus de La Chalctais; sedéclare « dénué de tout » pour avoir à attendre les Glaciers de la Suisse 29. « J'ai le livre! » dit-il au bout d’un mois, triomphant %°. Il souscrit aux grandes publications 51. I1 ne consulte pas seulement les périodiques. anglais, mais le Mercure historique, les Mémoires de l’Académie des Inscriptions, de l’Académie des Sciences, de l’Académie de Berlin, les Acta Eyruditorum de Leipzig %?. Et de tout cela, il se plaît à envoyer à Mason, à Wharton, à Nicholls, en même temps que ses avis, d’abondantes impressions % : « Voilà, je crois, toutes les nouveautés dignes d’être mentionnées » #4. Il est aux écoutes de l’Europe qui travaille et qui écrit.