En 1774. Cf. éd. Aldine, xxxvii et li
156. Cf. MW IV 216 et Correspondance Hurd-Mason, o. c. sup. II iii n. 117, p. 107.
340 LE POÈTE IV-ii
« gothicisant », voyageur, critique d'art, contribua peut-être à l'enthousiasme archéologique de la fin; mais aucune œuvre viable n’en sortit. Par les relations et les recherches qui aboutirent à son Elfrida, chronologiquement antérieure 17 à tout autre signe, Mason ouvrit à Gray des perspectives sur le passé national. Indirectement, Gray doit à Mason, avec de longues heures d’attachantes études, le sujet de ses odes pindariques. Toute autre action a été jugée négligeable 158.
Car ce ne sont là que chocs infimes de causes fortuites. Dans quelque sens qu’on l’attire, Gray reste toujours lui-même et affirme son ascendant. De son acceptation même naît la réaction qui le distingue. Devant Walpole, il dresse son érudition, sa méthode historique précise. Son gothique est le vrai, celui de Walpole Île faux 15. Il salue d’un sarcasme l’œuvre sensationnelle sur la préparation de laquelle on ne l’a pas consulté, et se dévoue pour la documentation des Anecdotes, parce que Walpole vient cette fois agenouiller devant lui sa frivole ignorance 1%. Pour Mason, Gray fut le maître de l'information sûre et adéquate, l'arbitre du dosage judicieux, le redresseur des fautes de goût et des hérésies de langage. Mason resta pour Grayl’élève qui nesut jamais se borner, jamais écrire, ni jamais penser; qui ne composa en somme qu'une seule œuvre acceptable, cette tragédie de Caractacus, à l’élaboration de laquelle Gray lui-même avait si largement participé 11.
Son cercle est composé d'inférieurs qu'il protège. Il lui plaît de les guider dans la bonne voie, de faire leur œuvre un peu son œuvre 152, de se venger par l'esprit de la supériorité de classe de l’un, de l’ambition, de l’activité, des succès professionnels de l’autre. Dans sa vieillesse, Mason dira à Hurd : « S'il m'avait été supérieur (soyez certain que j'entends seulement au point de vue des biens temporels et de la situation sociale, car à tout autre égard j'ai toujours senti, et je sentirai toujours, mon infériorité), notre amitié n'aurait pas duré comme elle a duré » 15%. Mason ne se doutait pas à quel point sa parole était vraie. A l'affût de leurs défauts, il trouvait sa plus grande joie à guetter les erreurs de leur plume : « Envoyez votre élégie; ma houe est aiguisée » 14, Mason en profita. Walpole ne se départit jamais du sourire que de Florence il échangeaïit en secret avec Ashton. Il ironisait sur le sublime de ses odes, et sur sa lenteur à écrire 165.
157. Terminée et publiée en 1752. Gray fut étranger à l'initiative de sa composition CPACRETIETO6"