Cf. inf., p. 307. 46. Cf. sup. n. 36. 47. TL, II
48. CT II 90-1 (1748). 49. CT II 95-8. 50. The Spleen, 144. 51. Ainsi que le soutient Bysshe (Cf. Saintsbury, o. c. sup. II vi n. 197, p. 160).
ration, la critique salue Shakespeare avec une patriotique unanimité 52, Dryden « admire » Ben Jonson, « aime » Shakespeare; devant Shakespeare, Pope renonce à Aristote 5. C’est plutôt ce qu'on apprécie en lui qui importe. En général, on condamne la forme en louant la puissance; un génie déchaîné, certes, mais un génie. Nos jeunes gens se pénètrent de ses pièces. Les réminiscences shakespeariennes balancent, dans leur correspondance, les citations classiques 54, Leurs opinions diffèrent. West répète les idées de Pope : reconnaissons les traits étonnants de vérité, la peinture des caractères 55, Gray, on le verra, faisait écho à Dryden en louant aussi ses images 56, Sur Spenser, en vogue depuis l'édition de John Hughes 5’, aucun jugement de valeur. On les voit seulement « ravis et esmerveillés » du médiocre pastiche que Gilbert West publia en 1739 5. Mais pouvaient-ils négliger le plus illustre des poètes de Pembroke?
Depuis la Restauration, il sied aux orthodoxes d'admettre la majesté de Milton, de blâmer son irrégularité. Sa « perpétuelle rugosité », dit Dryden; et Johnson répète « sa déplaisante rugosité » 5, Par son humanisme et par son inspiration, Milton est tout près des anciens; de l’idylle et de l'épopée; de Virgile et d'Homère : on lui applique rigoureusement les règles 5. Son esprit se diffuse subtilement dans les phrases de la « Quadruple Alliance ». Il représente la poésie lyrique, au même titre que Pindare; et, comme Homère, le « génie étonnant et sublime » 1. Gray et West s’accordent à repousser les griefs de Dryden, le « mot vieilli » et le vers « rugueux »%, Celui-là enrichit la langue et ennoblit l’épopée; celui-ci est synonyme de pittoresque et de musique, de perfection ‘3, I1 y a donc une manière plus belle, et plus juste, de continuer les anciens. Milton apparaît dans la lignée prestigieuse des poètes épiques, avec cette supériorité sur le Tasse de n'avoir donné à son diable « ni cornes, ni queue » #, Milton a fait mouvoir les figures gigantesques, chanté le même poème que les coupoles de Rome,
52. Seul Rymer, dans son aveuglement doctrinaire, le jugeait inepte (Cf. Saintsbury 1bid., p. 135).
53. Dryden, Essays, o. c. sup. II v n. 1, I, pp. 82-3, et Saintsbury, p. 187.
5440 18,-29,160, 125 1etC.