‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 250 sur 446 · TL, III 343. 388. TL, III · texte numérisé non relu

TL, III 343. 388. TL, III

250 L'ACTIVITÉ INTELLECTUELLE III-ii

semblait un entassement barbare dont Batty Langley attribuait les incohérences aux Danois, et où l’abbaye de Westminster passait pour l’église même d’Edouard le Confesseur ***, l’évolution architecturale se dessinait en lignes fermes dans l'esprit de Gray. Il percevait dans la cathédrale l’œuvre composite de plusieurs générations. Discernant la marque de chacune d’entre elles, il y déchiffrait aussi la succession de toutes.

Certes, le mot « gothique », sans répondre en art à la même définition qu’en philologie ou en histoire ethnique, désignait-1l pour lui toute architecture médiévale, y compris la forteresse normande %%, Simple question verbale; car, en fait, il distingue bien le roman du gothique, date justement le passage de l’un à l’autre vers 1216, et insiste plus justement encore sur le caractère progressif de la transition, sur la transformation continue du style ogival 31, Quant à son essai sur l'architecture romane *?, somme clairement raisonnée de mille faits épars, il domine et dépasse d'emblée le savoir archéologique du moment.

Les origines, d’abord. Gray ne soupçonne pas l’art anglo-saxon, découverte toute moderne 3%%%, Malgré l’analogie entre la flèche et le minaret, il nie l'apport byzantin. Du moins a-t-il sa raison : « Qui vit jamais une coupole gothique? » 54 Pouvait-il concevoir une parenté entre Saint-Marc et les églises romanes, en n'ayant sous les yeux que des couvertures en charpente? 5% Et qui lui tiendra rigueur de telles fautes en regard de sa grande affirmation perspicace? Des données de l’observation et de l’histoire, il conclut hardiment que l'architecture occidentale est issue de l’art romain en décadence. Une seconde fois, il ose dire à l’ignorant préjugé que le « gothique » n’est pas barbare.

Les caractéristiques du roman, qu’il appelle « vieux normand », se classent avec une surprenante précision :

19 Arc en plein cintre. Le plein cintre se retrouve dans les portails, les fenêtres et la voûte des collatéraux. Des exemples d’arcs brisés, cependant 5%, en particulier dans les arcatures aveugles.

29 Piliers massifs. La hauteur est faible par rapport au diamètre, et l'absence de galbe accentue l'impression. Les architectes s’ef-

forcent de dissimuler ce défaut par diverses dispositions de saillies et de colonnettes 3°7,

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