‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 52 sur 446 · TL, II 105. 128. ÆLeIT 102. 129. LI, IL · texte numérisé non relu

TL, II 105. 128. ÆLeIT 102. 129. LI, IL

130 IAE E205- 131 LITE?

48 LE SOLITAIRE DÉ PEMBROKE I -iv

Sous quelque jour qu'on examine le personnage, s’observe le même jeu d’un instinct qui ronge, détruit, ramène tout au néant du vain ou du ridicule, et d’une inertie morale qui se complaît dans cette destruction, la recherche et s’y attache; ce compromis de désir inavoué et de ténacité dans l'indifférence; cette chute irrésistible dans un engourdissement qui, de mauvais, devient agréable. Cambridge, si contraire à ses goûts, était pour lui le milieu nécessaire. Il existait, en définitive, entre l’homme et la ville une subtile affinité qui portait en elle-même son élément funeste; car trop de raisons l’y encourageaient à rechercher la solitude; à borner sa promenade à quelque flânerie vers Grantchester ou aux « Collines »; à accepter l’indolence. Sous des dehors apaisants, Cambridge entretenait son mal.

L'ambiance le gagne, l’envahit à son insu. Mais l’acquiescement de l'ironie en enregistre et en consacre les effets. Telle est l’action d’un narcotique dont la volonté écœurée ne saurait plus se passer. « Mes mouvements sont pareils à ceux d’un pendule, ou, Dr. Longicalement parlant, oscillatoires. Je me balance de la Chapelle ou du Hall chez moi, et de chez moi à la Chapelle ou au Hall » #2. Son horizon se limite aux murs du Collège; il n’a d'autre perspective que celle des quadrangles de gazon, « champs verts terminés par des bâtiments — des châteaux-forts, je crois — d’une grande antiquité. Les routes sont bonnes, et, sans doute, l'ouvrage de l’armée de Jules-César.. Il y a plusieurs ruisseaux à traverser, agréments du paysage. La contrée est extrêmement féconde en corbeaux et autre bétail de même espèce » #5, Partout règne « notre souveraine Dame et Maîtresse, Présidente des Présidents, Reine des Reïines, et s’il m'est permis de dire son nom, Octogrammaton ineffable, la puissante OISIVETÉ » 14 Le voici élevé à la dignité de « grand ramasseur de brins de païlle et joueur de poussette ordinaire de Sa Majesté Indolence »1#4 Ja paresse s'empare de lui « qui a si longtemps plaidé contre elle. J'éprouve pourtant ce mécontentement de moi-même, cet Ennuy qui l'accompagne toujours à ses débuts. Le temps apaisera ma conscience, me réconciliera avec cette languissante compagne » 135, I1 dit à Cambridge, comme à Stoke : « Je n'ai ici ni compagnie, ni plaisir, ni courage »46; « C’est un endroit où aucun événement ne se passe. Nous conservons les événements des jours anciens, comme un herbier, dans nos bibliothèques » 17. Il y est entouré d’objets inertes, de choses desséchées. Il y assiste à la mort fictive qu’il souhaitait.

Plus il avançait en âge, plus il devenait incapable de travail: plus il réduisait ses rapports avec son entourage. Dès 1756, il ne peut plus, même en faisant effort, nommer ses collègues 158.

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