‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 6 sur 446 · Cf. AM xciv. 23. Quarterly Review, décembre 1853, p · texte numérisé non relu

Cf. AM xciv. 23. Quarterly Review, décembre 1853, p

24. Cf. MW IV 213, 221; TL, I 151-2, 168, 168, 200, 208, 218.

6 LÉ SOLITAIRE DE PEMBROKE J-i

la misère: il y spécule sur la rentrée de ses loyers; on y relève des dépenses de ravaudages. Mais il ne voulait pas paraître pauvre. Vanité suprême, il ne voulut jamais passer pour un écrivain, mais pour un particulier employant ses loisirs à l'étude*5. On l'a qualifié de petit-maître?s. Sa distinction semble plutôt innée, imperieuse. Son naturel l’oppose au bohème, porte à l'extrême degré chez lui le scrupule anglo-saxon de la bienséance.

Le respect du convenable façonnait ses moindres habitudes. Il exigeait, avec une pointilleuse insistance, la netteté et l’ordre de ses appartements. Après un court séjour à Londres, il va rentrer à Cambridge : « Cette lettre n’est que pour vous supplier de commander à mes gens de nettoyer mon logement, d'étendre les tapis, d’aérer les lits, d’accrocher les tentures, d'enlever les papiers qui recouvrent les cadres, etc... ; que tout soit prêt à recevoir un grand potentat qui arrive par la diligence»?7. I/exagération humoristique du passage, loin d’ôter à sa sincérité, n’en est que l’'excuse. Toute malpropreté, toute absence de confort lui sont intolérables. En ville, il ne saurait s’accommoder de pièces « au second étage, à moins qu'il n’y ait une chambre convenable donnant sur la rue »°£. Ji accepte de descendre chez des amis, car « il se peut que je sois de nouveau malade, et je ne voudrais pas que cela m'arrive dans un logement sale et mal commode, où mon infirmière m’étoufferait peut-être sous mon oreiller». À la campagne, l'horreur de piétiner dans les mauvais chemins l'emporte sur son amour des beaux paysages : « Vous savez que je ne suis pas amateur de boue » 5°. S'il voyage, les hasards et les surprises de la route l’épouvantent. 11 s’indigne des auberges françaises, « endroits des plus abominables », où l’on fait des repas composés de « côtelettes de mouton puantes, d'œufs pourris et d’eau de fossé »51; d’un hôtel italien « en comparaison duquel votre cave est un palais; et votre chat soupe et dort beaucoup mieux que nous ne le fîimes »#%2. Lors de son séjour au Pays des Lacs, il voulut passer une nuit à Ambleside : en voyant « la meilleure chambre, sombre et humide comme une cave, je me sentis devenir difficile et renonçai à Windermere »53.

Dans son appartement de Cambridge régnait une élégance désuète. Ce célibataire avait des manies de vieille fille. I1 cultivait des résédas et rentrait ses pots chaque soir : « Mes jardins sont sur ma fenêtre, comme ceux d’un petit locataire logé au troisième dans Petticoat Lane ou Camomile Street; et ils vont se coucher régulièrement sous le même toit que moi »5%4, À Londres, il va, le matin,

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