Ibid. 246. CH 182. 247. CH
248. CH 183. On n'hésite pas à attribuer aujourd’hui aux Gallois l’invention du contrepoint. Cf. Combarieu, 0. c. sup. II v n. 1, I, pp. 151-4 (par « anglais », l’auteur entend gallois).
249. CH 182, 184. Dans la traduction anglaise de l’Everyman’s Library, Londres, 1908, les passages de Gérald cités par Gray se trouvent aux pp. 164, 173-4, 174-5, 172, 169.
2H0-1CEDET70; 2772.
234 L'ACTIVITÉ INTELLECTUELLE III-ii celle-là, il allait chanter à voix basse en ses appartements lorsqu'elle en exprimait le désir ! 251 ,
Non moins attentives, les recherches historiques et philologiques de l'essai retiendront moins le lecteur d'aujourd'hui. Muni du Dictionnaire de John Davies, et peut-être de l’ Archéologie de Lhuyd, Gray confronte ici des mots gallois, anglo-saxons et normands 2. I1 rassemble avec soin des détails empruntés à la Chronique et confirmés par les antiquaires, pour établir les rapports entre les Celtes et les Saxons pendant l’obscure période antérieure à la Conquête #3, Il s'interroge longuement sur la personnalité de Geoffroy de Monmouth et sur l'authenticité de son œuvre : problème ardu que, trompé par Carte — lui-même illusionné par Davies —— il pense définitivement résolu 251 Le même sens des rapports historiques et de l’unité diverse des faits anime ces illusoires démonstrations. L'ensemble est atrophié par une préoccupation secondaire et quasi stérile : au milieu de tant d'efforts et de la mise en œuvre de tant de connaissances, Gray est obsédé par l’insoluble question de la rime.
A ce mot surgissent des siècles d’âpres controverses : les sévères Observations de Campion et les dédaigneuses formules gravées par Milton au seuil du Paradis Perdu furent aussi catégoriques dans le blâme que Daniel, Dryden, Bysshe ou Addison le furent dans l'éloge 255, Ici, Gray songe moins aux mérites de la rime qu’au secret de son origine. Sir Philip Sidney, qui prévoyait les interminables discussions et avait, en quelques paroles sensées, restitué leur dû aux modes métriques opposés, considérait la « quantité » comme propre à la poésie ancienne, et la rime comme caractéristique des vers modernes 56. Sir William Temple, après un coup d'œil jeté sur l’histoire, considérait la rime comme un produit « runique », « gothique » et « barbare » 257. Voilà les deux piliers sur lesquels la philclogie édifiera ses constructions sagaces et fragiles.
Gray s’est rarement documenté avec autant de soin. Il a ras-
251. CH 185-8. John Aubrey était un antiquaire du XVII® s. (DNB ii, 244) dont les travaux figurent dans la Bibliotheca Britannica de Tanner (0. c. swp. n. 162).
252. D’après la n. 30 de l'essai (CH 199), on voit que Gray s’est servi de John Davies, Antique Linguæ Britannice Dictionarium Duplex, 1632. Mais il devait connaître aussi Edward Lhuyd, Aychæologia Britannica, 1707. On remarquera des erreurs : Hwch, par exemple, répond à sow et non à hog (CH 196).