I. Fille de Jupiter, implacable Puissance
qui domptes le cœur de l’homme,
dont la verge de fer, à l’heure où tu tortures, épouvante les méchants, harcèle les meilleurs !
dans l’étreinte de tes chaînes d’acier
l'Orgueilleux apprend le goût de la souffrance,
et le Tyran gémit en vain sous la pourpre,
dans des angoisses inconnues, abandonné et seul.
II. Du jour où ton Auteur décida d'envoyer sut terre la Vertu, sa Fille chérie, IO il te confia la jeune Enfant céleste et t’ordonna de former son esprit naissant.
Nourrice austère et rude ! ta rigide discipline, avec patience, elle l’endura maïnte année.
Ce qu'est la douleur, tu le lui enseignas; 15 et son infortune lui apprit à s’attendrir sur celle des autres.
III. Epouvantés par tes regards terribles, voici fuir, engeance frivole de la présomptueuse Folie, le Rire déréglé, le Tapage et la stupide Joie; nous sommes libres d’être bons. 20 Légers ils se dispersent, et avec eux s’envolent l’Ami des beaux jours et l’Ennemi flatteur.
Accueillis par la vaniteuse Prospérité, ils jurent de lui rester fidèles et se font croire encore.