‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 327 sur 446 · IV-ii AUTEUR MALGRÉ LUI · texte numérisé non relu

IV-ii AUTEUR MALGRÉ LUI

de finesse. Beattie écrivit encore, avec une offre : il voudrait diriger une édition des poèmes de Gray, dont se chargent les frères Foulis, typographes renommés de Glasgow. Gray proteste; explique que Dodsley prépare justement une édition à Londres, et que Foulis ne Couvrira pas ses frais; accorde pourtant, de grand cœur, son autorisation; envoie même les pièces inédites dont il avait laissé le privilège à Dodsley 145, Beattie exécuta de sa main toutes les transcriptions nécessaires, et ce fut « fort beau » 1#. La dernière circonstance qui rapprocha les deux hommes se présenta en 1770, au moment où Beattie publiait son Essai sur la Vérité. Le 1eT mai, il en adresse un exemplaire à Gray. Il joint à son envoi le plan du Ménétrier, qu’il s’occupe à écrire, et, « en manière de spécimen », dix-sept strophes du premier livre du poème 15°, Deux mois passèrent. Gray s’excusa d’un retard imputable à sa mauvaise santé. Sans avoir lu bien attentivement l’Essa, il applaudit à cette victoire remportée sur Hume 51, Quant aux échantillons poétiques, il les trouve excellents et prometteurs. Il en corrige le style et la versification 2. Il en critique la donnée, pensant en luimême que l’œuvre aurait dû ressembler davantage à son Barde 153, En mars 1771, ce premier livre fut imprimé. Gray écrivit — et ce fut le dernier contact — une longue lettre de critiques de détail 54, dont Beattie ne tint que médiocrement compte dans une seconde édition 1%. L'action de Gray sur Beattie est d’un autre ordre, et relève des problèmes généraux d’influences. Le rôle de Beattie dans la carrière de Gray se réduit à une flatteuse démonstration : alors que sa grande tâche était achevée, Gray vit croître en cet admirateur sa descendance littéraire.

Du strict point de vue de la littérature, quel est même Île bilan des rapports de Gray avec Walpole et Mason? Nous avons assisté aux heurts des trois orgueils, que tempère la supériorité assurée de soi, et finalement reconnue, de Gray 156. Certes, Gray doit à Wailpole d’avoir été publié. Sans intermédiaire auprès de Dodsley, sans la communication indiscrète de l’Elégie manuscrite, sans le crayon de Bentley ni le mécénat de Strawberry Hill, pas un vers de Gray n'aurait peut-être vu la lumière. L'exemple de Walpole

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