‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 4 sur 446 · Tbid., 5 nov · texte numérisé non relu

Tbid., 5 nov

do e de Walpole à G. Montagu (BN 1599a) citées (éd. Londres, 1818) dans AM P. Ixiv. |

T-à PREMIER CONTACT 5

le Révérend Mr. Sparrow, lui répondit : « J'imagine qu’en présence de ce visage-là, le vent du nord-ouest était mal en point »%.

Les amis du poète refusèrent de croire à tant d’impertinence, et contestèrent l'incident 4, Pour ses intimes, Gray savait être affable et courtois. Dans le monde, personnage chagrin, il promenait son ennui, sa froideur défensive. Admirateur de son talent, Beattie regretta son manque de sociabilité : « Il n’avait aucune des marques du lettré ni du poète; et, bien qu’il me parlât, à moi, avec la plus grande liberté et sans aucune réserve, il était, en compagnie, beaucoup plus silencieux qu'on ne l'aurait voulu»15. Certains le jugèrent affecté. I1 fit à Robertson « l'impression de quelqu'un qui veut passer pour un monsieur très distingué »16. I déclarait lui-même « aimer quelque distinction » 17.

Sa mise était méticuleusement soignée : perruque poudrée à la mode du jour, avec deux rangs de boucles et queue enrubannée; col blanc montant; jabot de dentelle rehaussant l’habit correct et sévère 18. Il ne pouvait supporter l’idée d’un vêtement froissé. Un jour, il va visiter Wharton, à Durham. Il a prévu, pour son arrivée, un costume de rechange. La malle, expédiée par mer, ne vient pas. Il se désespère et écrit aussitôt à Mason : « Je suis tout sordide. La malle de Stonhewer, qui contenait mon habit, n’est pas encore là. Je vous prie d'envoyer Lee, le garçon de Peterhouse, demander au patron des bateaux de Lynn... la raison du retard »1®. Il est émerveillé, à Paris, de se faire habiller à la française, « couvrir de soie et de franges », « boucler en béquille et à la négligée»"®. Perruques et bas de soie grèvent lourdement son budget modeste; voici des mouchoirs de Barcelone à 5 shillings 3 pence la pièce; en avril 1755, il règle une note d’une livre 9 shillings et 6 pence chez le parfumeur?1. Il aime les bijoux, nous parle de ses montres, lègue à des amis ses bagues en diamants ??.

Les mœurs de l’époque ne suffisent pas à expliquer ces goûts. Vers la fin de sa vie, menacé de perdre la vue, il préféra souffrir cruellement que d’être aperçu avec des lunettes ?. Sa coquetterie lui coûtait des sacrifices, car il ne fut jamais riche et dut parfois emprunter de l’argent?4 On devine dans ses carnets la lutte avec

13. J. Cradock, Memoirs (BN 1668), IV, 226, cité dans AM, p. Ixvi.

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