‹ Essai sur Tite Live (volume 2)Chapitre 105 sur 112 · Tite Live, XXI, 10. — 2. 76., H, 29; VI · texte numérisé non relu

Tite Live, XXI, 10. — 2. 76., H, 29; VI

la guerre, dit Hannon, comme un juge équitable, déclara de quel côté était le droit*. » Par cet excès de force, elle rompt les alliances ordinaires des mots, en crée d’inconnues, risque les figures les plus hardies, représente Céson « debout au milieu de tous les patriciens, soutenant seul les attaques Iribunitiennes et les tempêtes populaires, comme s’il eût porté dans sa voix et dans la force de son corps toutes lés dictatures et tous les consulats^ ». Elle demande « si en abrogeant la loi Oppia, on abrogera avec elle la pudeur et la chasteté des feipmes ». Elle s’élève enfin à l’accent poétique :

Tison de la discorde et fatale furie.

Racine, en faisant ce vers, se souvenait peut-être de ce mot qu’il avait pppris dans ses classes : « Annibal, furia faxque hujus belli\ »

Un autre talent propre à tous les bons écrivains, mais nécessaire à l’orateur, est la coutume de fuir les mois abstraits, parce qu’ils ne conviennent qu’à la science et ne sont pas clairs. Lorsqu’ils apparaissent dans une narration ou dans un discours, par exemple chez Polybe, le lecteur, tout d’un coup s’arrête comme en présence d’un autre esprit; l’auteur a cessé d’imaginer et de

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