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362 LE POÈTE IV-ii des Mèdes et des Perses » #5. I1 écoute le battement régulier, qui est pour lui le mode nécessaire de toute expression artistique, une exigence physiologique. Devançant la démonstration de Joshua Steele, il soutenait que « la prose, tout comme la poésie, devait avoir son rythme » #57, Il y tenait; sans étroitesse d’ailleurs, ne critiquant pas Donne, par exemple, au nom de la métrique de Waller, mais conjecturant seulement qu'il cherchait une mesure satirique %%, Le rythme normal du vers anglais sera iambique. De licence, « il n’en est permis qu'au début d’un vers long, où nous employons quelquefois un trochée. Dans les vers courts, ce même pied plus librement »3%%. Le pied trisyllabique n'est pas banni, mais ne sera employé qu'exceptionnellement, en suivant l'exemple de Spenser et de Milton %%. Les vers courants seront les octosyllabes et les décasyllabes. Pour varier, les genres lyriques les entreméleront de mesures plus courtes 561,
Fidèle à son esprit, ce programme de modération proteste en revanche contre le balancement, persuasif peut-être, mais non plus musical, de la césure uniforme recommandée par Puttenham et employée par Pope 32. Précédant encore des théoriciens tels que Daniel Webb 35%, Gray repousse avec force les « entraves » depuis longtemps rejetées par Spenser et Milton, et exalte le génie de ce dernier poète : « Plus nous observerons les éléments de l'harmonie de Milton, plus nous sentirons combien il aimait varier ses coupes, ses mesures et ses pieds, donnant ainsi à sa versification cet air enchanteur de liberté et de fougue que seules limitent les règles imposées par ses sentiments et la nature de . son sujet » 364, Aussi nécessaire le rythme, aussi peu apte au rythme des émotions la césure classique : « Vous ne vous apercevez donc pas que vous mettez une coupe à la quatrième syllabe dans presque un vers sur deux ! » disait-il à Mason :5.
La rime est implicitement considérée comme inséparable du lyrisme. On évitera les rimes rapprochées, dont le retour s’adresse à la mémoire inculte, mais « déplaît aux oreilles distinguées » 566. Gray considère la ballade comme un genre primitif. Il lui préférera les savantes dispositions, celles des odes pindariques surtout, dont les strophes, d’une longueur attentivement calculée, disposent les rimes en lointaines réponses et en résonances subtiles. Quant au choix des mots, il en disait les écueils et les regrettables contraintes. Il faisait un nouveau grief à l’évolution de l'anglais de reculer l'accent vers la syllabe initiale, et d’obliger le poète à trouver ses rimes « parmi les monosyllabes, qui abondent dans notre langue. Ce défaut empêchera toujours celle-ci de s'adapter à la musique,
356. TL I 334-5. 3572 CITE 08 ACPMOES MS p 137. 358. WM II ré6. 359. WM II 29-30. 360. WM II 15-6. 361. WM II 29-30. 362. WM II 8. 363. OES II, p. 135.