Le vers 110, par exemple, dans le ms. d’Eton
221. CT II 104. Cf. TP 158 pour les quatre lectures différentes du vers 102 (92). 222.00 OGr74.
223. Lettre inédite à Bedingfeld, 29 avril 1756 (cf. sup. II iv n. 4).
224 1337: 225. Monthly Review, sept. 1757, p. 239.
346 LE POÈTE IV-i
la renommée populaire que l’officielle couronne de lauriers. « J'aurais été heureux si vous et deux ou trois autres personnes aviez aimé mes strophes. Mon ambition eût été amplement satisfaite » ?%*. Ce fut le paradoxe de sa timidité d'auteur que d’oser la suprême hardiesse. Avant de révéler son Progrès, il annonçait déjà, moqueur, une « ode pindarique sur échasses, dont il faudra être plus savant que Dodsley pour comprendre une ligne, et dont les plus grands savants ne comprendront que très peu çà et 1à »227. On lui demanda des explications, des notes. Il se drapa superbement : « Si on ne peut pas comprendre sans notes, il vaut mieux qu'on ne comprenne pas du tout » ?%. Sa victoire sur le lecteur augmenta en proportion des reproches. Il se félicita de ce que « les Xuveroi soient encore plus rares» qu’il n'avait pensé ??#. Il interrogea l'opinion du Nord de l'Angleterre, le Sud étant «trop occupé et trop difficile pour se tracasser d’une œuvre sans esprit (wf) » 2%. II s'amusa de ce que « tous les gens de condition s’accordassent à ne pas admirer, et même à ne pas comprendre » #1, Il se moqua du Pair qui, dans son Barde, reconnaissait Charles Ier et Cromwell, de la dame qui ne devinait pas qu’il s'agissait de Shakespeare et de Milton, du professeur de grec qui confondait la lyre éolienne et la harpe d’Eole : « Personne ne me comprend, je suis parfaitement satisfait » #2, Mais Miss Speed l'avait compris, qui allait répétant « à ceux qui ne comprenaient pas : puwvavra cuveroioiv » 255, Algarotti comprenait; et puisqu'il n'avait voulu « parler qu'aux intelligents », il triomphait d'atteindre en cet homme « l'oreille et l’entendement.…. d’un des meilleurs juges de l’Europe » #4 Il proclamait sa fierté : « Mon désir, et la seule récompense que je demande en écrivant, c’est de procurer un peu de plaisir à quelques gens sensés et distingués. Je dis quelques, parce qu’il n’y en a que peu. S'ils étaient plus nombreux, je voudrais leur plaire à tous, sans craindre pour cela qu’on me reproche de trop désirer la gloire » #5. I] aurait voulu que le monde entier fût assez avisé pour se prosterner devant lui. |
Composer en se fixant de telles ambitions devenait une tâche écrasante, et même un drame, puisque sa grande force était sa grande faiblesse. Il raisonnera son inspiration comme sa précaire santé, épiant, analysant ses dispositions à écrire. « La Muse est partie, et m'a laissé en bien pire compagnie » #6, La rédaction du