‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 251 sur 446 · TI, TI · texte numérisé non relu

TI, TI

395. TL, I 251. 11 admet cependant l’analogie entre la flèche et le minaret, TL, I 252. 396. Gray cite justement comme exemple la tour ouest d'Ely (1174-89).

397- Gray ne semble pas percevoir la relation entre la coupe du pilier et celle de l’arcade qu’il supporte, et croit que les saillies sont ajoutées.

Ii LA RÉSURRECTION DU PASSÉ 251

3° Chapiteau lourd et grossier. Malgré la grande variété des formes, corbeilles d’une silhouette souvent géométrique. Décoration aux motifs nombreux, mais bizarres; « imitation maladroite » de l’acanthe.

4° Impossibilité de couvrir de voûtes les grandes nefs, par inhabileté technique. :

5° L’ornementation, comme le décor des chapiteaux, variée, mais surtout géométrique, et d’une exécution primitive. La sculpture est rare.

On a jugé ce tableau avec plus de sévérité que de compréhension %%, Gray ignore tout problème de mécanique : voilà plutôt son erreur. Il voit dans l’église une masse, non pas un équilibre de poussées. Les contreforts lui semblent des ornements. Interprétant de même les membrures de la voûte sur ogives, il ignorera la vraie possibilité du gothique proprement dit5%, Mais il a regardé les formes; et tout en considérant le roman comme un art romain « dégénéré », il en a cherché la valeur propre 4%. Il en a trouvé la « principale grâce » dans la ligne verticale des colonnes engagées, dont l’élan fier et sûr s'élève au ciel de la nef #1, Il en a dit le plus sensé des éloges, le plus sensible à la grandeur, au contraste, à l'effort vers l'éternité : « Ces énormes édifices ne réclament pas seulement la vénération due à leur grande antiquité, mais, bien que largement surpassés en beauté par les édifices des trois siècles suivants, ils ont une vraie majesté rude. Celle-ci résulte de la hauteur de leur nef, des ombres de leurs bas-côtés, de l’énormité de leurs membres, qui semblent calculés pour une longue durée » 42.

Et si le roman est inférieur, c’est à sa forme évoluée plutôt qu'à un type classique. Cette forme évoluée porte l'empreinte nationale. Salisbury ou Lincoln, c’est l’âme pieuse de l’Angleterre. On regrette que Gray ait abandonné là son analyse. À quelques phrases dispersées, on devine son sentiment, et comment il se représentait toute l’histoire. « Rien de plus beau, dans le style grandiose et simple, que la nef de la cathédrale d’Vork » 4%. Jusqu'à Henry III, les caractères romans subsistent, avec quelques perfectionnements isolés tels que la nef de l’abbaye de Fountains 4%, Alors, la cathédrale s’élance : « Tout d’un coup viennent les grands arcs lancéolés, les sveltes piliers à colonnettes, les chapiteaux de feuilles retournées, les baldaquins et les voûtes ouvragées, la profusion des statues, tout ce qui constitue le bon style gothique. À l'extérieur, les arcs-boutants deviennent plus minces

398. Basil Champneys (GW I 301-2), et C. $S. Northup, Essays, 0. c. Sup. n. 170, pp. xlii-xliv.

Page 1