‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 232 sur 446 · On trouvera cette bibliographie dans CH · texte numérisé non relu

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238 L'ACTIVITÉ INTELLECTUELLE JII-ii

le dire. Aborda-t-il l'étude de la langue? C’est peu probable ?°#. On peut penser que s’il avait sérieusement repris ces questions, il aurait continué l’article Got. De moins en moins disposé à un effort soutenu, il établit seulement un programme de traductions de poèmes « gothiques » pour son Introduction #4. Avec quelques fragments anglo-saxons empruntés à Hickes, ce programme comprend sept morceaux scandinaves. I/Edda y est représenté par le Vegtams Kvitha et des passages du Voluspa et de l'Havamal. Parmi les poèmes insérés dans les sagas, Gray adoptait l’inévitable Chant de Regner, la Complainte d'Harald, le Chant funèbre d'Hakon et le Chant des Valkyries. Le Dialogue d'Hervor et d'Angantyr terminait la liste. Le choix des poèmes, l’ordre dans lequel ils figurent, l'orthographe des noms propres sont éloquents 2%. Que, sur les indications de Mallet, Gray ait consulté les versions latines des traducteurs du dix-septième siècle, point de doute. Que, lorsqu'il passa aux réalisations, il ait emprunté à Bartholin la Descente d'Odin, dont Mallet ne publiait que le début, et que, pour les Sœurs Fatales, il ait comparé Torfaeus à Bartholin, ses notes le témoignent ?6, Mallet n’en fut pas moins son guide principal. Ii le suivit docilement et ne chercha guère à le dépasser.

En 1750, Gray vit à Londres. Après un hiver inactif, il fréquente le Musée Britannique. « Porté à l’histoire plus qu'à la poésie », il songe pourtant à reprendre « peut-être », si on « l’encourage », ses « vieux amis Iydgate et Occleve, dont les œuvres sont ici en abondance » 247, Voilà l’aveu d’une longue négligence et d’un attiédissement. L/an d’après, une nouvelle flamme s’éveilla, cette fois du côté celtique. Au Pays de Galles, Evan Evans préparait un ouvrage sur les bardes ?8, Dans des circonstances inconnues, Gray avait rencontré Daines Barrington. Juge à l’'Inner Temple, celui-ci est périodiquement appelé par ses fonctions aux assises de Carnarvon. Il revient cette fois avec le manuscrit de la

283. La question a été longuement discutée. Voir l'étude de G. I,. Kittredge, dans Phelps, Selections, 0. c. sup. I i n. 3, pp. xli-l; Farley, o. c. sup. n. 192, p. 35, n. 2; TP 230. En ce qui concerne les ouvrages connus de Gray, la bibliographie du Commonpl. Bk. (cf. CH 166) est concluante. Pour ce qui est de la langue, il est probable que Gray suivait tant bien que mal le texte avec la traduction latine. Cela ne signifie pas qu’il comprenait le vieux scandinave. Dans la note du Commonpl. Bk. sur le « Chant des Valkyries » (cf. CH 147), imparfaitement reproduite par Mason et les éditeurs suivants (cf. AM 0), Gray copie les trois premiers vers de l'original, mais lettre par lettre, exactement comme les citations galloises de l’article Cambri, et à la manière de quelqu'un qui ne connaît pas es mots qu’il écrit. Au quatrième vers, fatigué d’un effort superflu, il se ravise, met à Ja ligne : « dont voici une traduction littérale en latin », et transcrit la version de Torfaeus.

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