‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 51 sur 446 · TL, II 71, 82, 197, etc · texte numérisé non relu

TL, II 71, 82, 197, etc

eu LÉ MILIEU 47

Un effort est nécessaire pour se représenter le quartier qu'il habite, si différent aujourd'hui*%, Tournant le dos au hideux Saint-Giles, repaire de filous et de vagabonds évoqué par Hogarth, Southampton Row donnait sur les jardins de Montagu et de Bedford. Ce n'étaient que perspectives de prairies et haies odorantes ; des fermes, des maisonnettes et des auberges : l’Adam et Eve, la fameuse taverne de la Guimbarde, aimée des promeneurs. Dans les champs de Lamb’s Conduit, on jouait au base-ball et on chassait la grive le long des sentiers fleuris. Le regard s’étendait jusqu'aux hauteurs de Hampstead et de Highgate, couvertes de blés et de bocages 1?1, Tout cela « si plein de tableaux vivants que vous en seriez étonné; si rus-in-urbe que j'y resterai, je crois, sauf quelques petites excursions et vagabondages, pendant toute l’année prochaine. Qu'importe si je suis séparé du monde élégant par toute la largeur de Saint-Giles, par mille cours et ruelles sales! Il y a ici de l'air, du soleil et de la paix pour mon bien-être. Je suis exposé à la chaleur tout l'été; tout l'hiver je serai sans doute renversé par le vent et cambriolé chaque nuit; mais j'espère que le Musée, avec ses manuscrits et ses trésors à la charretée, me dédommagera amplement des susdits inconvénients » 122,

Il transporta à Londres, intactes, ses habitudes de Cambridge. Il s’y trouve «solitaire et découragé », mais non pas «sans calme »; et se défend d’y être « absolument désagréable à lui-même » #5. Il regardait pousser les récoltes, s'épanouir les fleurs, mûrir les fruits, voler les nuages dans le ciel 24, Le Musée Britannique fut son « principal amusement »1?5, son « domaine favori. J'y passe souvent quatre heures par jour, dans le calme et la solitude de la salle de lecture »12%, Pendant tout l’été de 1759, il se plongea là « dans les papiers jusqu’au cou » 7; il y écrivit « des volumes d’antiquité » 128.

Mais dès que la collection Sloane eut épuisé ses ressources, il sentit que plus rien ne le retenait. La ville ne le tentait pas. Cambridge valait bien Bloomsbury, et la pensée d’y revenir le hanta bientôt. Il y passa quelque temps en été 1760. Dans la joie de revoir le cadre familier, il lui découvrit un charme nouveau. C’est « un endroit délicieux... Ce sont, je vous l’assure, ses habitants qui le gâtent et lui font une mauvaise réputation »1%?. En janvier 1761, il y va « respirer l’air frais, par ce bel hiver, pendant un mois ou deux »1%%, En mai, il quitta Londres définitivement. C'était le retour au bercaïl : « Je reviens enfin à Cambridge; tout me paraît étrange autrement » 11,

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