‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 176 sur 446 · TI, II 24. 32. TL, I 221; CH 142, 144; WM IL · texte numérisé non relu

TI, II 24. 32. TL, I 221; CH 142, 144; WM IL

33. Ex. : TL I 197-200, 221-2, 225-7, 296-7; II 136-8; III 38, 103, 227. 34. TL I 200.

Toutes les bibliothèques de Cambridge le connaissent. Il empruntait des livres à Pembroke avant d'y résider #5, et Mr. Pigot lui disputait l'honneur de signer les demandes d'ouvrages dans les tavernes 3%. Le voici occupé à « recueillir tout ce qu'il peut », allant « s’ensevelir dans la poussière », à Emmanuel, à Saint John's, à Caius, à la bibliothèque de l’Université #7. Il sait où trouver l’exemplaire unique ou le manuscrit; quels « vieux livres anglais » possède Trinity; ce que renferme le catalogue de a Bibliothèque Royale, et que tout document sur la poésie provençale est un «article » introuvable en Angleterre %5.

I1 fut parmi les premiers lecteurs du Musée Britannique; Île premier vraiment sérieux sans doute, marchant en tête des innombrables cohortes studieuses %°. Trois mois après l'ouverture de Montagu House, il se félicitait d’avoir découvert ce « trésor » 4. I1 franchissait l’obscur vestibule, qu’ornait un squelette de baleine, et pénétrait dans la salle exiguë, meublée d’une table de chêne et de vingt chaises, où trônait le Dr. Templeman #. Là, « dans le calme et la solitude » de la période estivale, ou en la seule compagnie de trois copistes et de l’antiquaire Stukeley, qui venait « débiter ses balivernes et ses nouvelles de café », il se « plongeait jusqu'aux oreilles » dans les richesses « encore ignorées » des collections Sloane et Harley 4. C'était son « domaine favori », son « seul amusement » 4, Il y « vivait », occupé à « transcrire des volumes d’antiquités » ‘4.

Que fait-il, penché sur son livre? « Il savait par expérience tout ce que peut accomplir un homme qui ne consacre pas inutilement son temps aux auteurs médiocres ou inférieurs, et qui lit avec méthode » 45. Sa lecture est choisie et attentive. Il travaille la plume à la main. Il encombre ses marges de remarques et de signes; écrit sur les figures et les cartes 4. Son Linné interfolié n’est pas une exception. On connaît aussi son Milton et son édition Etienne de l’ Anthologie, pareillement garnis de notes critiques et de pas-

35. Renseignement fourni par le Dr. Minns, bibliothécaire du collège de Pembroke, d’après les registres.

36. AB Ixvi-vii. 37: CIOIIST33, 147,140, 787, 103: 1180: 38. TF'ror; CT IL 195, 225.

39. On connaît les débuts du Musée Britannique. En 1753, le gouvernement acheta, avec des fonds votés par le Parlement, la riche collection de livres, manuscrits, œuvres d’art de Sir Hans Sloane (DNB, lii, 370), et la fit déposer dans Montague House (sur l’emplacement de l’édifice actuel). A cette collection s’ajoutèrent bientôt la bibliothèque de Robert Harley, comte d'Oxford (DNB, xxiv, 399), la bibliothèque du fameux antiquaire Sir Robert Bruce Cotton (DNB, xii, 308), et les collections royales, données par George II, qui comprenaient, outre de nombreux volumes et documents, les livres de l’archevêque Cranmer et ceux du grand érudit Casaubon. Montague House ouvrit officiellement ses portes au public le 15 janvier 1759. (Voir TL, II 83, n. 1 et GL r41-3).

40. TI, II 83. 41: GI, 142: 42. TL, II 95, 105, 104. 43. TL, II 95, 100. AA TT ET OZ, 45. TL, II 284. 46. Cf. Catalogue de 1851, sup., n. 22.

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sages parallèles 4. A la veille de la publication des Anecdotes de la peinture, i dit à Walpole : « Que mon exemplaire ne soit pas Cousu, où au moins pas relié. J'ai l'intention de le faire interfolier » #. On a vu passer dans les ventes publiques des cahiers de lui, rédigés en lisant ; des notes sur les auteurs grecs, sur le Musæum Tialicum de Mabillon, sur la Bibliotheca Græca de Fabricius, sur les voyages de Pococke et de Shaw; des transcriptions de Voltaire, des copies de chansons françaises, des extraits du Journal des Sçavans 4.

Ses Commonplace Books offrent le plus remarquable vestige de ce zèle 5. Ce sont trois volumes identiques, formés chacun de cinq mains de grand papier de la qualité la plus belle. On ouvre, et on aperçoit d’abord la calligraphie d’un adolescent appliqué. Les lettres se rapetissent bientôt. Toujours parfaitement régulières, elles se font plus cursives. Aux dernières pages, c’est l'écriture réduite et menue de l’homme vieillissant. Toute une existence est là, sous la forme d’un registre et avec un désir de durée.

On connaît le principe. Vous lisez. Un morceau de poésie vous enthousiasine; une description vous frappe, un renseignement curieux où une pensée morale exprimée sous une forme définitive. Vous l’inscrivez à la première page, sous un titre approprié. Plus tard, au cours de vos lectures, vous ajouterez à la suite un morceau du même genre, sur le même sujet. Les pages suivantes seront consacrées à toutes autres matières qui vous intéressent. Dès qu’une page sera remplie, vous en reporterez le titre à la première des pages encore blanches. Un index judicieux vous guidera dans ce musée. Vous composerez ainsi, avec les années, une anthologie dont vous aurez choisi la moindre fleur parmi vos préférées. Et nous y retrouverons votre image.

Gray doit à Locke cette idée 51. Point par point, et avec un soin incroyable, il observe ses directives. Tout est aligné, presque sans rature. Les titres, les renvois, les répertoires honoreraient le plus scrupuleux des comptables Ici, les noms propres sont mis en évidence à l’encre rouge 52. Là, le texte s'accompagne de croquis,

47. MM IV 141; WM II 94. Pour le Milton, le Catalogue de 1851 dit : « Interleaved throughout. Abundance of passages from Scriptures and ancient and modern authors — notes similitude of thought and expression. Quotes chiefly : Homer, Theocritus, Thucydides, Diodorus Siculus, Plato, Aeschylus, Sophocles, Euripides, Theodectes, Virgil, Horace, Laücretius, Cicero, Claudian, Statius, Dante, Petrarch, Chaucer, Gawin Douglas, Spenser, Shakespeare, Ben Jonson, etc. » (N° 92).

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