‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 82 sur 446 · CT II 33. TO ACT II r7-47. TO2 ACT II · texte numérisé non relu

CT II 33. TO ACT II r7-47. TO2 ACT II

88 LES SENTIMENTS IT-ii

un délai raisonnable, que je laisse à votre discrétion » 15%. Il écrivait lorsqu'il n'avait rien à dire; lorsqu'il était trop faible, trop abattu pour rédiger plus que quelques lignes ?64. Gray répondait par de délicats encouragements et des attentions infinies. Reçoit-il une longue épître? C’est « un symptôme de la guérison, du retour des forces physiques » 165. West est-il assis, mélancolique, devant l'âtre? Gray lui annonce le retour de la joyeuse saison : « Quand le soleil sera assez chaud pour vous persuader de quitter le coin du feu, vous vous féliciterez de son influence. C’est mon vieil ami et un excellent infirmier » 166,

Parfois, la tristesse lui venait à l’unisson; et il souhaitait d’être avec les morts 157, West le réprimandaïit alors. Vingt jours avant sa propre fin, le moribond enseignaït le courage : « N'y a-t-il donc pas de joie parmi les vivants? » 1% Gray de répondre plaisamment que sa mélancolie n’était pas noire, mais blanche; de feindre l’enjouement; de tourner un quatrain grec, et un morceau de Sophonisba. I1 montrait la guérison prochaine; employait son humour à de pathétiques facéties, riant avec lui de son mal, avec tact, sans le fâcher, ni l’impressionner 1%. Quand West lui envoya un poème «sur sa toux », il le félicita : « Puissiez-vous vous bercer vous-même de votre chant et vous reposer. Ces méchants restes de votre maladie partiront quand viendra la chaleur et quand vous prendrez un peu d'exercice » 170,

Vœux inutiles. Quelques jours plus tard, une lettre de Gray, qui devait apporter à West son premier poème anglais, fut retournée non décachetée 171, Deux semaines s’écoulèrent. Gray eut alors la douleur de lire dans un journal des vers d’Ashton à la mémoire de West 172, Son ami était mort le 17 juin, avant qu’il ait pu penser si proche l'heure fatale. Un voile tiré sur son agonie lui en avait épargné le spectacle.

Gray ressentit violemment le coup. Lui qui, depuis la brouille avec Walpole, n'avait pas écrit à Ashton, écarta tout scrupule. Il se plaignit des gens stupides de l'entourage de West qui l’avaient laissé dans l'ignorance : « Ce que je voudrais, c’est que vous ayez la bonté de me dire ce que vous saurez de sa mort... Excusez mon impatience... Je n'ai personne d'autre à qui m'adresser que vous » 173, Pieusement, il transcrivit sur son livre le mauvais poème d’Ashton 174, Lui-même, à la manière antique, érigea pour son ami le mémorial de quelques vers, son fameux Somnnet, et le préambule du quatrième livre du De Principiis Cogitlandi 1%, Sa vraie dou-

163. CT II 20. TOÉHECCTNIE 20) 47. TOSACTINTESSS ICO CTUIET 167 CT T0; 168 CT IT-42.

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