‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 200 sur 446 · WM II · texte numérisé non relu

WM II

214 L'ACTIVITÉ INTELLECTUELLE III-ii

ouest. Conservant dans l’œil le grossier quadrilatère de montagnes tracé par les Grecs au-dessous d’une Caspienne démesurément aplatie, Gray place là une Arie écrasée et donne à son assemblage un centre difforme 112, Circonstance aggravante, il croit corriger Ptolémée : « I/Arius ne communique pas avec le lac Arien » 115, Sans doute. Mais, prenant la branche orientale de l’Arius pour un affluent de l’'Erymanthe, et figurant ces deux cours d’eau comme descendant parallèlement d’un Paropamise rectiligne orienté du nord au sud, il place un lac Arius dérisoirement schématique à quelques milles au sud d'Alexandrie d’Arie, où, selon lui, naîtrait d'autre part la branche septentrionale de l’Arius. C’est comme si, entendant le nom d’Arie à la fois dans son sens précis et dans l'acception vague adoptée par certains anciens 14, et prenant comme pivot la source de l’Erymanthe, il avait fait tourner la Drangiane dans l’Arie jusqu’à superposer des lieux distants de plus de quatre cents kilomètres. Inutile d'exposer, même sommairement, les conséquences de sa méprise.

Plus importante que ces ignorances, pour le juge de son esprit, est, sous le semblant de rigoureuses déductions, son inaptitude à coordonner. La géographie historique connaît le problème des deux Ochus. Gray l’aborde de front 15. En groupant maints détails incorporés en plusieurs places, on retrouve dans son texte les données essentielles sur l’hydrographie du pays. Il sait le caractère irrégulier des eaux, absorbées tantôt par les sables, tantôt par l'irrigation agricole 116, I] connaît l’histoire de l’ Amou- Daria, détourné au seizième siècle de la Caspienne vers la mer d’Aral 117. Inutilement. Au lieu de chercher l’Ochus d’Artémidore parmi les eaux qui sillonnent le Nord de la Parthie, il l’identifie avec le Tedjend et cherche l’autre à l’est 118. Ici se greffe un raisonnement, où se bousculent les contradictions des anciens et des modernes, sur la position de Bactres. Il en ressort que Bactres est Zariaspe et le Zariaspis la rivière de Bactres. Puisque le Zariaspis est la rivière de Bactres; puisque, dans son erreur, Ptolémée a placé Bactres à 3 degrés à l’est du Zariaspis; puisqu'on ne trouve aucune rivière vers l’ouest avant le Mourghab, l’Ochus de Ptolémée est un fleuve imaginaire 1%, La géographie n'accepte pas ces fantaisies dialectiques.

Elles occupent cependant la moitié d’un essai dont l’autre moitié est remplie par une localisation de Drapsaca d’après le récit de l'expédition d'Alexandre, où Alexandrie d’Arachosie est

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